Illustration vectorielle de personnes assises autour d’une table ronde en réunion, en pleine discussion.
CaoChunhai / iStock

Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), le Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC) et les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) se sont réunis pour une table ronde portant sur la qualité de l’audit et la confiance à l’égard de l’information financière au Canada.

Cette année, les responsables de la réglementation et de l’audit ont eu l’occasion d’échanger leurs points de vue sur cinq grands enjeux, soit :

  • les risques actuels et émergents et leurs répercussions sur la qualité de l’audit ;
  • l’évolution rapide des technologies, notamment l’essor et l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) ;
  • les questions de gouvernance, de culture et d’éthique au sein des cabinets d’audit et de l’ensemble de l’écosystème de déclaration réglementaire ;
  • les risques de fraude, exacerbés par les crimes financiers, les tensions géopolitiques, les avancées technologiques et la dépendance accrue aux tiers ;
  • et les attentes et les défis liés à l’audit et à l’évaluation de l’information financière dans un contexte économique volatil.

Lors des discussions, les participants ont souligné l’importance d’une collaboration continue entre les organismes de réglementation et les professionnels de l’audit pour favoriser des audits de haute qualité et maintenir la confiance du public à l’égard de l’information financière à l’échelle des marchés financiers canadiens.

« La qualité supérieure de l’audit repose sur une discussion continue et une compréhension partagée au sein de l’écosystème de la réglementation et de l’audit. Des tribunes comme cette table ronde contribuent à assurer la réactivité du CCRC face aux risques émergents tout en lui permettant de s’acquitter fidèlement de son mandat de protéger les investisseurs et de préserver la confiance dans les marchés financiers du Canada », commente Sonny Randhawa, chef de la direction, Conseil canadien sur la reddition des comptes.

Au cours des discussions, ils en sont arrivés à la conclusion que même si le système financier canadien demeure résilient, en raison de l’environnement de risque plus complexe et dynamique, il est essentiel de cerner et de traiter en priorité les risques actuels et émergents les plus importants.

Ils ont également souligné le rôle essentiel des auditeurs externes dans la préservation de l’intégrité et de la fiabilité de l’information financière, et de la confiance qu’on y accorde, surtout dans un contexte d’incertitude accrue et de hausse des volumes d’information.

« Des audits de haute qualité sont essentiels à un système financier sûr et stable. Au fil de l’évolution des risques liés à la technologie, à la géopolitique ou à l’incertitude des marchés, c’est l’étroite collaboration entre les organismes de réglementation et les professionnels de l’audit qui garantit à la population canadienne la transparence et la fiabilité de l’information financière », souligne Peter Routledge, surintendant des institutions financières.

Selon les participants, une coordination de la réglementation et des consignes claires en lien avec les risques actuels et émergents est cruciale afin de réduire les chevauchements de règles, de favoriser une solide gestion du risque, et de jeter les bases d’une croissance durable.

Au niveau de la technologie, les organismes de réglementation ont souligné la nécessité de poursuivre la modernisation de leurs approches pour suivre le rythme tandis que les cabinets d’audit adoptent rapidement de nouvelles technologies qui peuvent améliorer la qualité de l’audit sans pour autant réduire le degré de scepticisme appliqué.

Quant aux lacunes en matière de gouvernance, de culture et d’éthique, étant donné le rôle crucial des auditeurs, les participants de la table ronde ont jugé primordial que ces auditeurs exercent une supervision efficace, tout en rendant des comptes en toute transparence et en portant un jugement éthique.

En matière de fraude, ils estiment que les entités doivent consolider leurs stratégies de prévention et de détection et que les organismes de réglementation et les auditeurs doivent adopter une perspective axée sur le risque.

Leur dernière conclusion étant qu’il reste des progrès à faire quant aux informations à fournir dans les états financiers, particulièrement celles qui impliquent des estimations, des jugements et de l’incertitude.

« [Cette] table ronde est un espace de collaboration important, puisqu’elle permet aux » ACVM et à la profession comptable d’échanger des points de vue sur les risques émergents et de renforcer la confiance dans les marchés financiers canadiens. Les ACVM sont reconnaissantes pour l’étroite collaboration à ce jour avec les cabinets d’audit, les autres organismes de réglementation, les organismes de normalisation et les organismes professionnels, et comptent bâtir sur cette base solide », conclut Stan Magidson, président des ACVM.