Billets canadiens colorés partiellement visibles avec des piles de pièces empilées au premier plan.
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Le dollar canadien n’a cessé de baisser au cours des dernières semaines pour s’établir autour de la barre des 70 cents US, pris en étau entre une économie nationale en perte de vitesse et une forte demande pour le dollar américain.

Le huard s’échangeait jeudi à environ 70 cents US, après une baisse constante depuis début mai, où il s’échangeait autour de 74 cents US.

Karl Schamotta, qui dirige le groupe de recherche sur les devises chez Corpay, a indiqué que le dollar américain « écrase tous ses rivaux mondiaux », alors que l’essor de l’intelligence artificielle aux États-Unis attire davantage d’investissements, que les entreprises enregistrent des bénéfices plus élevés et que l’économie affiche des résultats supérieurs aux prévisions.

« Le thème de l’exceptionnalisme américain est très, très puissant en ce moment, a expliqué Karl Schamotta. Les capitaux quittent les autres pays pour affluer vers les États-Unis. »

La robustesse de l’économie américaine et la persistance de l’inflation amènent désormais de nombreux opérateurs en bourse à prévoir que la Réserve fédérale américaine va relever ses taux d’intérêt dans le courant de l’année.

La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine a maintenu la fourchette cible du taux des fonds fédéraux entre 3,50 % et 3,75 %. Ce niveau est supérieur de plus d’un point de pourcentage au taux de référence de 2,25 % de la Banque du Canada.

On s’attend à ce que la Banque du Canada maintienne son taux directeur inchangé, la croissance nationale restant relativement modérée.

« La différence entre les taux d’intérêt des différents pays est sans doute le facteur qui influence le plus l’évolution des taux de change », a souligné Karl Schamotta.

« Lorsque les investisseurs ont la possibilité d’investir dans un autre pays, ils ont tendance à placer leur argent dans celui qui offre le rendement le plus élevé », a-t-il ajouté.

Les incertitudes liées aux droits de douane et aux tensions commerciales avec les États-Unis ont également pesé sur le moral des entreprises et des consommateurs canadiens.

En conséquence, les entreprises freinent leurs investissements et leurs embauches, tandis que les dépenses de consommation ont ralenti.

La date butoir pour prolonger officiellement l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique approche à grands pas, le 1er juillet.

Si les trois pays ne parviennent pas à s’entendre sur le renouvellement de l’accord, celui-ci fera l’objet d’une révision.

Les négociations commerciales devraient engendrer davantage d’incertitude, l’administration Trump ayant historiquement recouru à des menaces de droits de douane à l’encontre de ses partenaires commerciaux afin d’obtenir de meilleures conditions pour les États-Unis.

Karl Schamotta a avancé que cela ne manquerait pas de faire les gros titres de manière négative, et que des négociations prolongées pourraient exercer une pression supplémentaire sur le dollar canadien.

Les négociations commerciales et les données économiques américaines solides devraient affaiblir le dollar canadien au cours des deux prochains mois, selon Sarah Ying, directrice exécutive chargée des devises chez Marchés des capitaux CIBC.

Elle a toutefois précisé que cet impact devrait être de courte durée.

À mesure que l’économie canadienne reprendra de la vigueur dans le courant de l’année et que la situation concernant l’accord commercial se précisera, cela pourrait contribuer à renforcer le dollar canadien, a estimé Sarah Ying.

Elle croit que le huard pourrait remonter à environ 73 cents US.

Shaun Osborne, stratège en chef des devises à la Banque Scotia, partage l’avis selon lequel la devise devrait connaître une remontée. Il prévoit que le huard atteindra environ 75 cents US d’ici la fin de l’année.

Shaun Osborne a expliqué que ses prévisions reposaient sur une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine, tandis que la Banque du Canada relèverait son taux au jour le jour, ce qui réduirait l’écart de taux et stimulerait le dollar canadien.

« Si notre analyse est correcte et que les taux américains baissent tandis que les taux canadiens augmentent, alors cet écart de rendement devrait se réduire, ce qui devrait faire remonter le dollar canadien légèrement au-dessus de ses niveaux actuels », prévoit-il.

Mais cela pourrait changer au cours des prochains mois, en fonction de l’évolution des politiques monétaires, de la conjoncture économique et des négociations commerciales, a-t-il ajouté.