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Guardian Capital a lancé de nouveaux produits afin de rapatrier à l’interne des stratégies de placement qu’elle offrait depuis longtemps dans le cadre d’un mandat de sous-conseiller externe.

Le gestionnaire d’actifs torontois a lancé le nouveau Fonds canadien de croissance de dividendes Guardian i³, offert en séries A, F et FNB (TSX : GICD).

Il a également ajouté une série FNB au Fonds mondial de croissance de dividendes Guardian i³ (TSX : GIGD), ainsi qu’une série F libellée en dollars américains pour ce fonds et pour le Fonds mondial d’actions fondamentales Guardian.

Les lancements de GICD et de GIGD surviennent alors que les responsabilités de sous-conseiller exercées par Guardian Capital pour deux fonds négociés en Bourse (FNB) gérés par Global X Investments Canada arrivent à leur terme. À compter du 1er juillet, Mirae Asset Global Investments (USA), société sœur de Global X, assumera ces responsabilités.

Guardian Capital agit comme sous-conseiller du FNB Global X Actif dividendes canadiens (TSX : HAL) et du FNB Global X Actif dividendes mondiaux (TSX : HAZ) depuis environ 15 ans.

Son remplacement s’inscrit dans une tendance plus large observée dans l’industrie, alors que de grands gestionnaires d’actifs rapatrient à l’interne leurs mandats de sous-conseil afin de réduire les coûts et de tirer parti de leur propre expertise en gestion de placements, tandis que les gestionnaires qui agissaient comme sous-conseillers externes développent leur propre gamme de produits.

L’entreprise souhaitait « depuis très longtemps » intégrer sur sa propre plateforme ses stratégies de FNB axées sur les dividendes canadiens et mondiaux, confie Adam Cilio, gestionnaire de portefeuille principal chez Guardian Capital à Toronto. Mais elle ne pouvait pas le faire en raison de « droits exclusifs de distribution détenus par des tiers ».

« Maintenant, nous pouvons rapatrier les actifs chez nous et nous sommes heureux de retrouver ces mandats sur notre propre plateforme », confie-t-il en entrevue.

« Je compare cela à Marvel qui récupère Spider-Man des mains de Sony, parce que cela nous permet désormais de consolider davantage nos relations produits avec les clients de Guardian. »

Guardian Capital continue d’agir comme sous-conseiller pour des fonds offerts par BMO Gestion mondiale d’actifs et Placements NEI, en plus « d’un certain nombre de relations de moindre envergure », précise un porte-parole de la firme.

Une séparation « très cordiale »

Adam Cilio qualifie de « très cordiale » la fin de la relation de sous-conseiller entre Guardian — récemment acquise par Desjardins Gestion internationale d’actifs — et Global X.

Jonathan McGuire, vice-président, communications chez Global X, tient des propos similaires.

« Cette décision s’est prise dans un esprit de collaboration et nous sommes très enthousiastes quant à l’avenir de ces fonds », a-t-il indiqué dans une déclaration écrite, en faisant référence aux FNB HAL et HAZ.

« Au final, cela reflète la puissance mondiale de notre société mère, Mirae Asset, qui est notamment propriétaire de Wealthspot, une technologie d’intelligence artificielle puissante et exclusive qui est maintenant utilisée par le sous-conseiller de ces fonds, Mirae Asset USA. »

Jonathan McGuire a souligné que l’intégration de ces mandats de sous-conseil au sein du groupe Mirae Asset, qui comprend Global X et Mirae Asset USA, permet également certaines économies de coûts qui seront transférées aux investisseurs des fonds HAZ et HAL.

À compter du 1er juillet, les frais de gestion du FNB HAL passeront ainsi de 0,55 % à 0,35 %, tandis que ceux du FNB HAZ reculeront de 0,65 % à 0,50 %.

Interrogé sur les perspectives de GICD et de GIGD face aux produits concurrents de Global X et d’autres fournisseurs, Adam Cilio fait valoir que l’envergure de Guardian Capital et les frais de gestion de 0,50 % de ses nouvelles séries de FNB sont « très concurrentiels ».

Il précise également que les fonds s’appuieront sur ce qu’il décrit comme les trois piliers de la société — l’intelligence artificielle (IA), l’intelligence humaine et l’innovation — afin de générer des revenus de dividendes et une croissance du capital.

« Nous utilisons l’IA pour nous aider à prévoir une croissance de qualité des bénéfices et des dividendes, ce qui nous permet d’orienter les portefeuilles vers ces objectifs », explique Adam Cilio.

L’équipe de placements i³ de Guardian intégrera l’IA à son modèle analytique afin d’examiner des centaines de sociétés canadiennes et internationales pour constituer les portefeuilles du GICD et du GIGD.

Selon Adam Cilio, les gestionnaires de portefeuille de l’équipe disposent d’une dizaine d’années d’expérience dans l’utilisation de l’IA pour la sélection des titres et appliquent leur jugement ainsi que leurs méthodes de gestion des risques à chacune des étapes du processus.

Une industrie des FNB qui gagne en maturité

La fin du mandat de sous-conseiller entre Guardian Capital et Global X s’inscrit dans une tendance plus large qui se dessine depuis plusieurs années au sein de l’industrie canadienne des FNB, commente Daniel Straus, directeur général, recherche sur les FNB chez Financière Banque Nationale Marchés des capitaux à Toronto.

« C’est un exemple de la croissance de l’industrie des FNB, qui a atteint une taille suffisante pour permettre aux grands gestionnaires établis d’internaliser une grande partie de leur expertise », précise-t-il en entrevue.

« Et paradoxalement, cela profite à tout l’écosystème, parce que cela permet aux plus petits fournisseurs de lancer leurs propres activités à part entière. »

Selon Daniel Straus, il était autrefois « très courant » que les principaux fournisseurs de FNB au Canada s’associent à de plus petits gestionnaires d’actifs, ou même à des gestionnaires bien établis ne possédant qu’une présence limitée dans les FNB, afin de leur permettre de « tâter le terrain ».

Toutefois, il estime qu’un changement s’est amorcé ces dernières années, les grands fournisseurs cherchant à réduire leurs coûts et à améliorer leurs marges, tandis que les plus petits gestionnaires souhaitent créer leurs propres activités dans les FNB.

« Global X, anciennement Horizons ETFs, a lancé au moins 30 FNB gérés par des sous-conseillers externes. On parle notamment de Fiera, Guardian, Forstrong et CIBC », indique Daniel Straus.

« Avec le temps, plusieurs de ces sous-conseillers, après avoir connu du succès dans l’univers des FNB, ont lancé leurs propres activités avec la bénédiction d’Horizons. Il s’agissait donc d’une relation d’affaires très symbiotique entre le sous-conseiller et le gestionnaire de FNB. »

Il note également que les grands fournisseurs de FNB mettent davantage l’accent sur la gestion active et rapatrient cette expertise à l’interne, tout comme, dans certains cas, leurs activités de conception d’indices.

« Mirae possède sa propre unité spécialisée dans les indices. L’entreprise confiait auparavant ce travail à des sociétés comme S&P, MSCI ou à des fournisseurs moins coûteux comme Solactive, mais elle n’a plus nécessairement besoin de payer Solactive », explique Daniel Straus, puisque « Mirae peut utiliser ses propres indices ».

Et même si tous les sous-conseillers devenus fournisseurs de FNB ne connaîtront pas le même succès que leurs prédécesseurs, Daniel Straus souligne que la multiplication des gestionnaires de fonds est bénéfique.

« Bay Street est un milieu très concurrentiel, mais il existe aussi des relations symbiotiques et amicales qui profitent aux deux parties ainsi qu’aux investisseurs », conclut-il.