À l’approche de la retraite, les Canadiens continuent de naviguer dans un système qu’ils comprennent mal. Selon l’Indice IRE 2026, publié par l’Institut sur la retraite et l’épargne (IRE) et le Laboratoire en éducation financière de HEC Montréal, les 35 à 54 ans n’ont répondu correctement qu’à 35,7 % des questions portant sur les finances personnelles et le système de retraite. Un résultat pratiquement inchangé comparé à 2024.
Le constat est d’autant plus frappant que cette tranche d’âge se trouve généralement au cœur de l’accumulation de l’épargne-retraite, estiment les auteurs.
L’étude révèle toutefois quelques signes encourageants. Les Canadiens comprennent mieux qu’auparavant l’effet du report des prestations du Régime de rentes du Québec (RRQ) ou du Régime de pensions du Canada (RPC). En 2026, un peu plus de 45 % des répondants savent qu’attendre avant de toucher ces prestations permet d’obtenir une rente plus élevée. C’est près de 10 points de pourcentage de plus qu’en 2023.
L’âge fait une différence
Sans surprise, les connaissances progressent à mesure que la retraite approche. Les Canadiens de 35 à 39 ans obtiennent un score moyen de 32 %, comparativement à 40,8 % chez les 50 à 54 ans. L’écart est encore plus marqué avec les personnes âgées de 55 ans et plus, qui affichent des résultats nettement supérieurs selon les chercheurs.
La scolarité joue également un rôle important. Les répondants ayant un diplôme secondaire ou moins n’obtiennent que 27 % de bonnes réponses. Ce résultat grimpe à 34,7 % chez les diplômés collégiaux et atteint 44,2 % chez les titulaires d’un baccalauréat ou plus.
Même tendance du côté des revenus. Les ménages dont le revenu dépasse 120 000 $ affichent un score moyen de 42,7 %, alors que celui-ci chute à moins de 28 % chez les ménages gagnants entre 30 000 $ et 60 000 $.
Les hommes continuent par ailleurs d’afficher de meilleurs résultats que les femmes, avec un score moyen de 37,6 % contre 33,9 %. Cet écart demeure toutefois moins marqué que ceux associés au niveau de scolarité ou au revenu.
Un angle mort : la longévité
La nouveauté de cette édition concerne la longévité. Les chercheurs ont voulu mesurer la capacité des Canadiens à évaluer leur espérance de vie et leurs probabilités de survie.
Les résultats montrent que plusieurs peinent encore à comprendre ces notions. Or, cette méconnaissance peut entraîner des conséquences importantes sur la planification financière. Sous-estimer sa longévité peut conduire à réclamer ses prestations trop tôt ou à épargner insuffisamment. À l’inverse, surestimer sa durée de vie peut amener certaines personnes à se priver inutilement pendant la retraite.
Les chercheurs constatent d’ailleurs qu’une proportion similaire de répondants surestime ou sous-estime ses chances d’atteindre 90 ans, signe que les perceptions demeurent souvent déconnectées de la réalité statistique.
Beaucoup trop de « je ne sais pas »
Au-delà du score global, un autre résultat retient l’attention : le nombre élevé de questions laissées sans réponse.
Plus de la moitié des répondants (54,1 %) répondent « ne pas savoir » aux questions portant sur la Pension de la sécurité de la vieillesse (PSV) et le Supplément de revenu garanti (SRG). Cette proportion atteint également 52,7 % pour les questions liées aux régimes de retraite d’employeur.
Pour les auteurs de l’étude, ces résultats rappellent qu’une meilleure compréhension du système de retraite demeure essentielle. Dans un contexte où les Canadiens vivent plus longtemps et doivent prendre eux-mêmes davantage de décisions financières, l’enjeu ne consiste pas seulement à épargner davantage, mais aussi à mieux comprendre les outils à leur disposition.