Les finances des ménages canadiens font face à plusieurs vents contraires, notamment un marché du travail affaibli, des pressions inflationnistes et une incertitude commerciale persistante, ce qui maintiendra les consommateurs sous pression au cours de la prochaine année, estime Fitch Ratings.
Dans un rapport récent, l’agence de notation affirme que les ménages montrent déjà des signes de fragilité. Au quatrième trimestre de 2025, les dépenses de consommation ont légèrement augmenté, les dépenses en services compensant la faiblesse des achats de biens. Toutefois, les dépenses discrétionnaires sont demeurées inférieures aux dépenses consacrées aux biens essentiels, souligne le rapport.
Les ménages ont également financé leurs dépenses en puisant dans leur épargne dans un contexte de ralentissement de la croissance des salaires.
Fitch indique que le taux d’épargne des ménages est tombé à 4,4 % du revenu disponible au cours du trimestre, contre 5,5 % au même trimestre un an plus tôt.
Parallèlement, le nombre de dossiers d’insolvabilité de consommateurs a augmenté et les indicateurs sous-jacents aux titres adossés à des créances sur cartes de crédit se sont détériorés au premier trimestre, ajoute l’agence. Le taux moyen net de radiation sur trois mois est ainsi passé à 3,45 %, comparativement à 3,32 % auparavant.
Pour l’avenir, Fitch Ratings prévient que les finances des ménages continueront d’être mises à rude épreuve.
« Nous nous attendons à ce que la hausse des prix de l’énergie, la faiblesse du marché du travail et l’incertitude commerciale persistante érodent les finances des ménages et la confiance des consommateurs », indique l’agence de notation.
Elle souligne déjà que la hausse des prix du carburant depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient « a fait augmenter l’inflation globale ».
Le marché du travail demeure également fragile.
« Les régions canadiennes productrices d’automobiles subissent toujours les effets des changements apportés à la politique commerciale et tarifaire américaine, précise le rapport. La demande d’embauche demeure faible dans un contexte d’incertitude entourant l’issue de l’examen de l’ACEUM prévu cet été. »
À l’heure actuelle, Fitch Ratings s’attend à ce que la Banque du Canada maintienne son taux directeur inchangé jusqu’en 2027. L’agence note toutefois que la banque centrale « a averti la semaine dernière qu’une persistance des pressions inflationnistes découlant du conflit avec l’Iran pourrait nécessiter une reprise des hausses de taux ».
Même si les taux directeurs demeurent effectivement stables, « les pressions liées au coût de la vie et les coûts d’emprunt élevés continueront néanmoins de peser sur les ménages », affirme Fitch Ratings.
L’agence ajoute que la vague de renouvellements hypothécaires accentuera encore la pression financière, alors qu’environ 52 % de l’ensemble des prêts hypothécaires devront être renouvelés d’ici la fin de 2027.