Un tribunal australien a ordonné à l’une des grandes banques du pays, Westpac Banking, de payer 26 millions de dollars australiens pour avoir manqué à ses obligations envers des clients en situation de difficulté financière.
La Cour fédérale d’Australie a conclu qu’entre 2015 et 2023, la banque n’avait pas répondu à plus de 200 demandes d’aide financière provenant de clients de Westpac et de plusieurs de ses filiales qui éprouvaient des difficultés à effectuer les paiements liés à leurs prêts hypothécaires, prêts personnels et cartes de crédit dans les délais prévus par la loi.
« Bien qu’il n’ait pas été allégué que les infractions étaient délibérées et qu’elles découlaient plutôt de systèmes inadéquats et de défaillances opérationnelles, j’ai accepté qu’elles constituaient une négligence grave », peut-on lire dans la décision du juge McEvoy.
Le juge souligne que certains clients touchés ont vu des renseignements de crédit négatifs inscrits à leur dossier de crédit et que leurs dettes ont été vendues à des agences de recouvrement qui ont ensuite entrepris des démarches pour les récupérer.
« Ces circonstances ajoutent un niveau supplémentaire de préjudice et de gravité à la conduite de Westpac », affirme-t-il.
Le tribunal a imposé une pénalité de 26 millions de dollars australiens à la banque et lui a ordonné d’apporter des changements opérationnels afin de garantir que les demandes d’aide financière soient traitées dans les délais prescrits.
Westpac a reconnu certaines infractions dans le cadre de la procédure et a versé plus de 1,7 million de dollars australiens en mesures correctives aux clients concernés, notamment des remboursements de frais et des compensations pour des préjudices non financiers, indique la Commission australienne des valeurs mobilières et des investissements (Australian Securities and Investments Commission ou ASIC).
L’ASIC réclamait une pénalité de 30 millions de dollars australiens contre la banque, tandis que celle-ci soutenait qu’une pénalité de 10 millions serait plus appropriée.
La banque a collaboré à l’enquête de l’ASIC ainsi qu’à la procédure d’application de la loi et a accepté de financer et de mettre en œuvre de nouveaux systèmes et processus pour recevoir et traiter les avis de difficultés financières soumis en ligne.
« Alors que les Australiens font face à un coût de la vie plus élevé, les prêteurs doivent accorder la priorité à leurs clients, particulièrement ceux qui éprouvent des difficultés financières, et veiller à ce qu’ils bénéficient des protections auxquelles ils ont droit en vertu de la loi », souligne Sarah Court, vice-présidente de l’ASIC, dans un communiqué.