Une femme d'affaires étudie les marchés financiers pour calculer les risques et les bénéfices possibles. L'argent de comptabilité d'économiste féminin avec des graphiques de statistiques pointant sur l'écran de l'ordinateur au bureau.
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Pour de nombreux conseillers, le rapport SPIVA Canada Scorecard[1] est devenu une lecture incontournable, d’autant que le nombre croissant de fonds d’investissement rend la sélection des gestionnaires de plus en plus difficile. Si des rapports tels que ‘S&P Indices Versus Active (SPIVA)’ fournissent des informations précieuses sur la performance des fonds actifs par rapport aux indices de référence, leur forte emphase sur les rendements absolus constitue un angle mort potentiel. Cette approche ne rend pas pleinement compte de la diversité des objectifs que les investisseurs cherchent à atteindre, notamment la gestion des risques, la génération de revenus et les besoins particuliers d’une population vieillissante.

Le secteur canadien des fonds négociés en Bourse (FNB) connaît une croissance fulgurante et se rapproche de la barre des 1 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion (ASG). Au 30 mars 2026, le total des ASG s’élevait à 772 milliards de dollars (chiffre ajusté provenant de Banque Nationale Marchés financiers). En 2026, le marché canadien des FNB a enregistré près de 60 milliards de dollars (G$) d’entrées nettes au cours du seul premier trimestre, ce qui représente près de la moitié du montant total de créations nettes recueillies en 2025. L’année 2025 a également vu l’introduction de 246 nouveaux FNB, portant à 1 489 le nombre total de fonds disponibles sur le marché canadien.[2]

Bien que les FNB indiciels continuent d’attirer la majeure partie des entrées nettes d’actifs, le paysage canadien des FNB s’est considérablement étoffé grâce à des solutions de plus en plus diversifiées et sophistiquées. Cet enrichissement se traduit notamment par une place accrue des stratégies actives et quantitatives en format FNB. Cette tendance marque un tournant où les principes de gestion active, traditionnellement associés aux fonds communs de placement, sont intégrés à la structure transparente, souvent moins coûteuse et liquide des FNB. Cela permet aux investisseurs d’accéder à des styles de gestion professionnels tout en conservant les avantages d’un produit négocié en Bourse.

Cela soulève une question importante : comment les investisseurs devraient-ils évaluer la valeur de ces stratégies de plus en plus variées ? L’un des outils les plus couramment utilisés pour répondre à cette question est le tableau de bord SPIVA Canada.

Le tableau de bord SPIVA Canada[3], produit par S&P Dow Jones Indices, est souvent utilisé à titre de référence dans le débat actuel opposant les stratégies de placement actives aux stratégies passives. Le rapport de fin d’année 2025 a révélé que la majorité des fonds canadiens à gestion active n’ont pas réussi à surpasser leurs indices de référence respectifs. Dans l’ensemble des catégories, plus de 85,4 % des fonds actifs ont sous-performé en 2025. Cette sous-performance a été particulièrement marquée chez les fonds d’actions canadiennes (93,4 %), les fonds d’actions axés sur le Canada (93,1 %) et les fonds de petites et moyennes capitalisations canadiennes (100,0 %). Les fonds d’actions à dividendes et à revenu ont affiché un taux de sous-performance comparativement plus faible, soit 44,2 %. Le rapport a également noté que les taux de sous-performance ont généralement augmenté sur des horizons temporels plus longs.

Une année comme 2025, marquée par une solide performance des marchés, où l’indice composé S&P/TSX a progressé de 31,7 %[4] et la majorité des indices de référence observés ont affiché des rendements positifs de 10 % ou plus. Toutefois, le rapport SPIVA a souligné que la sous-performance des fonds actifs était courante, même dans des conditions de marché moins favorables, ce qui laisse entendre que les chances de réussite de la gestion active étaient minces dans divers scénarios. Le rapport a en outre montré qu’une minorité d’actions était à l’origine de la majeure partie des gains du marché, ce qui rendait difficile pour les gestionnaires actifs de sélectionner systématiquement les titres gagnants.

Au-delà des rendements absolus : une vision plus large de la gestion active

Bien que le tableau de bord SPIVA Canada fournisse des données précieuses sur les comparaisons de rendements absolus, en se concentrant principalement sur la capacité des fonds actifs à surpasser leurs indices de référence, cette méthodologie ne rend pas nécessairement compte de toute la valeur que la gestion active peut offrir à certains investisseurs.

1- Gestion des risques et protection contre les baisses : Le rapport SPIVA mesure principalement la surperformance en termes de rendement total. Cependant, la gestion des risques et la protection contre les baisses constituent un aspect essentiel de la gestion active, en particulier pour les investisseurs ayant une faible tolérance au risque. Un gestionnaire de fonds actif peut stratégiquement sous-pondérer les secteurs volatils ou détenir une position de liquidités plus importante afin d’atténuer les pertes en période de repli du marché, même si cela signifie sous-performer l’indice de référence lors d’un marché haussier vigoureux. Par exemple, si un fonds actif réalise un rendement de 15 % alors que l’indice de référence gagne 20 %, mais avec une volatilité nettement moindre ou des baisses moins marquées, ce résultat pourrait être plus approprié pour un investisseur prudent. En mettant l’accent sur les rendements par rapport à l’indice de référence, le rapport SPIVA pourrait ne pas tenir suffisamment compte de cette proposition de valeur ajustée au risque. Bien qu’une section sur le « rendement ajusté au risque » soit présente, les principales conclusions soulignent souvent la sous-performance absolue, ce qui risque d’occulter d’autres avantages.

2- Besoins spécifiques en matière de revenu et de diversification : Les investisseurs, en particulier les personnes d’un certain âge, ont souvent des objectifs financiers spécifiques qui vont au-delà de la maximisation de la plus-value absolue du capital. Il peut s’agir d’un flux de revenu régulier, de la préservation du capital ou d’une diversification vers des catégories d’actifs non traditionnelles. L’écosystème des FNB offre désormais des outils pour la « gestion du revenu » et les « solutions alternatives ». Un FNB actif peut être spécialement conçu pour générer un niveau de revenu ciblé par le biais de stratégies de dividendes ou d’options d’achat couvertes, ou pour offrir une diversification grâce à des placements alternatifs, même si ces stratégies ne cherchent pas nécessairement à surpasser un indice de référence boursier général axé sur la croissance. La méthodologie SPIVA, en comparant les fonds à des indices de référence du marché général ou mixtes, peut ne pas refléter pleinement l’efficacité des stratégies actives adaptées à ces besoins spécifiques de revenu ou de diversification. Un fonds actif conçu pour générer du revenu pourrait afficher un bon rendement par rapport à son objectif axé sur le revenu, tout en « sous-performant » par rapport à un indice de référence de rendement total axé sur la croissance, ce qui conduirait à une conclusion trompeuse quant à son utilité pour son public cible.

3- Tolérance au risque et planification financière propres à chaque client : Les décisions d’investissement sont hautement personnelles et dépendent de la tolérance au risque, de l’horizon temporel et du plan financier global propres à chaque individu. Le risque de séquence des rendements est d’autant plus important lorsque l’investisseur s’approche de la phase de décaissement. Une comparaison générale entre les fonds actifs et un indice de référence, sans tenir compte des différents appétits pour le risque des investisseurs, peut constituer une simplification excessive. Un gestionnaire actif pourrait constituer un portefeuille présentant un profil de risque spécifique adapté à un investisseur qui privilégie la préservation du capital plutôt qu’une croissance agressive. Les conclusions générales du rapport SPIVA, bien que statistiquement valables, ne tiennent pas compte de l’avantage qualitatif que représente l’alignement des caractéristiques de risque d’un portefeuille sur la tolérance au risque individuelle d’un investisseur. Pour une population canadienne vieillissante, la préservation du capital et un revenu stable deviennent primordiaux. La gestion active, en offrant potentiellement une volatilité moindre ou un rendement spécifique, pourrait constituer un choix plus approprié, même si elle « sous-performe » par rapport à un indice de croissance dans un marché en forte hausse.

Alors que l’univers des FNB ne cesse de s’étendre et que la mise en œuvre de la phase 3 du Modèle de relation client-conseiller (MRCC3) apporte une plus grande transparence quant aux coûts d’investissement, le rôle des conseillers prend de plus en plus d’importance. Le MRCC3 exigera une divulgation plus complète des coûts totaux liés à la détention de fonds d’investissement.

Au-delà de l’évaluation du rendement, les conseillers doivent aider les investisseurs à comprendre les risques, leurs besoins en matière de revenu, les coûts et leurs objectifs à long terme. Dans ce contexte, le rendement de l’indice de référence reste un facteur important, mais pas nécessairement le seul.

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[1] 3 SPIVA® Canada Year-End 2025 – SPIVA | S&P Dow Jones Indices

2 L’adoption des FNB s’accélère | Finance et Investissement

[4] S&P/TSX Composite Index | S&P Dow Jones Indices