Main tenant un stylet au-dessus d’une tablette affichant un graphique boursier interactif, en contexte urbain flou.
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Tout au long des années 2010, on claironnait « la mort du portefeuille 60/40 ». Cette mort n’a jamais troublé la forte vitalité du Fonds Capital Group équilibré mondial que gère Hilda Applbaum, gestionnaire que le magazine Barron’s, dans son palmarès 2026, a classée parmi les 100 femmes les plus influentes de la finance américaine.

Une mort annoncée prématurément

Depuis la crise financière de 2008, plusieurs analystes proclamaient que toute allocation en titres de revenu fixe avait peu de sens dans un monde de faibles rendements et d’actions en ébullition. Ce mantra a perduré pendant plusieurs années, puis il s’est avéré juste en 2022. Cette année-là, le portefeuille 60/40 a fléchi de -16 %, les marchés affichant du jamais vu : autant les titres obligataires que les actions ont chuté en tandem, rapportait dans Investment Executive Daniel Strauss, Directeur, recherche sur les FNB et les produits financiers, Banque Nationale du Canada Marchés financiers.

Les titres à revenu fixe ne sont plus aussi rentables qu’avant

Vu la complexité des marchés à revenu fixe à l’heure actuelle, la production de rendement de revenu et la gestion du risque nécessitent une gestion active comme celle qu’offrent les FNB de titres à revenu fixe de Placements Franklin Templeton.

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Les données de l’Association des marchés de valeurs et d’investissement (AMVI précédemment IFIC), confirment le peu de cas qu’on faisait des fonds équilibrés. De 2018 à 2020, les ventes de ces fonds ont été pratiquement nulles. Elles ont connu une flambée en 2021, sans doute un réflexe sécuritaire après la grande frayeur découlant de la pandémie de Covid-19, mais ont été en recul prononcé en 2022, puis représentant environ 66 % des rédemptions de fonds en 2023. Les rédemptions se sont répétées en 2024, puis les ventes sont redevenues tout juste positives en 2025.

Tenir le cap à travers la tempête

Le fonds de Capital Group, dont l’actif s’élève à 2,08 milliards de dollars (G$), a navigué pratiquement indemne à travers ces tribulations du monde des portefeuilles 60/40. Depuis sa création en août 2015, la série F a connu un rendement annualisé de 7,46 %. Certes, en 2022 il a connu un recul, mais seulement de -7,88 %, comparé à -16 % pour la catégorie.

Le fonds affiche une signature 60/40 classique et vise à toujours y revenir. Présentement, son allocation est de 61 % en actions, de 32,2 % en obligations et de 6,8 % en encaisse. Et son empreinte se veut mondiale, seulement 30,6 % des actions résidant aux États-Unis et 16,2 % des obligations. L’Europe occupe un poids de 20,7 %, les marchés émergents, de 11,4 %, le Canada, de 5,2 %.

Le portefeuille vise trois objectifs : croissance du capital à long terme et sa préservation, et revenu régulier, celui-ci s’établissant à 2,46 % pour les titres à dividendes et à 3,94 % pour les obligations.

Hilda Applbaum accorde une grande importance au revenu, mettant l’accent sur les dividendes non seulement comme source de revenus, mais aussi comme indicateurs de la santé financière de l’entreprise, d’une gestion rigoureuse du capital et du sens des responsabilités des dirigeants. Elle privilégie les sociétés qui ont des modèles d’affaires durables, des flux de trésorerie résilients et une allocation judicieuse du capital, plutôt que sur celles dont les rendements élevés font les manchettes.

La gestionnaire est particulièrement à l’affût d’entreprises jeunes, et pas nécessairement en technologie. Une portion de seulement 10 % en titres de technologie dans le portefeuille en témoigne. Elle explique qu’elle cherche à investir dans une entreprise à ses débuts, soulignant que les placements fructueux prennent souvent naissance au cours des premiers chapitres de l’histoire d’une société plutôt qu’en période de maturité. « En général, nous investissons tôt et laissons à l’entreprise cinq à dix ans pour se déployer tout en touchant des dividendes intéressants en cours de route », a-t-elle dit dans une entrevue avec Barron’s.

L’œil rivé sur les directions d’entreprise

Hilda Applbaum est particulièrement sensible aux attitudes des directions d’entreprise. « Trop d’équipes de direction rachètent leurs actions quand le titre atteint un sommet et restent paralysées lorsqu’il se situe dans un creux, dit-elle. Lorsque les dirigeants agissent comme un thermomètre reflétant l’humeur du marché plutôt que comme un baromètre mesurant l’évolution de l’entreprise, j’ai tendance à être préoccupée. Je préfère qu’ils procèdent à des rachats réguliers et à des ajustements lorsque le titre baisse s’ils croient que leur meilleur investissement demeure leur propre action. Quand une société annonce des rachats au moment où son action fracasse un sommet historique, c’est inquiétant. »

Le style de gestion de Hilda Applbaum se distingue par sa collégialité. Le portefeuille est géré selon un système de « compartiments ». Cinq gestionnaires de portefeuille se partagent de manière indépendante l’investissement, chacun étant responsable d’une part de 20 % du fonds. « Chaque gestionnaire de portefeuille dispose d’une grande liberté pour investir selon son propre style et ses préférences, même s’ils ont tous en commun de privilégier la croissance et le revenu », explique Julie Dickson, directrice, investissement, chez Capital Group. Leurs sélections de titres et leurs allocations individuelles sont regroupées pour former l’ensemble du portefeuille. Aucune personne ne centralise toutes les décisions ; il y a plutôt un directeur des investissements dont le rôle est de faciliter la coordination et la communication entre les gestionnaires.