Dans un contexte de préoccupations croissantes quant aux risques économiques à la baisse, les conditions de crédit se resserrent en Europe, tandis que les inquiétudes des ménages concernant la croissance et l’inflation augmentent, selon de nouvelles données de la Banque centrale européenne (BCE).
La plus récente enquête de la BCE sur les prêts bancaires, publiée pour avril, révèle que les banques ont resserré leurs critères de crédit dans toutes les catégories de prêts au cours du mois, en raison de préoccupations accrues concernant l’économie et d’une tolérance au risque en recul.
Le resserrement global du crédit a été plus marqué que prévu, dépassant la moyenne historique et atteignant son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre de 2023, a indiqué la BCE
Si les conditions des prêts hypothécaires se sont légèrement durcies, le resserrement a été plus prononcé pour le crédit à la consommation et les autres formes de prêts aux ménages.
« Les risques perçus pour les perspectives économiques et la baisse de la tolérance au risque des banques ont été les principaux facteurs contributifs, les banques indiquant […] que les évolutions géopolitiques et énergétiques ont exercé une pression à la hausse sur les critères de crédit », précise le rapport. Certaines banques ont également durci davantage leurs conditions en raison de leur exposition directe au conflit au Moyen-Orient.
À plus long terme, la BCE indique que les banques s’attendent à un nouveau resserrement des conditions de crédit au deuxième trimestre, en raison des tensions géopolitiques persistantes, de l’évolution des marchés de l’énergie et de la hausse des coûts de financement.
Inflation en hausse, croissance en baisse
Dans une publication distincte, la BCE a également signalé une hausse des anticipations d’inflation des consommateurs et une détérioration des perspectives de croissance économique en mars.
« Les anticipations médianes d’inflation pour les 12 prochains mois et celles à trois ans, qui s’établissaient toutes deux à 2,5 % en février, ont augmenté en mars pour atteindre respectivement 4 % et 3 % », a-t-elle indiqué.
Les anticipations de croissance économique pour les 12 prochains mois se sont également détériorées, les consommateurs s’attendant désormais à une contraction de -2,1 %, contre -0,9 % auparavant.
Parallèlement, les attentes concernant le taux de chômage ont augmenté, passant de 10,8 % en février à 11,3 % en mars.
L’enquête auprès des consommateurs a été réalisée du 5 au 30 mars. L’enquête sur les prêts bancaires d’avril a été menée du 19 mars au 7 avril.