Deux personnes qui analysent des graphiques financiers.
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Diplômé MBA de l’Université Laval, Jean-François Labbé est friand d’analyse économique et d’investissement de type «valeur».

Planificateur financier chez Investia Services financiers, à Québec, Jean-François Labbé s’est intéressé dès l’université à l’approche valeur. «C’est l’analyse de la valeur intrinsèque de l’entreprise que je cherche chez mes gestionnaires, dit-il. Je souhaite qu’ils aient une approche rigoureuse, un solide modèle d’analyse et de bons résultats à long terme.» De plus, ajoute-t-il, «je pense bien pouvoir trouver des gestionnaires actifs qui vont avoir de meilleurs rendements que des FNB indiciels.»

Les titres à revenu fixe ne sont plus aussi rentables qu’avant

Vu la complexité des marchés à revenu fixe à l’heure actuelle, la production de rendement de revenu et la gestion du risque nécessitent une gestion active comme celle qu’offrent les FNB de titres à revenu fixe de Placements Franklin Templeton.

Soyez actif et misez sur les FNB de Franklin Templeton : FLGA | FLSL | FLUI | FLCI

Jean-François Labbé ne se dit pas étonné de la correction des marchés observée à la fin de 2018 vu les bonnes performances récentes des Bourses. Sans influer sur la composition des portefeuilles, cela impose quand même une certaine précaution, selon lui : «Mes fonds d’actions sont plus prudents présentement et ont une plus grande portion de liquidité, autour de 5 % par exemple. Cependant, je m’assure aussi de choisir des fonds qui montrent une bonne résistance aux baisses de marché.»

NEI D’ACTIONS CANADIENNES – A

Manufacturier : Placements NordOuest & Éthiques

Offre initiale du fonds : décembre 1991

Actif sous gestion (ASG) (30 septembre 2018) : 233 M$

Ratio de frais de gestion (RFG) : 2,59 %

Rendement annualisé depuis la création : 7,6 %

Ce fonds appartient à la catégorie «actions principalement canadiennes», ce qui signifie qu’il n’est pas tenu de se cantonner aux titres canadiens, qui composent quand même 72 % du portefeuille, alors que l’autre portion importante, soit 22 %, provient des États-Unis. Il vise l’appréciation à long terme du capital en investissant dans des titres tant de grande que de petite capitalisation.

L’intérêt premier de ce fonds tient à son gestionnaire, Richard Fogler, et à sa méthode d’analyse de la valeur économique ajoutée. «Ce modèle est bon non seulement en théorie, mais il s’applique aussi en pratique», affirme Jean-François Labbé. Trop souvent, poursuit-il, on affirme qu’une entreprise vaut 12 fois ou 20 fois ses profits, «mais c’est sans fondement. Ici, on établit la base de ce qui génère et soutient ces profits, et comment les flux de trésorerie futurs vont les soutenir à l’avenir.»

Le gestionnaire n’a jamais dérogé à sa méthode, ce qui explique pourquoi le conseiller a recours à ce fonds depuis plus de vingt ans. «On n’a pas affaire à un « suiveux d’indice » (closet indexer). En 2015, il a surpassé l’indice de 10 points de pourcentage, alors qu’en 2016, il était neuf points au-dessous.»

Tout ici reflète le long terme : la rotation des titres est très faible et les gestionnaires investissent leur épargne personnelle dans le fonds. «C’est une chose importante à laquelle je tiens, fait ressortir Jean-François Labbé. Les intérêts entre gestionnaires et investisseurs sont alignés.» C’est pourquoi il n’hésite pas à nicher ce fonds au coeur de ses portefeuilles où il occupe la place d’honneur dans les titres canadiens et américains, dans une proportion pouvant aller parfois jusqu’à 30 %.

CHEFS DE FILE MONDIAUX BLACK CREEK – A

Manufacturier : Placements CI

Offre initiale du fonds : février 2005

Actif sous gestion (ASG) (31 décembre 2018) : 2,97 G$

Ratio de frais de gestion (RFG) : 2,47 %

Rendement annualisé depuis 10 ans : 11,8 %

Voici un autre fonds auquel Jean-François Labbé reste fidèle puisqu’il y recourt depuis 2006.

Le gestionnaire en chef, Bill Kanko, est un vétéran «qui a connu plusieurs cycles financiers et a bâti autour de lui une solide équipe de gestionnaires», juge le conseiller. Ici encore prévaut une analyse rigoureuse de la valeur et de la projection de flux de trésorerie futurs.

Plus que dans le fonds précédent, les performances passées témoignent de l’excellence de l’analyse, que ce soit avec un rendement de 8,4 % sur trois ans, 10,1 % sur cinq, 11,8 % sur dix. Par contre, Bill Kanko est le premier à prévenir les investisseurs que l’avenir économique ne lui permet pas d’espérer des rendements aussi élevés au cours des 10 années à venir.

La résilience du fonds face aux baisses de marché est aussi impressionnante que ses rendements : un repli de 20,4 % en 2008 alors que nombre de fonds chutaient de 30 % et plus. En 2015, autre année de repli, le fonds affichait une hausse de 20,6 %.

Trait important de ce fonds, il est concentré autour de 25 à 30 titres seulement. «Si on veut de la performance, mieux vaut investir beaucoup dans les meilleurs titres qu’on peut trouver», commente Jean-François Labbé qui n’hésite pas à consacrer jusqu’à 20 % de ce fonds à la part en actions de ses portefeuilles.

FONDS D’OBLIGATIONS À RENDEMENT ÉLEVÉ PH&N – A

Manufacturier :

RBC Gestion mondiale d’actifs

Offre initiale du fonds : novembre 2008

Actif sous gestion (ASG) (19 novembre 2018) : 3,9 G$

Ratio de frais de gestion (RFG) : 1,43 %

Rendement annualisé depuis la création : 7,6 %

Nous entrons ici en territoire de «titres de pacotille» (junk bonds). Dans ce fonds, la portion de titres obligataires dont la cote de crédit est -BBB est de 76 %.

Pourquoi s’aventurer dans un tel territoire ? «Une seule raison, répond Jean-François Labbé : le gestionnaire du fonds, Hanif Mamdani, gagnant de plusieurs prix et élu meilleur gestionnaire d’obligations au Canada.» Notons que ce fonds n’est ouvert qu’aux investisseurs y ayant déjà investi.

Ce gestionnaire excelle à l’analyse d’actifs obligataires et n’hésite pas à adopter des positions à contre-courant quand son analyse le commande. Par exemple, au moment de la chute des prix du pétrole en 2015, rappelle Jean-François Labbé, Hanif Mamdani a acheté des obligations de sociétés pétrolières que tout le monde délaissait, car il «constatait que les entreprises avaient des bases assez solides pour respecter leurs obligations».

Jean-François Labbé juge que l’horizon pourrait s’assombrir dans le monde obligataire où les entreprises sont très endettées, mais même dans un tel contexte, il est prêt à faire confiance au flair de Hanif Mamdani, d’autant plus que le fonds de celui-ci dispose présentement d’une encaisse de 14 % pour lui donner le loisir de profiter des occasions susceptibles de se présenter.