Un marteau de juge posé sur un livre.
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Le Fonds canadien de protection des investisseurs (FCPI) a failli à deux reprises à son obligation d’aviser les régulateurs avant de modifier ses règles de cotisation, selon le rapport d’inspection annuel des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM). Bien que jugé mineur, ce manquement illustre des failles dans sa documentation interne.

Le FCPI joue un rôle central dans l’écosystème financier canadien. Il protège les clients admissibles des courtiers membres de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) en cas d’insolvabilité, en couvrant les pertes liées à l’impossibilité de récupérer leurs actifs. Ce mécanisme est financé par les cotisations versées par les courtiers.

L’inspection, fondée sur le risque, a porté sur deux secteurs jugés sensibles : la gouvernance et les finances. Dans l’ensemble, le personnel des ACVM a conclu que le Fonds dispose de procédures et de processus adéquats. Une seule constatation a été soulevée — classée de priorité faible —, mais elle n’en demeure pas moins significative du point de vue réglementaire.

Des processus jugés adéquats

Sur le plan de la gouvernance, l’inspection visait notamment à vérifier si le conseil du FCPI remplit adéquatement son rôle d’examen annuel des cotisations et des méthodes de calcul. Les autorités ont examiné les politiques en place, les preuves d’approbation des décisions et la conformité aux exigences de transparence.

Conclusion : les mécanismes sont en place et fonctionnels. Le FCPI a démontré qu’il dispose de contrôles suffisants pour encadrer ses pratiques et assurer le respect de ses obligations.

Un constat similaire se dégage du volet financier. Les ACVM ont évalué, entre autres, la capacité du fonds à respecter ses obligations de notification, notamment le préavis de 60 jours exigé avant toute modification des politiques de cotisation. Là encore, les processus sont jugés adéquats, malgré certaines lacunes documentaires.

Une faiblesse dans les procédures écrites

La principale réserve formulée par les régulateurs concerne le caractère incomplet de certaines procédures écrites liées aux modifications des politiques de cotisation.

Le rapport souligne que, même si les méthodes de calcul des cotisations sont bien définies, le FCPI ne dispose pas d’une procédure formalisée garantissant systématiquement le respect de deux obligations clés : l’examen par le conseil et la notification aux autorités.

Cette lacune s’est traduite concrètement par deux cas où le fonds n’a pas respecté son obligation de préavis de 60 jours. Les changements en cause ont toutefois été approuvés par le conseil, et les autorités ont jugé qu’ils n’avaient pas d’incidence importante sur les politiques de cotisation.

Le rapport mentionne également un manque de précision dans la documentation entourant un montant pour éventualités intégré au calcul des cotisations des courtiers en épargne collective. Bien que ce montant ait été justifié et approuvé, les procédures ne détaillent pas suffisamment sa méthode de calcul ni les mécanismes d’approbation.

Risques limités, mais vigilance requise

Pour les ACVM, ces lacunes ne remettent pas en cause la solidité globale du cadre de gestion du FCPI. Elles soulignent toutefois des enjeux potentiels de transparence et de cohérence.

L’absence de procédures écrites complètes pourrait, à terme, nuire à la capacité des autorités d’exercer une surveillance efficace, notamment si des changements sont apportés sans notification adéquate.

Dans sa réponse, le FCPI reconnaît la constatation et s’engage à renforcer son cadre de conformité. Il prévoit notamment d’élaborer une procédure formelle encadrant les modifications aux politiques de cotisation et d’améliorer la documentation entourant le calcul des montants pour éventualités.

La période couverte par l’inspection s’étend du 1er janvier 2023 au 31 mai 2025. D’autres secteurs — soit celui de la gestion des risques, des technologies de l’information, de la stratégie, de l’impartition et de la protection des clients — n’ont pas été visés cette année, mais continuent de faire l’objet d’une surveillance continue par les autorités.