Gros maillet de juge posé sur une pile de dossiers et de documents jaunâtres. Image à connotation juridique.
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L’essor des « finfluenceurs » et l’exposition croissante des consommateurs à leurs publications mettent en lumière la nécessité d’un encadrement renforcé de leurs activités, selon une étude menée par Option consommateurs.

Les finfluenceurs, qu’ils soient experts ou non, diffusent des contenus portant notamment sur la gestion financière, les cryptomonnaies et des produits d’investissement. Cette diversité de profils et de recommandations n’est pas sans risque pour les consommateurs.

Intitulé « Finfluenceurs ou influenceurs en finance : Entre suggestion et conseil — Quelle protection pour les consommateurs ? », le rapport partage certaines pratiques utilisées par les finfluenceurs pour se prémunir contre d’éventuelles poursuites.

Ainsi, plusieurs émettent des avis visant à limiter leur responsabilité en cas de perte ou accompagnent leurs contenus de mises en garde précisant qu’il ne s’agit pas de conseils financiers.

Or, l’analyse a aussi mis en évidence une différence entre l’interprétation juridique du conseil, la qualification professionnelle et l’expérience vécue par les consommateurs et investisseurs.

Selon le rapport, indépendamment de la qualification juridique du contenu partagé, certains participants aux groupes de discussion de l’étude ont reçu ces informations comme du conseil personnalisé et les ont appliquées, « avec des conséquences positives et négatives sur les rendements ».

« Tant que l’activité se fait dans le cadre général, qu’il n’y a pas de conseil personnalisé, il est possible d’être dispensé de l’obligation d’inscription. Or, déterminer si cette limite est respectée exige une analyse au cas par cas, ce qui est difficilement applicable avec la multiplication des contenus sur les réseaux sociaux. Le consommateur a le potentiel d’être induit en erreur », prévient Clarisse N’Kaa, avocate, analyste et auteure du rapport.

Comme pistes de solution possibles, l’étude suggère que le Canada s’inspire d’autres législations.

Par exemple, la France offre une formation aux finfluenceurs et a créé une catégorie spéciale pour les créateurs de contenu qui ne sont pas inscrits auprès des autorités financières.

L’Australie a également élargi la notion du conseil financier pour prendre en compte les finfluenceurs et les rendre responsables légalement.