Les Canadiens se montrent ouverts à utiliser l’intelligence artificielle (IA) dans la gestion de leurs finances. Cependant, ils privilégient l’expertise humaine quand vient le temps de prendre des décisions importantes, selon un sondage de la Banque TD.
Dans l’ensemble, plus de sept Québécois sur dix (70 %) font davantage confiance à l’intelligence humaine qu’à l’IA dans la gestion de leurs finances, reflétant une tendance nationale, selon l’enquête menée auprès de 2 500 Canadiens en février. Plus les enjeux financiers sont élevés, plus cette préférence s’affirme.
L’étude révèle entre autres que, pour certains services financiers, plus de la moitié des répondants veulent être accompagnés exclusivement par un humain. C’est le cas pour la planification de la retraite (56 %), les conseils en planification financière et l’approbation d’un produit financier (55 %).
Les risques liés aux informations inexactes, à la protection de la vie privée et à la sécurité, ainsi que l’absence d’une responsabilité clairement définie en cas d’erreur, constituent les principales préoccupations associées à l’utilisation de l’IA par les institutions financières, particulièrement chez les Québécois.
Malgré ces défis, la majorité des répondants dit se sentir à l’aise avec cette utilisation, à condition qu’une supervision humaine soit exercée.
« L’IA a le potentiel d’améliorer notre façon de servir les clients en rehaussant la rapidité, la commodité et la personnalisation, mais c’est toujours le contact humain qui permet d’instaurer la confiance et d’offrir la compréhension, le réconfort et les conseils dont les clients ont besoin dans les moments financiers importants », souligne Jayme Martin, vice-président régional au Groupe Banque TD dans un communiqué.
Les répondants soulignent trois conditions essentielles pour renforcer leur confiance envers l’IA :
- une meilleure protection des données personnelles (56 %),
- une responsabilité clairement définie en cas d’erreurs (55 %)
- et le maintien d’une supervision humaine (52 %).
Ils font plus confiance à l’IA pour des tâches financières administratives ou de gestion courante. La moitié des répondants québécois accepteraient que leur banque l’utilise pour suivre leurs dépenses ou calculer leur cote de crédit, tandis que 44 % se disent prêts à s’en servir pour établir un budget.
Si les réponses des Québécois suivent globalement la moyenne nationale à ce chapitre, l’écart se creuse au niveau des opérations bancaires quotidiennes. Plus de la moitié (59 %) des Canadiens adopteraient l’IA pour obtenir rapidement des réponses sur les frais bancaires ou les produits financiers. Cette proportion tombe à 28 % chez les Québécois, qui se montrent moins enclins à se servir de l’IA notamment pour vérifier le solde d’un compte ou réinitialiser un mot de passe.
Malgré des réserves, 41 % des répondants estiment que l’IA pourrait les aider à prendre de meilleures décisions financières, tandis que près d’un sur quatre affirme qu’elle l’a déjà aidé à améliorer concrètement ses finances.
Dans l’ensemble, les répondants du Québec se disent les moins familiers avec l’IA (55 % affirment bien connaître ses applications au quotidien, comparativement à 63 % à l’échelle nationale), mais une majorité d’entre eux se montrent prêts à s’adapter aux innovations technologiques dans la vie de tous les jours.