Vue diurne du centre-ville de Montréal Canada.
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Le Club Saint-James a une nouvelle fois accueilli la communauté canadienne des investissements alternatifs à l’occasion du quatrième Forum annuel sur les investissements alternatifs de Montréal (MAIF). Avec plus de 180 participants, allant des investisseurs institutionnels et gestionnaires d’actifs aux conseillers en gestion de patrimoine et prestataires de services, cet événement d’une demi-journée, qui a affiché complet, a permis de présenter des perspectives d’actualité sur la dynamique en constante évolution des investissements alternatifs au Canada et au-delà.

Voici les points essentiels à retenir de cette journée :

La résilience des portefeuilles dans un environnement incertain

La résilience des portefeuilles a constitué le fil conducteur du forum de cette année, les décideurs en matière d’allocation et les gestionnaires s’étant tous deux concentrés sur la meilleure façon de construire des portefeuilles capables de générer des performances dans divers contextes de marché. Les intervenants ont souligné que les portefeuilles traditionnels axés sur les actions et la duration s’avèrent de plus en plus insuffisants pour répondre aux objectifs complexes des investisseurs, tandis que les matières premières, les stratégies de rendement absolu et d’autres sources de rendement non corrélées ont été mises en avant comme des éléments essentiels des portefeuilles conçus pour résister à une grande variété de contextes économiques.

Les placements alternatifs : des solutions de portefeuille, et non des classes d’actifs

Un thème récurrent tout au long des sessions a été la nécessité d’aller au-delà des étiquettes de classes d’actifs et d’évaluer les placements alternatifs à l’aune de leur contribution au portefeuille, qu’il s’agisse de diversification, de revenu, de protection contre l’inflation ou de rendement non corrélé. Les intervenants ont souligné que les placements alternatifs devaient être considérés avant tout comme une boîte à outils d’expositions ciblées, chacune comblant une lacune spécifique que les marchés publics ne peuvent à eux seuls combler, plutôt que comme un pan monolithique de l’allocation.

IA : une occasion d’investissement et un risque de surconcentration

L’intelligence artificielle (IA) a constitué un thème majeur du forum de cette année, tant < titre d’occasion d’investissement qu’en tant que source potentielle de risque. Au-delà de sa capacité à générer de solides rendements sur les marchés boursiers, le développement de l’IA a été identifié comme un puissant catalyseur structurel pour les infrastructures énergétiques, la demande en électricité et les matériaux essentiels. Du côté des risques, les intervenants ont souligné leurs inquiétudes concernant la concentration des rendements boursiers au sein d’un petit groupe d’entreprises liées à l’IA, ainsi que la possibilité que des outils d’investissement basés sur l’IA puissent fournir des recommandations similaires à tous les gestionnaires, ce qui renforcerait l’affluence sur les mêmes transactions et thèmes d’investissement.

Infrastructures énergétiques, demande en électricité et ressources essentielles

Les infrastructures énergétiques, la modernisation du réseau électrique et les matériaux essentiels, tels que le cuivre, ont été mis en avant comme figurant parmi les thèmes d’investissement à long terme les plus prometteurs, portés par la forte hausse de la demande en électricité liée au développement mondial de l’intelligence artificielle. Le Canada a été identifié comme particulièrement bien placé compte tenu de ses ressources naturelles et de son rôle de plus en plus stratégique dans l’approvisionnement énergétique nord-américain. Les intervenants ont noté que le débat sur l’énergie est en train d’être recadré, les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) étant de plus en plus abordés sous l’angle de la résilience nationale et de la sécurité de la chaîne d’approvisionnement, ce qui élargit leur attrait auprès d’un éventail plus large d’investisseurs.

Crédit privé et gestion de la liquidité

Le crédit privé est resté un thème central du forum de cette année, les intervenants ayant souligné l’importance d’aligner les structures des fonds sur le profil de liquidité sous-jacent des actifs qu’ils détiennent. Le crédit privé et les marchés privés en général restent dynamiques et très demandés, mais on observe une rationalisation croissante de la liquidité. Les événements déclencheurs de restrictions d’accès et la pression sur les rachats incitent à une réévaluation plus large, une préférence générale se dessinant pour des structures de fonds qui reflètent plus fidèlement la nature illiquide des actifs sous-jacents.

L’essor des comptes gérés séparément

Les comptes gérés séparément et les solutions sur mesure ont été identifiés comme un domaine d’intérêt croissant parmi les investisseurs institutionnels, grâce à la transparence, à l’efficacité du capital et à la flexibilité qu’ils peuvent offrir par rapport aux structures de fonds communs. Bien que des obstacles à une adoption plus large subsistent, notamment la charge opérationnelle pour les investisseurs et les craintes des gestionnaires quant à la cession du contrôle de leurs stratégies, l’opinion dominante était que les comptes gérés séparément s’apparentent davantage à un canal de partenariat susceptible d’approfondir les relations et d’élargir la portée institutionnelle.

L’approche de portefeuille global

L’approche de portefeuille global a donné lieu à des discussions fructueuses, les intervenants soulignant que le passage de l’allocation stratégique traditionnelle des actifs relève autant d’une transition culturelle que technique, nécessitant de la confiance, une délégation de pouvoirs et un engagement sincère en faveur d’un investissement axé sur les résultats et d’une construction de portefeuille à long terme. Bien que la complexité de la mise en œuvre varie, les principes sous-jacents sont accessibles aux investisseurs de toutes tailles, et leur adoption devrait se faire progressivement plutôt que par le biais d’une transformation radicale.