Homme d'affaires équilibrant sur le piédestal de boule et de cirque.
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Les décideurs mondiaux tirent la sonnette d’alarme face à la multiplication des menaces pour la stabilité financière — notamment les répercussions économiques et financières du conflit au Moyen-Orient, combinées à la menace croissante en matière de cybersécurité posée par des modèles d’intelligence artificielle (IA) toujours plus puissants — qui viennent s’ajouter à une série de risques déjà existants.

Lors de sa réunion plénière tenue à Londres le 1er juin, le Conseil de stabilité financière (CSF) a mis en évidence deux nouvelles menaces — la guerre entre les États-Unis et l’Iran ainsi que les plus récents modèles d’IA — qui compliquent davantage un paysage déjà marqué par plusieurs vulnérabilités, notamment des valorisations d’actifs élevées, un endettement souverain important, un recours accru à l’effet de levier et les risques liés à la croissance du secteur du crédit privé.

« Les préoccupations concernant de nouvelles vulnérabilités pour la stabilité financière mondiale sont grandissantes », souligne Andrew Bailey, président du CSF et gouverneur de la Banque d’Angleterre, dans un communiqué.

Les discussions ont notamment mis en lumière les inquiétudes entourant les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les marchés des matières premières, particulièrement ceux de l’énergie.

« L’inflation a augmenté et les rendements obligataires ont progressé, souligne le CSF. Bien que les marchés financiers aient jusqu’à présent continué de fonctionner correctement, l’incertitude et la volatilité se sont accrues. »

Parallèlement, les plus récents modèles d’IA mis sur le marché « pourraient accroître fortement les risques de cybersécurité », avertit le CSF. Bien que les efforts visant à corriger les vulnérabilités mises au jour par ces modèles soient importants, ils pourraient aussi « aggraver les problèmes s’ils sont menés de façon précipitée ou inadéquate », continue-t-il.

« Les membres ont exprimé une inquiétude particulière quant au fait qu’une combinaison de chocs pourrait déclencher simultanément plusieurs vulnérabilités, menaçant ainsi la stabilité financière », rapporte le CSF.

Dans ce contexte, l’organisme a annoncé qu’il publierait dans les « prochaines semaines » un document de consultation présentant des « pratiques exemplaires » destinées aux institutions financières qui adoptent l’IA. Un rapport final sera remis aux ministres des Finances et aux gouverneurs des banques centrales du G20 en octobre.

« L’incertitude accrue et les transformations rapides qui touchent le système financier et l’économie en général soulignent la nécessité d’une vigilance soutenue et d’une coopération internationale continue pour relever les défis communs », ajoute Andrew Bailey.

Le CSF souligne également que plusieurs de ses membres réexaminent actuellement leurs politiques réglementaires et leurs pratiques de supervision « afin de déterminer si elles demeurent adaptées aux changements du système financier, si elles favorisent la croissance économique et si elles restent prospectives et suffisamment souples pour faire face aux risques importants actuels et futurs, sans compromettre la résilience du système ».