Les récentes données économiques montrent une croissance modérée de l’économie canadienne, soutenue par une croissance du secteur manufacturier. L’indice PMI manufacturier (Purchasing Managers’ Index), indicateur avancé largement utilisé pour évaluer la performance du secteur manufacturier, a enregistré en avril sa plus forte progression mensuelle depuis juin 2022, portée par une hausse marquée des commandes à l’exportation.
Toutefois, une part de cette amélioration s’explique par la hausse des prix du pétrole, qui soutient la valeur nominale des exportations. Ainsi, l’augmentation du PMI reflète en partie une activité plus soutenue dans le secteur de l’énergie, mais pourrait également traduire des pressions sur les coûts plutôt qu’un véritable renforcement de l’économie. En effet, la hausse des coûts de transport alourdit les intrants des entreprises, contribuant directement aux pressions inflationnistes.
Comme largement anticipé, la Banque du Canada n’a pas réagi à la situation entourant le détroit d’Ormuz, estimant que la hausse des prix du pétrole demeure probablement temporaire et ne justifie pas d’intervention immédiate. Par ailleurs, bien que le niveau élevé des prix de l’énergie pèse sur la consommation, son impact demeure moins prononcé que lors des chocs pétroliers des années 1970.
Les craintes inflationnistes même temporaires ont poussé les taux d’intérêts obligataires au niveau le plus élevé depuis presque 2 ans. Ceci explique la remontée des taux hypothécaires fixes observée ces dernières semaines, comme l’illustre le graphique ci-dessous.

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La situation géopolitique actuelle perdure plus longtemps qu’anticipé. Même lorsque la circulation des navires reprendra dans le détroit d’Ormuz, plusieurs trimestres seront nécessaires pour retrouver l’équilibre observé avant le début du conflit. Pour cette raison, les perspectives indiquent que les prix du pétrole, et plus largement des matières premières, devraient demeurer élevés plus longtemps.
Ces pressions inflationnistes contribuent à repousser les attentes de baisse du taux directeur pour le reste de l’année aux États-Unis. Dans le même esprit, cet environnement limite également la marge de manœuvre de la Banque du Canada (BdC) dans la poursuite d’un cycle de baisses de taux à court terme.
Faut-il craindre une remontée des taux ?
Bien que certains économistes évoquent la possibilité de hausses de taux au Canada l’an prochain, nous n’adhérons pas à ce scénario pour le moment.
Les restrictions en matière d’immigration ont entraîné un recul de la population canadienne l’an dernier, réduisant ainsi la pression sur le marché du travail et contribuant à stabiliser le taux de chômage, malgré une croissance de l’emploi plus modérée.
Par ailleurs, l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi devrait se traduire à la fois par des perturbations, une transformation des postes et des gains d’efficacité. À moyen terme, ces gains de productivité, combinés à certaines pertes d’emplois, pourraient exercer des pressions désinflationnistes et ainsi accroître la probabilité d’un assouplissement des politiques monétaires par des institutions comme la BdC.
C’est pourquoi un éventuel assouplissement de la politique monétaire aux États-Unis, notamment dans un contexte de changement à la tête de la Réserve fédérale des États-Unis, pourrait exercer une pression indirecte sur la Banque du Canada afin de poursuivre un cycle de baisses de taux. Comme mentionné précédemment, nous estimons que ce facteur pourrait influencer l’orientation des taux au Canada.
Dans ce contexte d’incertitude, il est plus important que jamais de consulter un courtier hypothécaire pour déterminer laquelle des options, entre une hypothèque variable (paiement fixe ou ajustable) et hypothèque fixe (court ou long terme), correspond le mieux aux besoins de ses clients.
La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?