Un homme d'affaires montrant un graphique en transparence sur une ville. Autour on voit pleins de petits virus de COVID-19.
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Le Canada n’a pas fait pas exemption et le taux de chômage a explosé, passant d’une situation de plein emploi en début d’année à ce qui ressemblait davantage à la dépression des années 30. En affichant le taux de chômage le plus faible au pays, le Québec se comporte quand même bien par rapport aux autres provinces.

Les gouvernements ont déployé des mesures sans précédents pour soutenir l’économie, parfois par l’entremise ou avec le soutien de certaines organisations privées, entre autres : la Prestation Canadienne d’Urgence (PCU), le report des paiements hypothécaires, la Subvention Salariale d’Urgence du Canada (SSUC), l’aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC). ces actions ont permis d’atténuer la perte économique.

On constate également que le consommateur canadien a profité de la fermeture de l’économie pour rembourser ses dettes. Ainsi, le taux d’endettement des ménages a fortement reculé à 158,2 % au deuxième trimestre de l’année selon Statistique Canada. Il s’agit d’une baisse très brusque et il faut retourner en 2012 pour retrouver ce même niveau. C’est une nouvelle très encourageante qui atténue une grande préoccupation du gouvernement et de la Banque du Canada.

D’ailleurs, tous ces programmes d’aides ont fait en sorte que le nombre d’insolvabilités a diminué de façon importante depuis le mois d’avril. Évidemment, avec l’expiration prévue de plusieurs programmes pour la fin septembre, il faut s’attendre à ce que certaines situations se dégradent.

La SCHL a indiqué que le Québec est la province qui a le plus grand taux d’utilisation du programme du gouvernement de report des paiements hypothécaires. En effet, 27% des hypothèques au Québec ont eues recourt à cette option. Au 31 juillet, ceci représentait 136 milliards de dollars (G$) soit 9% de la dette hypothécaire au pays.

D’ailleurs, la SCHL a annoncé que 69% des hypothèques ayant une équité entre 90,1% à 95% ont utilisé cette option. Ceci démontre une vulnérabilité face à une baisse éventuelle des prix du secteur immobilier. Dans le cas d’une baisse de 10%, non seulement l’encaisse deviendra négative pour cette partie de la population, mais les difficultés à payer l’hypothèque persisteront.

Selon une récente étude de Mortgage Sandbox, seulement 26% des ménages montréalais dispose d’un revenu supérieur à 100 000$ et peut se permettre une propriété d’une valeur supérieure à 495 000$. Pourtant 62% des propriétés inscrites chez Centris tentent d’obtenir un prix supérieur à 495 000$!

RBC considère que Montréal représente une légère surchauffe en matière d’accession à la propriété, mais dans son ensemble, le Canada constitue un risque plus grand. Ainsi, pour 2019, soit la 3e année consécutive, Toronto figure au Top-3 de l’indice UBS Global Bubble Risk Index, qui évalue le risque d’une bulle immobilière. D’ailleurs, Toronto et Vancouver sont les seules villes en l’Amérique du Nord à se retrouver dans cette situation de bulle immobilière. Et c’est le cas depuis trois ans.

Il faut considérer que la forte demande provenant d’investisseurs venus de Chine a contribué à l’augmentation des prix de l’immobilier canadien pendant la dernière décennie. On doute que cette demande continuera avec la pause observée en matière d’immigration pendant la COVID-19. Il demeure tout de même difficile pour les Canadiens d’absorber des prix aussi élevés. Pour cette raison, nous conseillons à la prudence.

En ce qui concerne les taux hypothécaires, ils ont atteint des prix plancher historique et les taux fixes de 5 ans se négocient présentement bien en dessous de 2%. Les taux variables sont généralement 5 bps plus bas, mais compte tenu que la Banque du Canada (BdC) ne semble pas vouloir baisser le taux directeur de 0,25% à 0, nous ne voyons généralement plus la pertinence de choisir le taux variable plutôt que le taux fixe.

Bien qu’il soit évident que les bas taux hypothécaires contribuent à la situation de bulle immobilière, si les canadiens parviennent à maintenir les bonnes habitudes de remboursement de leurs dettes, adoptées depuis le début de la COVID-19, le secteur immobilier s’en trouvera moins vulnérable. Il faudra quand même suivre la situation de la réouverture de l’économie de près, car si les mesures gouvernementales cessent avant la reprise économique, nous observerons une croissance de défauts de paiement.

La gestion du passif fait partie intégrante de la situation financière du client et en représente parfois même « la » plus grande part … Il est donc primordial de confier l’analyse de celle-ci à un professionnel objectif qui saura bien guider votre client et s’assurer que celui-ci en saisit bien la valeur. Après tout, la gestion du passif en soi n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?