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Particulièrement populaires chez les investisseurs autonomes, les fonds négociés en Bourse (FNB) poursuivent leur croissance et deviennent de plus en plus incontournables parmi les réseaux de conseillers.

Voici des facteurs qui stimulent la croissance de ces outils de placements, d’après une série de données compilées par ISS Market Intelligence et CIBC Marchés des capitaux.

Ayant plus que doublé depuis 2014, passant de 3,5 billions de dollars $ à 7,7 billions $ à la mi-2025, l’actif financier des ménages canadiens est appelé à atteindre les 13,2 billions $ en 2034, prévoit ISS MI.

De la fin de 2014, à la fin de 2025, l’actif net en fonds communs de placement (FCP) est passé de 1141 G$ à 2528 G$ selon les données de l’Association des marchés de valeurs et des investissements (AMVI). Durant la même période, l’actif net en FNB est passé de 77 milliards de dollars (G$) à 713 G$. Bien qu’inférieure, la part des FNB parmi cette richesse s’est accrue à une vitesse supérieure parmi les fonds d’investissement, témoignant que ce type de fonds n’est plus un produit de niche.

Il faut dire que presque les trois-quarts de la croissance au cours des deux dernières années ont résulté des hausses boursières plutôt que de l’afflux d’argent frais. Les entrées nettes de fonds de 150 G$ en 2025 représentent la deuxième plus forte performance jamais enregistrée. Dans ces flux, les FNB se taillent la part du lion, ayant accaparé 120 M$ des entrées nettes à eux seuls.

Non seulement attirent-ils du nouvel argent, mais ils prennent le pas sur les FCP et les titres individuels, tout particulièrement chez les investisseurs autonomes, observe Carlos Cardone, directeur exécutif chez ISS MI.

« Pourquoi ceci importe, juge ISS MI. Les FNB sont devenus les véhicules de premier choix pour l’investissement discrétionnaire, ce qui altère de façon fondamentale la concurrence entre produits et leur dynamique de distribution. »

En effet, les réseaux de conseillers de plein exercice évoluent structurellement vers des modèles à gestion discrétionnaires et rémunérés sous forme d’honoraires, axés sur les FNB. C’est 2,0 billions $ qui sont gérés sur la base d’une rémunération à honoraires, et environ 61 % des actifs sont gérés de façon discrétionnaire, selon ISS. Dans ce type de comptes, les FNB sont préférés à cause de leur efficacité de coût, leur liquidité et leur transparence, d’après ISS. La firme de recherche constate que la croissance trimestrielle des actifs en FNB dépasse les 10 % chez les courtiers de plein exercice.

De plus, la croissance des FNB est démesurément concentrée dans des canaux de courtage de plein exercice et dans les réseaux de courtage à escompte (autogérés), ceux-ci accaparant plus de 85 % des actifs investis en FNB au Canada.

Par ailleurs, les actifs dans les plateformes de courtage en ligne ont dépassé 1,1 billion $ en 2025, les actifs en FNB bondissant pour leur part de 45 % en un an. Ici, l’adoption des FNB est favorisée par les jeunes investisseurs et la croissance des comptes fiscalement avantageux. Chez les courtiers à escompte, la croissance des actifs en FNB dans les comptes CELI s’élève à 30 % au cours de la dernière année. La forte concentration de nouveaux comptes reste concentrée dans les plateformes où les FNB dominent la construction initiale des portefeuilles.

C’est dire que les FNB ne sont plus optionnels, souligne ISS MI ; ils sont au fondement même de la construction de portefeuilles modernes et des stratégies de distribution.

« Les entreprises évoluent dans un environnement où la réussite dépend de leur capacité à tirer parti de la réallocation des actifs entre les différents produits et canaux, commente CIBC Marché des capitaux, à considérer les FNB comme un élément central de leur portefeuille et de leur infrastructure de distribution, et à bien comprendre le décaissement des ménages, la dynamique de la retraite influençant de plus en plus les flux. »

Nouvelle dynamique de croissance

Tous ces développements entraînent aussi des conséquences pour les manufacturiers de FNB, faisant en sorte que l’accès aux étagères de distribution via les plateformes bancaires prime sur la simple innovation de produit. Environ 78 % des actifs chez les courtiers de plein exercice restent concentrés au sein des six grandes banques.

Cela signifie que le succès des FNB dépend de plus en plus de leur présence dans les étagères de ces réseaux de conseillers, de l’accès aux plateformes et de l’intégration par les conseillers, plutôt que d’une différenciation progressive des produits. « Les émetteurs qui ne bénéficient pas d’une forte pénétration des plateformes bancaires, affirme CIBC Marché des capitaux, se heurtent à des limites structurelles qui les empêchent de se développer, malgré l’élargissement de leur gamme de produits. »