Une femme et un homme qui regardent deux feuilles de papier et semblent comparer ce qu'il y a dessus.
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Malgré un chevauchement des exportations de produits de base avec la Russie, il est peu probable que le Canada connaisse une hausse importante de son PIB cette année en raison de la guerre en Ukraine, selon un rapport d’Études économiques CIBC.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie entraînera probablement une hausse de l’inflation et un ralentissement de la croissance de l’économie mondiale cette année. Au Canada, la flambée des prix de l’énergie ne s’est pas traduite par une hausse du huard, car la réduction des dépenses d’investissement se traduit par une diminution du rôle du secteur de l’énergie dans le PIB global.

La hausse des prix des aliments et de l’énergie poussera probablement l’inflation canadienne au-dessus de 6 %, selon le rapport. Et si les économies réalisées en raison de la pandémie constituent un coussin, une partie de cet argent a été dépensée en acomptes pour des maisons ou investie dans l’épargne-retraite.

« À court terme, même pour un exportateur de ressources comme le Canada, l’impact d’une inflation plus élevée sur les consommateurs et d’un ralentissement de la croissance mondiale sur les exportateurs de produits autres que les ressources naturelles est susceptible de contrebalancer les gains réalisés par les secteurs des produits de base », indique le rapport.

Alors que les exportations de la Russie – qui comprennent l’or, le blé, l’aluminium et le bois en plus du pétrole et du gaz – se chevauchent de manière significative avec celles du Canada, près de la moitié des exportations de biens du Canada ne sont pas liées aux ressources, selon le rapport. Les prix élevés de l’énergie et le ralentissement de l’économie mondiale pourraient nuire à d’autres secteurs d’exportation canadiens importants, comme l’aérospatiale, les véhicules, les pièces pour les automobiles et les machines.

Les auteurs ont rappelé le vieil adage selon lequel les Canadiens sont « des tailleurs de bois et des porteurs d’eau », mais les coupes ont diminué ces dernières années. En ce qui concerne le pétrole, l’industrie canadienne semble se concentrer sur « des plans de dépenses d’investissement prudents et le retour des bénéfices aux actionnaires, avec une croissance modeste de la production et des dépenses d’investissement cette année », constatent les auteurs du rapport.

Les producteurs d’engrais pourraient bénéficier de prix plus élevés pendant une période plus longue, et les entreprises canadiennes ont la possibilité d’augmenter leur production, selon le rapport, bien que les grèves ferroviaires constituent un risque.

Les prix du blé pourraient rester élevés, la récolte ukrainienne étant incertaine. Bien que la sécheresse dans les Prairies reste un risque, la CIBC a déclaré que la production canadienne devrait augmenter cette année grâce aux prix plus élevés des cultures.

Le secteur canadien du gaz naturel liquide pourrait bénéficier à plus long terme de l’interdiction du GNL (gaz naturel liquéfié) russe, bien que le plus grand projet canadien soit encore à trois ans de la production, selon le rapport. Un déficit de l’offre mondiale de GNL pourrait accélérer ce calendrier ou d’autres projets, mais ceux-ci seraient « mis en service au cours des dernières années de cette décennie et ne sont donc pas pertinents pour les perspectives macroéconomiques actuelles du Canada ».

En ce qui concerne l’exploitation minière, les plans de dépenses en capital au Canada étaient déjà à leur plus haut niveau en dix ans avant l’invasion de la Russie, mais l’augmentation de la production reste un « projet à long terme », affirment les auteurs du rapport. Le conflit pourrait entraîner une croissance de la production d’uranium, le monde cherchant des fournisseurs en dehors de la Russie et du Kazakhstan.

Dans l’ensemble, si certains secteurs de produits de base ont tout à gagner, les répercussions de la guerre sur d’autres secteurs d’exportation et la hausse des coûts pour les consommateurs annuleront probablement tout avantage économique.

Les effets à plus long terme pourraient être plus importants, selon le rapport, si les acheteurs de divers secteurs commencent à rechercher des options politiquement plus sûres.

« Même s’il s’agit d’une histoire qui va se dérouler sur plusieurs années, et non d’un grand cadeau pour le Canada pour le PIB de 2022, le réalignement des flux commerciaux pourrait être gagnant pour notre pays si nous tirons parti de ces opportunités », conclut le rapport.