Une fille recroquevillée dans un coin, autour d'elle des ombres de mains et de bras semblent vouloir la happer.
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« Presque tous les Québécois » ont des soucis financiers, selon un sondage Léger commandé par Centraide du Grand Montréal. Pour les plus vulnérables, cette pression hypothèque leur avenir et leur santé, déplore la présidente et directrice générale de la fondation, Tasha Lackman.

L’anxiété financière est ressentie à différents niveaux d’intensité par 86 % des Québécois, selon le rapport de Centraide du Grand Montréal dévoilé le 9 juin.

Près de la moitié des répondants (48 %) affirment ressentir de l’anxiété « modérée ou supérieure », selon un sondage effectué en ligne, du 17 février au 11 mars auprès de 2003 répondants.

Il faut dire que 45 % des Québécois disposent de moins d’un mois de revenu en réserve en cas de perte de revenu ou de dépense imprévue. Le quart (25 %) affirment que leur situation financière s’est détériorée dans les six derniers mois.

Cette pression « a un impact profond sur la vie des gens » qui vivent le plus de stress financier, souligne Tasha Lackman en entrevue.

Elle énumère les défis auxquels sont confrontées les personnes en situation de pauvreté. « C’est quoi mon prochain repas ? Où vais-je vivre ? Je suis malade, je ne peux pas m’en occuper. »

Les résultats démontrent que 30 % des répondants vivent de l’insécurité alimentaire, comparativement à 22 % l’an dernier. « Il y a vraiment un drapeau rouge autour de l’insécurité alimentaire », indique la PDG de Centraide du Grand Montréal.

L’anxiété financière a des effets concrets sur la santé des gens. Un peu plus du tiers (34 %) ont perdu le sommeil en raison de leurs finances dans les deux dernières semaines.

Ils sont 30 % à craindre de ne pas être en mesure de payer des dépenses liées à la santé pour eux-mêmes ou leur famille.

Cette pression représente un obstacle supplémentaire pour les gens qui tentent d’améliorer leur sort, avec un retour aux études ou un changement d’emploi.

Tasha Lackman croit que le gouvernement devrait intervenir pour accroître les revenus des plus vulnérables. Elle évoque des prestations, le programme d’aide sociale, l’assurance-emploi ou le salaire minimum.

« Ce n’est pas normal que, dans une société riche comme le Québec, une personne vive de l’insécurité alimentaire », dénonce-t-elle.

Près de 46 % des Québécois croient que les perspectives économiques du Québec vont se détériorer dans les six prochains mois. C’est moins que les 55 % du sondage de l’an dernier réalisé lors d’une période de grande tension dans les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

Le coup de sonde de 2026 a toutefois été effectué avant le début des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran. Le conflit a entraîné une hausse des prix du carburant. « Le portrait n’était déjà pas rose, souligne Mme Lackman, et ça, c’était avant. »

Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien précise qu’une marge d’erreur ne peut être attribuée aux sondages en ligne, car ils ne procèdent pas à un échantillonnage aléatoire de la population.