Conseillère discutant avec un couple de personnes âgées, représentant la gestion patrimoniale et le conseil personnalisé.
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Le déclin cognitif représente un défi financier pour de nombreux aînés. À mesure que l’espérance de vie augmente, la capacité à gérer ses finances peut diminuer bien avant l’apparition d’un diagnostic formel. Cette situation expose les patrimoines à des erreurs, des oublis et des tentatives de fraude, selon une recherche de l’Association internationale de l’industrie de l’assurance-vie et des services financiers (LIMRA) relayée par ThinkAdvisor.

Les conséquences financières peuvent être importantes. Selon les données citées par l’association américaine, les ménages touchés peuvent perdre en moyenne environ 170 000 $ au cours des six années précédant un diagnostic, en raison notamment de paiements oubliés, de décisions de placements inadéquates ou encore d’exploitation financière. La gestion des finances personnelles figure parmi les premières fonctions touchées par le déclin cognitif. Les effets sont souvent progressifs et difficiles à détecter au départ.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de vieillissement de la population et d’allongement de l’espérance de vie. Les progrès médicaux permettent de prolonger la vie, sans pour autant freiner au même rythme le déclin des capacités cognitives. « On vit plus longtemps, mais pas nécessairement avec toutes ses capacités décisionnelles intactes », résume Chris Heye, auteur du rapport de LIMRA et président de Whealthcare Solutions.

Selon plusieurs études citées dans le rapport, une part importante des personnes âgées présente déjà des signes de vulnérabilité cognitive. L’Association Alzheimer américaine estime qu’environ un tiers des personnes de plus de 65 ans présentent un trouble cognitif léger ou plus avancé, un état qui peut progressivement nuire à la capacité de prendre des décisions financières, de se souvenir de certains engagements ou de repérer des anomalies.

Face au déclin cognitif, des conseillers insistent sur l’importance d’anticiper et de mettre en place des mécanismes de protection avant l’apparition des premiers signes de vulnérabilité des clients. Parmi les mesures les plus courantes figurent la désignation de personnes de confiance sur les comptes et la signature de procurations pour les biens. Ces outils permettent d’assurer une continuité dans la gestion financière sans attendre le déclin cognitif.

Simplifier les flux financiers est un autre axe à explorer. En s’appuyant davantage sur les sources de revenus prévisibles, comme les prestations publiques, les régimes de retraite ou encore des revenus garantis, il est possible de couvrir les dépenses de base comme le logement et l’épicerie à l’aide de revenus stables, et ainsi limiter le nombre de décisions à prendre au quotidien.

Dans certains cas, l’intégration de produits comme les rentes viagères peut contribuer à encadrer les comportements financiers des clients. Une planificatrice financière souligne que ce type de solutions a permis, dans un cas précis, de limiter les retraits importants et d’ajouter une couche de protection face aux décisions impulsives chez des clients devenus plus vulnérables. Ces produits peuvent également faciliter le suivi des comptes par des proches lorsqu’un mandat de protection est mis en place.

L’entourage joue un rôle central. Plusieurs professionnels encouragent la mise en place d’une « équipe de bien-être financier » réunissant membres de la famille, professionnels de la finance et, au besoin, intervenants de la santé. L’objectif est d’éviter qu’un client en perte d’autonomie ne se retrouve seul à prendre des décisions financières importantes.

Le déclin cognitif peut en effet affecter un large éventail d’activités financières, des tâches courantes comme le paiement de factures jusqu’aux décisions plus complexes liées à la gestion des placements et à la planification successorale. Chaque transaction devient alors un point de vulnérabilité potentiel.

Pour limiter ces risques, l’automatisation des paiements, la simplification des comptes et la standardisation des décisions contribuent à sécuriser la situation financière des clients plus âgés. Les travaux en économie comportementale montrent en effet que, lorsque les capacités cognitives diminuent, les individus tendent à privilégier les choix simples et à éviter les décisions nécessitant un effort soutenu.

Certains experts qualifient les rentes d’« assurance cognitive », dans la mesure où elles permettent à la fois de couvrir le risque de longévité et de réduire le risque associé à la diminution des capacités de décision financière avec l’âge. En garantissant un revenu stable, elles limitent les décisions répétées de retrait ou d’ajustement de portefeuille, qui deviennent plus risquées lorsque les capacités cognitives diminuent.