Place à la finance comportementale
01.09.2008 - Pierre Picard
- OUTILS
- Envoyer à un ami
- Imprimer
- Nous écrire
-
Nouveau paradigme de la finance, la psycho-logie intéresse de plus en plus les gestionnaires de portefeuilles. Convaincus que les investisseurs peuvent prendre des décisions souvent irrationnelles, ils font appel à la finance comportementale pour éviter ces écueils.
Dan Popescu, consultant en gestion et recherche de placements à Toronto, est un ardent défenseur de cette approche qui analyse la faiblesse humaine dans le secteur financier. " La finance comportementale explore l'investissement comme une catégorie à part de la prise de décision dans des situations d'incertitude, et met en évidence de sérieux préjugés humains. Elle tient compte des sentiments des investisseurs ", explique-t-il.
Les tenants de cette approche vont évidemment beaucoup plus loin que la simple répartition d'actifs fondée sur le degré de tolé-rance au risque. Ils appuient leur démarche sur le principe sui-vant : les investisseurs risquent de commettre des erreurs à cause de leurs émotions.
" Les investisseurs doivent savoir qu'à cause de leur nature humaine, ils sont susceptibles de commettre certaines erreurs de jugement. Ils doivent apprendre à reconnaître ces erreurs et celles des autres et en comprendre les raisons afin de les éviter et de ti-rer profit de celles des autres ", enchaîne-t-il.
Le momentum
Les gestionnaires de portefeuilles de la firme Landry Morin ont recours à ce qu'il est convenu d'appeler la finance comportementale appliquée. Ils se basent sur le principe que les investisseurs peuvent être subjectifs dans leur processus de décision.
RichardMorin,associéet vice-présidentchezLandry Morin, constate que les investisseurs acceptent difficilement leurs pertes lorsqu'un titre qu'ils détiennent perd de la valeur. Ils ont généralement tendance à le conserver trop longtemps. À l'inverse, les investisseurs vendront trop rapidement un titre qui monte. " Tout cela est totalement irrationnel ", lance-t-il d'entrée de jeu.
Voilà pourquoi cette firme a choisi de contourner la faiblesse comportementale des investisseurs par une approche fondée sur le momentum. Celle-ci vise à éviter les préjugés favorables que les investisseurs ont envers certains titres.
" Nous avons mis au point une méthode quantitative et méca-nique pour sélectionner les titres qui ont bien performé depuis un an, puisque ceux-ci ont habituellement tendance à bien performer pendant une autre année encore, précise-t-il. Nos quatre fonds comprennent donc des titres qui ont eu les meilleurs rendements depuis un an, et nous les conservons pendant trois mois. Après quoi, nous recommençons l'exercice. "



