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Vos clients pensent-ils se servir de leurs propriétés immobilières pour financer leur retraite ? Assurez-vous qu'ils ont bel et bien le profil de l'emploi avant de les laisser se lancer tête baissée dans ce type de stratégie.

« C'est une bonne stratégie pour un client qui se retrouve, dans la vingtaine, propriétaire d'une maison de 1,2 million de dollars (M$) laissée par ses parents, suggère Brigitte Felx, planificatrice financière chez RBC. Sa maison devrait valoir au moins 2 M$ au moment de sa retraite. S'il n'a pas de famille et peu de besoin, ce sera suffisant pour financer ses vieux jours. »

L'utilisation de la maison pour financer la retraite n'est donc avantageuse que dans très peu de situations. De plus, il est rare que l'on puisse déterminer consciemment, à 25 ans, que la valeur de notre maison sera suffisante pour combler nos besoins une fois que nous serons à la retraite.

« Je n'inclurai jamais dans la planification financière d'un jeune de 25 ans la valeur que prendra sa maison une fois qu'il sera à la retraite, explique Yvon Boucher, directeur de la succursale de la BMO à Boucherville. Sa propriété prendra probablement de la valeur, c'est vrai, mais la hauteur de ce gain est difficile à évaluer. »

La tendance est toutefois plus souvent qu'autrement à la hausse. Yvon Boucher rappelle d'ailleurs que, depuis 2002 au Canada, les prix des maisons sur le marché ont grimpé de près de 89 %. Les premiers à profiter de ce phénomène sont les baby-boomers qui se trouvent en possession de maisons dont la valeur a souvent triplé depuis leur achat.

« Il n'est pas rare de voir des maisons, achetées 100 000 $ il y a vingt ans, valoir 400 000 $ aujourd'hui, soutient Yvon Boucher. Les baby-boomers vont les vendre et se reloger dans un plus petit condo dont les coûts fixes seront moindres. »

Il suggère notamment l'emploi d'une hypothèque inversée ou d'une marge de crédit hypothécaire : « Par exemple, une marge de crédit hypothécaire de 150 000 $, pour une maison de 200 000 $, pourra fournir de 300 à 400 $ par mois à quelqu'un pendant 30 ans. Lorsque toute l'équité sera consommée, le client pourra vendre sa maison et il lui restera quand même une petite somme. »

Parce qu'il faut toujours se loger, même si on est retraité. Ainsi, il faut être prudent et ne pas vendre une propriété si l'on doit ensuite déménager dans un appartement qui nous coûtera cher chaque mois.

« Le client doit avoir un objectif clair pour sa retraite, insiste Brigitte Felx. Va-t-il changer d'idée en cours de route et rendre sa planification inadéquate ? Par exemple, s'il décide un jour de loger ses parents âgés chez lui, il aura besoin de garder sa maison. »

Il faut aussi prendre en compte l'étendue des dépenses de réparation. Ces chiffres sont encore plus importants si la propriété est un immeuble à revenus avec des locataires.

« C'est une bonne idée d'acheter un immeuble à logements pour financer sa retraite, indique Yvon Boucher. Mais ça ne fonctionne pas tout seul, il faut s'occuper de l'entretien, souvent durant les fins de semaine, et gérer les loyers. »

La majorité des gens auront donc avantage à contribuer à leur REER en plus de payer leur maison. Ils seront ainsi plus à même de prévoir un coussin intéressant, sans dépendre de la conjoncture économique ou de l'état de santé du marché immobilier.

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