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Moins de 60 % des Québécois sont vigilants

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les québécois adoptent en moyenne 58,5 % des comportements que l'Autorité des marchés financiers (AMF) considère comme vigilants.

C'est ce que révèle un sondage en ligne mené au printemps par la firme CROP auprès de 1 500 personnes responsables de la gestion financière d'un ménage, et commandé par l'AMF.

Baptisée «l'Indice Autorité», l'enquête leur posait 40 questions afin de mesurer à quel point ils reconnaissent la pertinence de comportements avisés élémentaires au moment d'acheter un produit financier ou de choisir un conseiller, ainsi qu'à quel point ils adoptent ces comportements.

Des exemples de comportements jugés vigilants ? Tenir compte de l'inflation et de l'imposition des REER dans la planification de la retraite, payer le solde mensuel de sa carte de crédit ou avoir un portefeuille diversifié.

«Ça montre qu'il y a des progrès importants à faire. Ce n'est pas désastreux, mais si on était à l'école, on n'aurait pas la note de passage de 60 % en matière de connaissances et de comportements, indique Mario Albert, PDG de l'AMF. Le signal que ça nous donne, c'est qu'il faut continuer de faire des efforts pour relever ce niveau afin de le rendre plus acceptable.»

L'Indice Autorité (http://goo.gl/5J99J) se décline en 10 sous-indices. Les domaines pour lesquels les répondants obtiennent les meilleures notes sont ceux de l'assurance et de l'investissement. Les répondants sont toutefois généralement plus faibles en matière de gestion de la relation avec leur représentant, de gestion des finances personnelles et de la planification de la retraite.

Leur pire note est celle de la relation avec le conseiller, avec une moyenne de 42,3 %. L'AMF accordait une bonne note à un client qui consulte au moins deux représentants avant de faire affaire avec l'un d'eux et qui vérifie auprès d'un organisme de règlementation s'il est autorisé à exercer.

Même chose lorsque le client vérifie, pour un représentant qui ne peut offrir tous les types de placements, si les produits absents de son offre pourraient mieux lui convenir. L'AMF juge aussi qu'un client est vigilant lorsqu'il demande à son conseiller de quelle façon il est rémunéré, quels produits financiers il est autorisé à vendre et quels frais il facture.

«Encore trop de gens [52 %] ne vérifient pas si la personne qui est en face d'eux est un représentant certifié», estime Mario Albert.

Fait intéressant : les Québécois en relation avec un conseiller ont un indice moyen de 61,6 %, par rapport à 49,7 % pour ceux qui ne sont pas en relation avec un conseiller, révèle l'enquête. «Cela semble indiquer que si vous faites affaire avec un représentant, vous avez probablement un ensemble de conseils et de discussions qui, en soi, amélioreront vos comportements. On entend s'en ser vir pour dire aux gens : "Faites donc affaire avec un représentant certifié. C'est un des meilleurs moyens d'atteindre vos objectifs financiers, mais aussi de vous protéger contre des fraudes financières"», soutient Mario Albert.

Trois types de clients

CROP et l'AMF ont regroupé les Québécois en trois catégories : les «avisés», qui connaissent les comportements vigilants dans ce domaine et qui s'y conforment ; les «ambivalents», qui connaissent ces comportements, mais ne les adoptent pas ; et, enfin, les «indifférents», qui savent généralement peu de choses en la matière.

Quelque 50 % des Québécois responsables de la gestion financière des ménages entrent dans la catégorie des «avisés», 30 % dans celle des «ambivalents», et 20 % dans celle des «indifférents».

Les personnes de 55 ans et plus, ceux dont le revenu familial dépasse 100 000 $, les non-francophones, les propriétaires, les travailleurs autonomes et les détenteurs d'un diplôme universitaire sont surreprésentés dans le groupe des «avisés».

Les «indifférents» sont principalement composés de deux cohortes distinctes : les jeunes de 18 à 24 ans et les personnes âgées de 75 ans et plus. De plus, les locataires, ceux qui n'ont pas de diplôme d'études supérieures et ceux dont le revenu familial est inférieur à 40 000 $ sont fortement représentés dans cette catégorie.

Enfin, les «ambivalents» sont surtout des personnes âgées de 25 à 34 ans ou de 45 à 54 ans qui travaillent à temps plein, qui sont locataires et célibataires. Celles-ci commencent à avoir un portefeuille de placements, des prêts et veulent s'acheter une maison.

Retombées éventuelles

L'«ambivalent» est vulnérable à la fraude, mais, dans le cadre d'une campagne de sensibilisation, est la cible la plus prometteuse pour espérer faire augmenter l'indice, selon Sylvain Gauthier, vice-président chez CROP.

«Une campagne de sensibilisation, c'est bien, mais à mon avis, c'est insuffisant pour les faire bouger. Pour les prochaines étapes, nous sommes plus d'avis d'adopter une publicité plus robuste et dont la force de persuasion est plus concrète, pour que nos ambivalents passent du côté des avisés», dit-il.

Il souligne que les publicités-chocs sur l'alcool au volant, axées sur les conséquences négatives de ce comportement défavorable, ont permis d'améliorer le bilan routier. Une future campagne de l'AMF devrait aussi outiller les consommateurs sur les bons comportements à adopter, ajoute Sylvain Gauthier.

Gaétan Veillette, fellow administrateur agréé et planificateur financier à Brossard, espère que le ton d'une éventuelle publicité sera positif : «Je souhaite que le conseiller soit davantage respecté». L'AMF n'a pas encore décidé si elle opterait pour une publicité démontrant les conséquences négatives d'un mauvais comportement ou les conséquences positives d'un bon comportement.

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