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Les services financiers victimes du vide médiatique estival?

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L’été dernier, les médias ont fait leurs choux gras des histoires de fraudes contribuant à alimenter la méfiance du grand public envers les professionnels de la finance. Les services financiers ont-ils été victimes du vide médiatique habituellement lié à la période estivale?

Il est bien connu que l'été est une période creuse pour les médias, en effet il s'y tient beaucoup moins d'événements dits « prévisibles » tels que des conférences de presse, la publication de résultats financiers ou des activités parlementaires, qu'elles soient fédérales ou provinciales. Or, les bulletins de nouvelles, plus particulièrement, ne sont pas plus courts et les journalistes se retrouvent bien souvent en situation de rareté d'information.

« Lorsqu'un événement d'intérêt public se produit, les médias vont nécessairement en parler davantage, explique Judith Dubois, professeure de journalisme à l'École des médias de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Cela a été le cas des histoires de fraude cet été. »

Du 24 juin au 24 août dernier, la crise financière arrivait au premier rang des nouvelles de l'été selon le poids média calculé par la firme spécialisée Influence Communication. Earl Jones se classait quant à lui au cinquième rang du palmarès, derrière le décès de Michael Jackson, la grippe A H1N1 et la météo défavorable. Earl Jones figurait également au quatrième rang des individus les plus médiatisés de l'été alors que Vincent Lacroix arrivait au 10e rang de ce même classement.

Mais le vide médiatique estival n'est pas le seul responsable de toute la place qui a été faite aux fraudeurs cet été. En effet, le contexte économique et les crimes financiers qui ont eu lieu durant les dernières années influencent l'espace que donnent les médias à des criminels cols blancs comme Earl Jones.

« Cela dit, on aurait très certainement parlé d'Earl Jones quand même si la mise au jour de la fraude s'était produite à un autre moment de l'année, souligne Judith Dubois. Peut-être en aurait-on un peu moins parlé, mais les médias n'auraient pas ignoré ce genre d'événement. »

« Cette nouvelle n'aurait pas été ignorée, alors que depuis quelques années, le public et les médias sont davantage sensibilisés aux conséquences des fraudes puisqu'il y en a eu d'importantes et que même si elles ne constituent pas des événements spectaculaires en soit, on est maintenant plus conscients de l'impact que ces crimes peuvent avoir sur la vie des gens tout en sachant que n'importe qui peut en être victime.», ajoute-t-elle.

On peut d'ailleurs détecter une tendance lourde favorable à l'économie puisqu'en 2008, la crise financière arrivait au troisième rang des sujets abordés dans les médias alors qu'elle figure au premier rang des sujets abordés cette année. En 2008, le poids de ce thème était de 11,23%, contre 18,51% en 2009 et par rapport à une moyenne de 6,01% par le passé.

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