La récession menace les pays périphériques de l'Europe
30.09.2011 - 08:24 - Guillaume Poulin-Goyer
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PLANÈTE FINANCE – L'économie des pays périphériques de l’Europe devrait demeurer au neutre et connaître possiblement des épisodes de récessions dans les prochaines années. Jumelé avec une faible reprise aux États-Unis, ce contexte nuira aussi à la croissance au Canada.
C'est ce qui ressort d'une webémission diffusée cette semaine par Fidelity Investments. Ainsi, les pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Italie devraient continuer de connaître leur lot de difficultés financières, prévoit Nick Eisinger, analystes en recherche mondiale sur les dettes souveraines chez Fidelity.
« Dans ces pays, le secteur privé est en mode de désendettement. Donc, il ne dépense pas. Le secteur public qui est forcé, non seulement par les marchés financiers, mais aussi par le Fonds monétaire international et l'Union européenne, à effectuer des coupes budgétaires significatives. Et vous n'avez pas de flexibilité sur le taux de change, qui est lié à la force de l'euro », observe-t-il. Selon Nick Eisinger, la grande question est de savoir si ces pays lourdement endettés seront en mesure conserver ce climat d'austérité pendant plusieurs années.
Entre-temps, les pays prêteurs de la zone euro ne pourront, au terme des prochaines rondes de refinancement des dettes des pays périphériques, soutenir seuls les pays endettés. D'après Nick Eisinger, le fonds européen de stabilité financière de 440 milliards d'euros est actuellement insuffisant pour soutenir ces financements à venir, qu'il évalue entre 1500 et 2000 milliards d'euros.
« Le seul joueur qui peut faire une différence significative dans cette crise est la Banque centrale européenne. Elle peut accroître son bilan de façon illimitée. La BCE peut imprimer de l'argent. Dans les faits, elle l'a déjà fait, mais pas dans les proportions que le marché le souhaiterait », estime-t-il.
Impact au Canada
La faible reprise économique aux États-Unis et les difficultés économiques de la zone euro devraient nuire au Canada. « La faiblesse de ces deux blocs économiques majeurs devrait avoir un impact sur les échanges avec ces régions du monde. De plus, comme la Chine exporte aussi dans ces pays, cela peut avoir indirectement un impact pour le Canada qui est un fournisseur de ce pays », selon Brian Miron, gestionnaire de portefeuille chez Fidelity.
Sur le plan des obligations, une aggravation des difficultés économiques pourrait encore pousser à la baisse les rendements puisque le Canada est perçu comme une valeur refuge. À court terme, l'inflation ne semble pas préoccupante, le climat économique en Europe et aux États-Unis étant à la morosité.
« Il y a deux facteurs qui poussent à la hausse l'inflation. Le premier est l'augmentation de la masse monétaire, ce qui s'est vu depuis plusieurs années un peu partout dans le monde et plus particulièrement aux États-Unis. Le second facteur est l'utilisation de cette monnaie pour créer du crédit, ce qui n'est pas arrivé », dit Brian Miron.
Quant aux titres de 10 ou de 30 ans, Brian Miron estime que les obligations à rendement réel canadiennes et américaines, qui paient un rendement fixe auquel on additionne l'inflation, sont intéressantes pour se protéger contre l'inflation.
« L'un des risques potentiels de ces actifs est le fait que leur rendement réel pourrait être bas. Aux États-Unis, le rendement réel est négatif. Vous devez donc payer pour avoir ces titres. Au Canada, le rendement est toujours positif, mais en dessous d'un pour cent », fait-il valoir.
Photo: Bloomberg News
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