Drapeau canadien flottant au vent devant la Tour de la Paix du Parlement canadien. Symbole fort du pays et de sa gouvernance.
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Le déficit du gouvernement fédéral pour l’année 2025-2026 sera finalement de 66,9 milliards de dollars (G$), révèle la mise à jour économique du printemps dévoilée mardi.

Les finances publiques ont enregistré une amélioration de 17,7 G$ par rapport aux projections de 78,3 G$ indiquées dans le budget de l’automne dernier.

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, attribue cela à la « discipline » et la « prudence » du gouvernement alors qu’un « nuage d’incertitude » plane sur l’économie mondiale.

« Le message qu’on envoie, c’est qu’on est des bons gestionnaires », a-t-il tranché lors d’un point de presse.

L’amélioration des finances publiques vient des dépenses qui sont en baisse de 13 G$ de plus que prévu et d’une hausse des revenus de 4 G$. À noter : plusieurs projets qui n’ont pas été mis en branle provoqueront une augmentation des dépenses lors des prochaines années.

D’ailleurs, le ratio du déficit par rapport au PIB diminue, passant de 2,1 % en 2025-2026 à 1,4 % cinq ans plus tard.

Or, le gouvernement fédéral a continué de dépenser dans l’intervalle et annonce de nouvelles mesures, le tout pour un total de 6,2 G$.

Surprise : les 25 G$ dédiés à la création d’un nouveau fonds souverain du Canada — et que le ministre identifie mardi comme l’une des mesures « phares » de sa mise à jour économique — ne figurent pas dans les nouvelles dépenses.

Cela est attribuable, explique-t-on, aux méthodes comptables employées dans l’ensemble du document budgétaire.

Impossible donc de connaître la ventilation de ce qu’il en coûtera au gouvernement pour chacune des trois prochaines années. Et le ministre a refusé de la préciser en point de presse.

Ottawa n’annonce pas non plus de mesures fiscales pour inciter les particuliers à participer au fonds souverain annoncé la veille.

Dans l’ensemble, le document est plutôt mince. Loin d’un mini-budget, il met surtout l’accent sur l’état des finances publiques.

Former des travailleurs de métiers

Avec sa mise à jour, le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, met non seulement l’accent sur l’objectif de bâtir « un Canada fort », mais ajoute également sur la page couverture du document que ce pays fort doit l’être « pour tous ».

Ainsi, le gouvernement fédéral annonce entre autres qu’il lancera une initiative visant à recruter, former et embaucher de 80 000 à 100 000 nouveaux travailleurs de métiers d’ici 2030-2031. L’objectif est de répondre aux besoins dans les secteurs du logement, des infrastructures et de la défense.

« Les jeunes qui veulent se former dans ces domaines-là, on leur déroule le tapis rouge, a expliqué à La Presse Canadienne la professeure de science politique à l’Université d’Ottawa Geneviève Tellier. On va prendre en charge beaucoup de frais du début à la fin. De quand vous rentrez étudier, jusqu’à vos stages et votre premier emploi. »

Ottawa offrira notamment à ces apprentis une aide de 400 $ par semaine pendant que les apprentis suivent une formation technique obligatoire en classe pour un total de 16 000 $ chacun. Ces sommes s’ajouteront aux prestations d’assurance-emploi.

Le ministre Champagne s’est défendu de s’ingérer dans les champs de compétences des provinces. Il assure que cela se réalisera en « partenariat » avec elles.

L’ensemble des mesures d’aide aux jeunes et aux travailleurs coûteront 7 G$ sur cinq ans.

Cela comprend l’annonce en mars de la bonification des bourses et des prêts d’études cette année pour 730 000 étudiants de niveau postsecondaire au coût de 1,2 G$.

La suspension de la taxe d’accise fédérale sur l’essence de dix cents par litre coûtera 2,4 G$ au gouvernement fédéral.

Le rabais à l’achat de véhicules électriques, lui aussi annoncé précédemment, coûtera 2,3 G$ sur cinq ans.

Parmi les petites mesures qui touchent les particuliers, Ottawa continuera de permettre de retarder jusqu’à cinq ans le délai de grâce pour rembourser les retraits du régime d’accession à la propriété.

Le taux de cotisation de base au Régime de pensions du Canada passera de 9,9 % à 9,5 % à partir du 1er janvier 2027, ce qui représentera des économies d’environ 133 $ pour les employés gagnant au moins 70 000 $.

Le gouvernement de Mark Carney étant désormais majoritaire, la mise à jour économique devrait être adoptée comme une lettre à la poste dans les prochaines semaines, les libéraux n’ayant pas à trouver un partenaire de danse dans les banquettes de l’opposition, comme ça a été le cas par le passé.