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Les bons résultats financiers des banques pourraient masquer des lendemains bien moins souriants.

À travers le monde, les banques ont présenté des résultats réjouissants pour l’année 2025. Mais des doutes apparaissent sur la capacité des banques à porter une vision à long terme, prévient la revue annuelle bancaire mondiale de McKinsey.

Au niveau mondial, les banques ont vu leurs encours croître de 6,5 %, passant de 380 000 milliards de dollars américains (G$ US) à 406 000 G$ US en 2025. Leur bénéfice net global a atteint 1 300 G$ US, en hausse de 7 %.

La rentabilité reste solide, même si le rendement des fonds propres a connu une baisse, passant de 12,4 % à 11,8 % en 2025. Les actionnaires ont continué d’être généreusement récompensés : les banques ont reversé 853 G$ US supplémentaires en dividendes et rachats d’actions, prolongeant ainsi la tendance initiée en 2022.

Si l’ensemble de ces chiffres ne semble pas témoigner d’une dégradation, le rapport de McKinsey s’inquiète d’indicateurs bien moins favorables pour les banques. Le ratio entre le cours de l’action et la valeur comptable, de même que le ratio entre le cours de l’action et le bénéfice, restent à la traîne par rapport aux autres secteurs d’activité depuis de nombreuses années.

Les investisseurs semblent convaincus que ces résultats doivent beaucoup aux conditions macroéconomiques exceptionnelles des dernières années, notamment la remontée des taux d’intérêt, plutôt qu’à une création de valeur structurelle, poursuit McKinsey.

Quatre défis majeurs

La firme de conseil identifie plusieurs défis auxquels les banques sont confrontées, et qui détermineront leur avenir à moyen terme. Ces défis ont pour point commun de redéfinir la relation entre les banques et leurs clients.

La montée en puissance des fintechs devient une réelle menace pour les banques, puisqu’elles ont capté 17 % des revenus en 2025, soit une progression de 70 % en quatre ans. Or, désormais, les fintechs ne se contentent plus de niches : elles investissent les segments les plus rentables, comme les paiements, la gestion de patrimoine, les marchés de capitaux et le crédit à la consommation.

Les néobanques parviennent à allier la croissance et la rentabilité. Elles redéfinissent les attentes des clients et font pression sur les marges et sur les parts de marché des banques traditionnelles.

L’intelligence artificielle (IA) agentique simplifie la planification fiscale des particuliers et ouvre une porte d’entrée vers la gestion de patrimoine. Les agents autonomes menacent de capter des pans entiers de la relation client en matière de crédit, d’épargne et de conseil.

Les actifs numériques facilitent les paiements transfrontaliers en les rendant rapides et peu coûteux, contournant les circuits bancaires traditionnels. Ils représentent une menace concrète pour le modèle économique des banques dans les activités de paiement.

Enfin, McKinsey prévient que les banques ne peuvent pas se payer le luxe d’avancer lentement comme elles l’ont fait lors de la révolution Internet. Cette fois, la concurrence avance rapidement et menace la plupart des marchés.

Le cabinet recommande aux banques de conjuguer la rigueur et la vitesse pour répondre à ces défis. Elles devraient maintenir la rigueur opérationnelle sur leurs activités traditionnelles, tout en innovant rapidement sur les segments les plus menacés par la concurrence, notamment en passant par des méthodes de type bac à sable.