Finance et Investissement : Il y a beaucoup de volatilité présentement. Certains craignent que les ventes importantes de parts de fonds négociés en bourse (FNB) influencent le marché et accentuent la tendance. Ces craintes sont-elles justifiées?

Benjamin Creary : Pour ce qui est de la volatilité dans les marchés, on entend souvent des idées fausses comme celle qui dit que les FNB contribuent à cette volatilité. Si on regarde au Canada par exemple, on a maintenant 34 promoteurs de FNB. Ce chiffre croit rapidement, par contre, si on regarde en termes d’actifs totaux, les FNB au Canada représentent environ 161 milliards de dollars (G$) alors que pour les fonds mutuels on dépasse le 1,2 trillion. Les FNB représentent seulement 10 % d’actifs.

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Nous ne croyons donc pas qu’il est justifié de dire que les FNB contribuent à la volatilité. Même si on prend du recul et qu’on regarde au niveau mondial, seuls 13 % des actifs environ sont dans des FNB en date du 31 décembre 2017. Selon nous, un tel pourcentage ne peut pas contribuer à la volatilité. De plus, si on regarde la volatilité et la création de FNB sur le long terme, on ne voit pas de corrélation.

FI : Il y a une tendance à la baisse dans les frais de FNB. Sachant que les investisseurs sont très sensibles aux frais, est-ce qu’on a touché le plancher pour les frais ou est-ce qu’on verra les frais chuter encore plus?

Benjamin Creary : Depuis plusieurs années, on voit certainement une tendance à la baisse dans les frais de gestion surtout du côté des FNB. Aux États-Unis, cette tendance s’applique aussi aux fonds mutuels. En fait, si on regarde aux États-Unis et les entrées dans les solutions gérées – comme les FNB ou les fonds mutuels – 100 % des actifs sont rentrés depuis 2003 dans le premier quartile en termes de frais plus bas : c’est-à-dire des solutions 40 points de base et moins.

La baisse des frais de gestion c’est certainement une tendance qui prend de plus en plus d’ampleur et ce qu’on voit aussi c’est que quand Vanguard entre dans un marché et offre une solution dans une certaine classe d’actifs, généralement on voit une baisse dans les frais dans ces classes d’actifs. Aux États-Unis, ils appellent cela « l’effet Vanguard ». Il y a une raison pour cela. Vanguard a une structure quand même unique dans le marché : on n’est pas une compagnie publique ni privée, on est une compagnie structurée comme une mutuelle alors si on est un détenteur de fonds mutuels ou de fonds négociés en bourse aux États-Unis, en fait on est actionnaire de Vanguard à travers le fonds mutuel. Ce qui veut dire qu’on opère at cost, donc quand nos actifs montent, nos frais baissent. Cela signifie aussi qu’on est détenu par Vanguard aux États-Unis donc on profite vraiment de l’échelle mondiale de la compagnie.

Pour ce qui est de l’industrie en général, on a certainement vu une baisse de fonds à travers les FNB depuis 2011, depuis que Vanguard est ici. Nous ne savons pas si cette tendance va se prononcer du côté des fonds mutuel, mais elle va certainement continuer.