Les investisseurs ne sont pas prêts à laisser les algorithmes prendre les commandes de leurs finances. Les clients sont prêts à accepter certaines utilisations de l’intelligence artificielle (IA) par leur conseiller en placement (CP), à condition que celui-ci fasse preuve de transparence, selon l’étude de Janus Henderson Investors.
Le document, dont les conclusions sont relayées par Financial Planning, montre que si les clients utilisent de plus en plus l’IA dans leur vie quotidienne, ils restent cependant méfiants quand il s’agit de conseils financiers.
Près de 79 % des répondants à cette étude menée récemment auprès de 1 000 investisseurs américains à valeur nette élevée affirment qu’ils seraient contrariés d’apprendre que leur conseiller utilise l’IA sans le leur avoir mentionné. Pourtant, seulement 33 % disent avoir déjà discuté de l’utilisation de l’IA avec lui.
Cet écart indique que plusieurs CP utilisent déjà des outils d’IA sans nécessairement l’expliquer à leurs clients, explique Financial Planning. Or, selon l’étude, la confiance passe par une communication transparente sur les usages de la technologie.
Pour lancer la conversation, des conseillers demandent aux clients quels outils d’IA ils utilisent déjà eux-mêmes dans leur vie personnelle ou professionnelle. Cette discussion permet ensuite d’expliquer à quelles fins l’IA est utilisée concrètement par le conseiller, que ce soit pour automatiser la prise de notes, préparer des comptes rendus, effectuer de la recherche ou organiser des données.
Quelque 87 % des répondants disent se sentir « bien » ou « neutres » face à des utilisations qui consistent à générer des contenus éducatifs et automatiser certaines tâches répétitives. Ils sont cependant plus réticents à accepter que l’IA intervienne directement dans la communication personnalisée ou les recommandations d’investissement.
Ainsi, 40 % des répondants seraient contrariés si leur conseiller utilisait l’IA pour répondre automatiquement aux textos ou courriels, tandis que 33 % réagiraient négativement à des recommandations d’investissement générées par IA.
Parmi les préoccupations liées à l’IA, les répondants évoquent :
- des biais potentiels dans les recommandations (75 %),
- des préoccupations liées à la sécurité et à la confidentialité des données (74 %),
- une préférence pour des méthodes plus traditionnelles (73 %)
- et un manque de confiance envers les recommandations automatisées (72 %).
La majorité des sondés (85 %) estiment que le conseiller reste ultimement responsable des contenus ou conseils générés par l’IA.
L’étude montre également que les millénariaux se montrent plus ouverts à l’utilisation de l’IA en finance que les baby-boomers. Les clients plus jeunes s’attendent davantage à voir leur conseiller utiliser certains outils technologiques pour accélérer les suivis, tandis que les plus âgés sont plus préoccupés par les risques liés à la confidentialité ou aux biais de l’IA.
Dans l’ensemble, 48 % des investisseurs se disent confiants quant aux rendements à long terme des sociétés qui investissent dans l’IA, tandis que 52 % demeurent sceptiques sur le réel potentiel.