Un homme d'affaire devant plusieurs tas de pièce. Ses doigts montent sur les tas qui sont de plus en plus haut.
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L’année 2019 risque d’être très mouvementée pour les investisseurs en raison de la fin prochaine du cycle économique, affirment quatre stratèges interviewés par Finance et Investissement.

Dans ce contexte, quelles sont les tendances à surveiller, et quelles sont surtout les meilleures stratégies pour les investisseurs ?

Les spécialistes ont déterminé une tendance macro-économique (pouvant influer sur l’économie) et une tendance micro-économique (pouvant influer sur les entreprises) ainsi que leur meilleure stratégie offensive et défensive pour chacune de ces tendances.

Richard Beaulieu

Vice-président et économiste principal

Addenda Capital

Tendance macro-économique à surveiller : l’évolution de l’inflation

«L’évolution de l’inflation est le thème le plus important», dit-il. Les pressions inflationnistes et, en particulier, l’inflation salariale détermineront le moment de la fin du cycle et de la prochaine récession.

Cela dit, comme les pressions inflationnistes sont faibles, l’amplitude et la fréquence des hausses des taux resteront modérées. Par contre, si l’inflation devient plus menaçante, la politique monétaire deviendra restrictive et les probabilités de récession augmenteront.

Stratégie offensive : miser sur les obligations à rendements réels

Les spécialistes prévoient une hausse graduelle et modérée des taux d’intérêt.

Si les pressions inflationnistes s’intensifient, les taux grimperont davantage et plus rapidement. Les obligations à rendement réel en profiteraient, tout comme l’or et les titres aurifères.

«Des pressions plus fortes sur les taux d’intérêt verraient aussi la volatilité des actions augmenter», dit-il. L’indice VIX de la volatilité du S&P 500 et les titres qui y sont reliés permettraient de profiter de cette tendance.

Stratégie défensive : limiter l’exposition aux actions et aux obligations à échéances longues

Il faut éviter d’être surexposé aux actions et aux obligations qui ont des échéances longues ainsi qu’aux obligations de sociétés qui ont des rendements élevés.

«Les fonds de revenu de court terme, comme les fonds de marché monétaire et les fonds obligataires axés sur les titres comportant de plus courtes échéances, offrent un refuge dans un tel contexte», dit-il.

Tendance micro-économique à surveiller : le risque de crédit

Il y a une certaine incompréhension concernant les risques de crédit, selon Richard Beaulieu. «La longue période de faibles taux d’intérêt a poussé les investisseurs en quête de rendement à substituer les titres de crédit de sociétés aux obligations gouvernementales.»

Stratégie offensive : miser sur les titres plus ésotériques

Il faut miser sur des titres «plus ésotériques», comme les swaps sur défaillance de crédit, qui sont des options dont la valeur fluctue avec les probabilités de faillite d’un émetteur. Par contre, ces produits ne s’adressent «qu’aux investisseurs institutionnels les plus sophistiqués», selon lui.

Stratégie défensive : diversifier davantage et limiter l’exposition aux actions

Il faut limiter l’exposition aux titres de sociétés. «La pondération des catégories les plus risquées, comme celle des obligations à haut rendement, devrait être réduite, voire même éliminée», dit-il.

Les investisseurs qui désirent maintenir une exposition aux titres offrant des rendements bonifiés, tout en étant moins risqués, peuvent aussi miser sur des obligations provinciales.