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CI et Scotia : la crise crée des opportunités

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« Sun Life avait besoin de liquidités et est prête à les dépenser maintenant »

L’achat d’une participation de 37% dans CI Financial par la Banque Scotia à la Financière Sun Life représente un important mouvement sur le marché canadien des fonds communs, la transaction est toutefois passée inaperçue à travers la cohue de la crise financière.

« Je n’ai pas eu connaissance que cette transaction ait eu beaucoup d’effet sur les marchés, soutient Dan Hallett, président de Dan Hallett & Associates. Normalement, les actions des sociétés de fonds commun auraient monté après l’annonce d’hier, mais elles sont en fait descendues. »

« C’est la preuve que ce qui influence le plus les marchés présentement, c’est la crise économique », ajoute-t-il.

En effet, l’offre dans cette transaction amenait le prix des actions de CI à 22$ alors qu’elles s’échangeaient à 17$ sur les marchés. Dans une situation de marché régulière, cette évaluation aurait poussé les marchés vers le haut.

Une transaction qui promet

Lorsqu’on l’examine de plus près, on se rend compte que cette transaction ouvre plusieurs fenêtres sur l’avenir du marché. Il semble que même au beau milieu d’une crise financière, les occasions d’acquisition sont bien présentes.

« Le marché n’est pas gelé, la preuve, la Scotia a pu mener cette transaction grâce à la crise, indique Dan Hallett. Par exemple, l’an dernier les difficultés connues par la branche bancaire de Dundee, victime de problèmes liés aux PCAA, ont servi d’opportunité à la Scotia pour obtenir ce qu’elle souhaitait : une participation dans Dundee. »

Dan Hallett explique l’ouverture d’une possibilité d’accord, qui était impossible il y a quelques mois selon les analystes, par la modification des besoins d’un des principaux acteurs de cette affaire : la Financière Sun Life. En effet, sans un besoin pressant de capitaux, causé par la crise, la Sun Life n’aurait peut-être pas vendu sa participation.

« Sun Life veut du capital, la Scotia est plus que contente de lui fournir, explique Dan Hallett. J’estime que les compagnies fortes, comme les banques canadiennes, qui sont capables de s’asseoir, d’attendre et d’identifier les opportunités d’achats en utilisant la crise pour conclure les transactions qu’elles souhaitaient. »

Avec plus de 2 milliards de dollars (G$) à sa disposition, la Sun Life peut maintenant se tourner vers le marché à son tour et décider de ce qui lui semble le plus tentant afin de profiter des bas prix actuels. En haut de la liste d’épicerie de la Sun Life, on pourrait bien retrouver l’assureur AIG.

« La Sun Life pourrait être intéressée à acheter des actifs en détresse provenant d’AIG maintenant qu’elle a le capital nécessaire en main.s »

Quant au futur de CI Financial, il demeure incertain.

« Sun Life détenait 37% de CI sans ne jamais s’immiscer dans la gestion de CI, mais il y a une grande possibilité que la Scotia essaie de vendre son unité de fonds communs à CI et tente d’accroître sa participation dans la société. » 

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