Gros plan de tissus représentant les drapeaux du Canada, des États-Unis et du Mexique, illustrant les liens économiques, politiques et commerciaux en Amérique du Nord.
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Le ministre du Commerce entre le Canada et les États-Unis, Dominic LeBlanc, a eu une rencontre constructive avec son homologue américain à Washington, au lendemain de l’envoi d’une lettre aux États-Unis et au Mexique dans laquelle il recommandait aux trois pays de renouveler l’accord commercial continental.

Dominic LeBlanc a indiqué avoir présenté des propositions concrètes au représentant américain au commerce, Jamieson Greer, et avoir abordé des questions de longue date soulevées par les Américains au sujet du Canada.

« Nous avons discuté de la manière dont nous pouvons collaborer sur un certain nombre de questions visant à renforcer la compétitivité de l’économie nord-américaine », a expliqué Dominic LeBlanc à l’ambassade du Canada mardi, à l’issue de sa rencontre avec Jamieson Greer.

Cette lettre, adressée par Dominic LeBlanc au représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et au ministre mexicain de l’Économie, Marcelo Ebrard, s’inscrit dans le cadre de l’examen obligatoire de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu au Canada sous le nom d’ACEUM.

La lettre de Dominic LeBlanc plaide en faveur d’un renouvellement de l’accord commercial pour une durée de 16 ans.

« Les agriculteurs, les entreprises, les travailleurs et les consommateurs canadiens, américains et mexicains comptent sur l’achèvement rapide de ces discussions afin d’assurer la prévisibilité et la stabilité indispensables au maintien de conditions qui garantissent non seulement leur avenir économique, mais leur permettent également de prospérer », peut-on lire dans la lettre.

La lettre ajoute que le Canada « est disposé à examiner toute proposition susceptible de contribuer à la prospérité à long terme des trois pays ».

Dominic LeBlanc a admis avoir reçu des lettres similaires de la part de responsables commerciaux américains et mexicains, mais a refusé d’en divulguer le contenu. Lors d’une conférence de presse à Mexico mardi, Marcelo Ebrard a également appelé à la reconduction de l’accord pour 16 ans.

Plusieurs options possibles

L’accord commercial continental a contribué à protéger le Canada et le Mexique des pires effets des droits de douane imposés par le président américain Donald Trump. Le droit de douane global américain actuel de 10 % ne s’applique pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.

L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain. Mais Donald Trump a critiqué cet accord commercial, le qualifiant d’inutile et affirmant qu’il avait peut-être fait son temps.

L’examen de l’ACEUM offre trois options à chaque pays. Ils peuvent renouveler l’accord pour 16 années supplémentaires, s’en retirer ou signaler à la fois le non-renouvellement et le non-retrait — ce qui déclencherait un examen annuel susceptible de prolonger les négociations jusqu’à une décennie.

La lettre adressée par les États-Unis au Canada et au Mexique n’a pas été rendue publique, mais les commentaires publics de Jamieson Greer laissent entendre qu’il est peu probable qu’il approuve sans discussion un renouvellement. Jamieson Greer a également déclaré qu’il serait ouvert à deux accords bilatéraux distincts, mais a souligné que certains aspects de l’ACEUM fonctionnent très bien.

Dominic LeBlanc, qui était accompagné de la négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, a répété à plusieurs reprises que le dépassement de la date limite de juillet ne mettait pas fin à l’accord, en évoquant l’examen annuel en cours.

Les experts et les groupes industriels ont alerté que si cette situation persistait trop longtemps, cela pourrait entraîner davantage d’incertitude en matière d’investissement et d’activité commerciale.

Dominic LeBlanc s’est dit optimiste à l’issue de sa rencontre avec Jamieson Greer et a indiqué que la partie canadienne se concentrait sur le travail.

« Ce voyage n’a pas été sans turbulences. Nous avons tous déjà connu des situations de turbulences — on ne détache pas sa ceinture de sécurité pour courir dans l’allée et donner des coups de pied dans la porte du cockpit. On reste concentré sur le travail à accomplir, et on traverse les turbulences en restant très concentré sur le résultat », a-t-il soutenu.

Le ministre n’a pas divulgué les détails de ce qui a été discuté à huis clos, mais a indiqué qu’il avait évoqué les droits de douane imposés par M. Trump, qui ont durement frappé des secteurs canadiens spécifiques, tels que l’acier, l’aluminium, l’automobile, le bois d’œuvre et l’ébénisterie.

Des différends distincts entre les pays

Les négociations commerciales entre Washington et Ottawa ont été gelées en octobre dernier après que Donald Trump s’est indigné d’une publicité financée par l’Ontario citant l’ancien président américain Ronald Reagan critiquant les droits de douane.

Les relations se sont réchauffées en mars et Dominic LeBlanc a mentionné que des discussions étaient en cours avec les États-Unis depuis des mois.

Alors que les négociations commerciales officielles sur l’ACEUM entre Ottawa et Washington n’ont pas encore commencé, les États-Unis et le Mexique ont entamé les leurs.

Le premier ministre Mark Carney a déclaré aux journalistes à Ottawa que les États-Unis avaient des différends distincts avec le Canada et le Mexique.

« Il y a une série de questions, des questions techniques, qu’ils ont avec le Mexique, qu’ils ont avec nous, c’est pourquoi les discussions sont menées séparément », a-t-il affirmé.

Il a précisé que les États-Unis avaient dressé une liste d’une trentaine de points à régler avec le Canada, d’« ordre technique variable ».

Ottawa et Mexico veulent tous deux un accord nord-américain trilatéral. Des pourparlers séparés ont également eu lieu entre les deux pays.

Janice Charette a fait savoir qu’ils avaient discuté avec Jamieson Greer et son équipe commerciale américaine du succès que l’ACEUM a représenté pour les trois pays.

Elle a ajouté qu’ils avaient insisté sur « la stabilité, la certitude et la prévisibilité qu’offre cet accord, ainsi que sur l’importance d’essayer d’y parvenir le plus rapidement possible ».