Jeune garçon de Nerd d'économiser de l'argent dans sa Tirelire en forme de cochon.
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CST, le gestionnaire de programmes de Régime enregistré d’épargne-études (REEE), inaugurera cet été au Québec un nouveau compte d’épargne-étude liant REEE et Compte d’épargne libre d’impôt (CELI) pour augmenter et optimiser l’épargne des familles dans des programmes d’épargne-étude. « Nous en ferons le test au Québec au début d’août, et nous l’étendrons ensuite au reste du Canada », annonce Peter Willis, président et chef de la direction de CST.

CST est la première société à avoir mis de l’avant des REEE au Canada, son actif sous gestion s’élevant maintenant à 5,7 milliards de dollars (G$). Le nouveau type de compte REEE/CELI, auquel elle n’a pas donné un nom générique encore, permettra de verser dans un CELI ou dans un compte d’investissement non enregistré toute contribution additionnelle qu’un souscripteur voudra faire dans un REEE.

L’avantage majeur d’un REEE tient évidemment aux avantages fiscaux que les deux paliers de gouvernement apportent. Au fédéral, cet avantage atteint un maximum annuel de 500 $, ce qui correspond à 20 % d’une contribution de 2 500 $ ; au provincial, l’avantage se chiffre à 250 $. Quand les contributions rejoignent leur maximum au moment où le bénéficiaire atteint l’âge de 18 ans, le souscripteur aura injecté un maximum admissible de 50 000 $ dans le REEE, le fédéral : 7 200 $, et le provincial : 3 600 $.

Un compte pour gros souscripteurs

Or, un certain nombre de familles veulent accroître ces contributions. C’est à ce moment que peut intervenir un CELI, que CST gérera en tandem avec un REEE. Toute contribution dépassant les seuils indiqués plus haut pourra être versée dans le CELI plutôt que dans le REEE.

Ce tandem sera particulièrement avantageux pour les souscripteurs qui accélèrent beaucoup leur contribution, par exemple ceux qui injectent dès l’ouverture la pleine somme de 50 000 $, le maximum admissible pour toute la durée d’un régime jusqu’à 18 ans.

Une telle approche est bénéfique en termes mathématiques, reconnaît Peter Willis : dès le départ, 50 000 $ commencent à produire des gains avant les études du bénéficiaire. « Par contre, poursuit-il, en faisant cela vous laissez filer des contributions gouvernementales gratuites. Une meilleure approche, si vous avez encore de l’espace CELI disponible, serait de mettre une partie seulement des 50 000 $ dans le REEE et l’autre dans votre CELI. De cette façon, vous préserverez les subsides gouvernementaux. Il faut, bien sûr, que vous ayez la discipline de ne pas utiliser le CELI pour rien d’autre. »

Conseils de gestion

Les conditions d’utilisation d’un REEE semblent très flexibles, au point où un bénéficiaire pourrait penser qu’il peut retirer de l’argent de son REEE et se faire construire une piscine plutôt que de payer pour des études postsecondaires. Les conditions sont plus restreintes, considère Peter Willis.

Tout d’abord, un REEE impose une limite de sortie d’argent initiale de 8 000 $ dans les 13 premières semaines. « Après cela, il n’y a pas de limite fixe, concède Peter Willis, par contre toute ponction devrait être raisonnable et alignée avec les coûts des études. Si l’étudiant a besoin d’une automobile pour se rendre à l’institution d’enseignement, cette dépense peut se qualifier. Mais ça ne va pas jusqu’à se payer une piscine. »

Mais même cela n’est pas strictement hors d’atteinte. Les souscripteurs pourraient retirer une portion du capital qu’ils ont injecté et, par exemple, payer une piscine au bénéficiaire du REEE. Il faut savoir, toutefois, « que les gouvernements vont réclamer leur part de subsides sur la portion que vous retirez, précise Peter Willis. Et ils ne rétablissent pas cet espace de subsides. Ainsi, si vous retirez 10 000 $, 3 000 $ retourneront aux gouvernements. C’est pourquoi je conseille aux gens de seulement investir dans un REEE des sommes dont ils sont certains qu’ils n’auront pas besoin. »

Peter Willis glisse un conseil de gestion au passage. Il est bon d’amenuiser le risque des placements plus on approche le moment de décaissement d’un régime, en déplaçant les investissements dans les actions vers des obligations. « Pour notre part, soumet-il, nous recourrons à un fonds à échéancier fixe. Au départ, il dispose de 90 % d’actions et de 10 % d’obligations et réduit progressivement la part d’actions à 20 %. »

Bonifier les régimes

Devant les coûts en éducation qui augmentent et, tout particulièrement, la grande incertitude que l’intelligence artificielle fait peser sur les emplois, Peter Willis juge que les besoins de formation seront plus nécessaires que jamais. C’est pourquoi il considère que le plafond du REEE et celui du BEC (Bon d’étude canadien) devraient être augmentés. « Nous croyons que les limites de contribution devraient être accrues, ou tout au moins indexées », dit-il.

Le BEC est un supplément au REEE qui donne initialement 500 $ aux familles à revenu faible, ajoutant ensuite 100 $ par année jusqu’à un total de 2 000 $. Devant un faible taux d’adoption de seulement 43 % des enfants éligibles, le gouvernement fédéral a procédé à un enrôlement automatique des familles si, quatre ans après la naissance d’un enfant, ils n’y ont pas adhéré. Peter Willis juge qu’il vaudrait mieux augmenter les subsides pour créer plus d’intérêt de la part des familles à faible revenu. « Nous aimerions qu’il soit doublé », avance-t-il.