« Augmenter les cotisations obligatoires au RPC aura des effets pervers. En forçant les Canadiens à épargner plus pour leur retraite à travers le RPC, le gouvernement les encourage involontairement à réduire l’épargne retraite qu’ils mettaient ailleurs », explique Charles Lammam, analyste principal de politiques publiques et d’études fiscales à l’Institut Fraser.

Le chercheur arrive à cette conclusion après avoir examiné, dans le cadre de son rapport intitulé RRSP and Expanded Canada Pension Plan, des données fournies par l’Agence du revenu du Canada (ARC) au sujet des contributions REER des Canadiens entre 1993 et 2008. Il voulait voir si l’augmentation des contributions au RPC avait eu un effet sur la quantité d’épargne mise dans les REER.

« Les gens choisissent combien ils épargnent et dépensent en suivant leur revenu et le style de vie qu’ils souhaitent avoir. Si leur revenu ou leurs préférences ne changent pas alors que le gouvernement augmente les cotisations au RPC, la théorie économique prédit que les gens vont simplement diminuer leur épargne hors RPC », souligne Charles Lammam.

Dans son rapport, Charles Lammam s’est attardé aux contributions faites par deux groupes d’âge: les gens âgés de moins de 45 ans et ceux qui étaient âgés de 45 à 65 ans. Les épargnants étaient aussi séparés en deux groupes selon leur revenu, soit entre 10 000 $ et 50 000 $ et entre 50 000 $ et 100 000 $.

Selon le rapport, le pourcentage de contribuables qui épargnaient dans des REER dans chaque groupe d’âge a diminué au fur et à mesure que les contributions au RPC augmentaient. Rappelons qu’entre 1993 et 2003, la contribution obligatoire au RPC a presque doublé, passant de 5 % à 9,9 %.

De plus, les Canadiens âgés entre 45 et 65 ans et gagnant entre 10 000 $ et 50 000 $ formaient le groupe le plus sensible aux augmentations de cotisations au RPC. En 1993, 40,2 % des contribuables de ce groupe cotisaient à leur REER. En 2003, cette portion était passée à 33%.

La portion de son revenu que cette tranche de répondants accordait à son REER est quant à elle passée de 4,4 % en 1993 à 3,5 % en 2003. En parallèle, les cotisations au RPC représentaient 1,5 % du revenu des contribuables en 1993, contre 3 % en 2003.