Cet écart s’expliquerait notamment par des différences socioéconomiques, l’éducation en mathématique et en finance dans le cursus scolaire et la prépondérance des régimes de retraite à prestation déterminée (PD) au Québec, selon l’étude intitulée Littératie financière et préparation à la retraite au Québec et dans le reste du Canada.

Les auteurs de l’étude, Thomas Lalime et Pierre-Carl Michaud, ont ainsi établi un modèle en se basant notamment sur l’Enquête canadienne sur les capacités financières. Même en contrôlant certaines différences socio-économiques entre le Québec et le reste du Canada, ils constatent qu’une plus faible proportion de travailleurs québécois affirmant préparer leur retraite.

De plus, « les Québécois semblent être moins susceptibles de participer sur les marchés boursiers et obligataires et semblent épargner moins si on regarde leur richesse nette », lit-on dans l’étude.

Ces différences découlent de facteurs socioéconomiques entre les Québécois et les résidants du reste du Canada, selon les auteurs. D’abord, les Québécois ont un revenu médian moins élevé. Leur besoin d’épargner pour la retraite serait donc moins grand, une plus grande proportion de leur revenu de retraite étant assurée par les régimes de retraite publics, comme la Pension de sécurité de la vieillesse et le Régime des rentes du Québec.

Les auteurs observent également que la proportion de régimes PD est plus élevée au Québec qu’ailleurs au Canada. Or, ces régimes inciteraient moins les Québécois à épargner ou à acquérir des connaissances financières.

« Si le revenu garanti par un régime de retraite est tel que le besoin d’épargne est faible, on peut convenir qu’il y a peu d’incitations pour les ménages à acquérir des notions financières qui leur permettraient d’obtenir un meilleur rendement ou une meilleure protection contre certains risques », lit-on dans l’étude.

En outre, le Québec compte une plus grande proportion de personnes sans diplôme d’études secondaires. Or, plus une personne est scolarisée, plus son niveau d’éducation financière est élevé, ce qui expliquerait en partie l’écart défavorable du Québec par rapport au reste du Canada.

Les auteurs de l’étude ont toutefois été incapables de démontrer un lien direct entre la différence de comportements des Québécois et les variables de l’éducation en finance et la plus grande prépondérance de régimes PD.