« Une analyse du marché durant les six dernières semaines démontrerait qu’à la fin d’avril, la Fed et Pimco voyaient bien que les marchés obligataires risquaient de chavirer, écrit-il. Les rendements étaient trop bas et les prix étaient trop hauts. »
Dans sa note aux clients, Bill Gross souligne que, durant cette période, le risque ne venait pas seulement des marges de crédit qui devenaient étroites et de la dette des marchés émergents, mais également du cœur du marché du crédit, soit les obligations américaines.
« Sans la promesse d’une présence et d’un support de Ben Bernanke ou d’un programme continu de support quantitatif, les investisseurs ont soudainement trouvé que les radeaux de sauvetage de leur navire étaient dysfonctionnels », indique le gestionnaire.
Admettant qu’il va trop loin dans sa métaphore et que l’économie américaine n’est pas en train de sombrer, Bill Gross souligne toutefois que plusieurs marchés, dont le marché américain, sont actuellement trop risqués.
Aux États-Unis, un trop grand espoir subsisterait quant à une prolongation du programme d’assouplissement quantitatif et à la croissance que ce dernier pourrait amener. « Le bateau est trop lourd et a trop peu de lest », illustre Bill Gross.
Selon lui, les investisseurs doivent réaliser qu’ils ne pourront pas répéter les rendements annuels qu’ils ont connus avec les obligations et les actions: « Attendez-vous à des rendements de 3 à 5 % pour les deux types d’actifs, mais ne paniquez pas, le vaisseau va se rendre à bon port. »
Photo Bloomberg