Trois gants de boxe aux couleurs des drapeaux américain, canadien et mexicain s’entrechoquent, représentant les tensions, négociations et rivalités commerciales entre ces pays.
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La sécurité nationale et les inégalités croissantes sont deux des plus grands risques actuels, ont indiqué le 6 janvier dernier les dirigeants des banques canadiennes lors d’une conférence.

« Je résumerais la situation mondiale actuelle comme une guerre économique », a souligné Laurent Ferreira, président et chef de la direction de la Banque Nationale, lors de la Conférence des chefs de la direction des banques canadiennes 2026 de RBC Marchés des capitaux à Toronto.

« La géopolitique est à nos portes. La sécurité nationale est, à mon avis, l’une des priorités les plus importantes de notre pays. »

Il a ajouté que l’incertitude entraîne une hésitation à investir et une fragilisation du marché du travail et du moral des consommateurs. Bien qu’il soit encouragé par la direction prise par Ottawa, il a estimé que tout doit aller plus vite.

« Si nous voulons faire partie du nouvel ordre mondial, nous devons accélérer le mouvement. »

Parmi les quatre chefs de la direction qui se sont exprimés dans la matinée, Laurent Ferreira a été celui qui a le plus évoqué les mesures extraordinaires prises par les États-Unis pour capturer le président du Venezuela samedi matin. Il a déclaré que « les événements de ce week-end » devraient influencer la prise de décision alors que le Canada se concentre sur la construction de la nation, la réindustrialisation et la défense.

Le nouveau ton adopté par le gouvernement canadien et l’accent mis sur la réalisation des projets sont les bienvenus, a affirmé Dave McKay, président et chef de la direction de la Banque Royale.

« Compte tenu de la situation géopolitique mondiale dans laquelle nous vivons, la motivation, en particulier pour le Canada, à mener à bien ces projets est vraiment très forte. »

Il a toutefois averti que l’augmentation des inégalités est une cause sous-jacente majeure de certains des changements politiques en cours, les 20 % des personnes les plus riches se démarquant de plus en plus de la majorité.

« Cette différenciation et cette disparité croissantes déterminent véritablement le programme politique dans les deux pays », a affirmé Dave McKay.

« Cette disparité est beaucoup plus importante aux États-Unis, où elle est beaucoup plus grave et constitue un enjeu politique majeur qui ne cessera de prendre de l’ampleur. »

Ralentissement immobilier et hausse des dépenses

Pour l’instant, les consommateurs sont en mesure de rembourser leurs dettes et continuent de dépenser, mais cela s’explique en partie par le fait que les Canadiens ont réduit leurs achats immobiliers, a-t-il expliqué.

L’argent que les Canadiens consacreraient autrement au remboursement de leurs dettes immobilières est plutôt dépensé en biens et services, a précisé Dave McKay.

Il a ajouté que la faible activité dans le domaine de la prévente et de la construction de copropriétés pèse sur l’économie, mais que l’augmentation des dépenses dans d’autres secteurs a contribué à créer des emplois et à stabiliser l’emploi dans le pays.

Cette tendance, associée à une stabilisation des droits de douane, a permis à l’économie de se porter mieux que beaucoup ne l’avaient prévu.

« Les économies sont beaucoup plus résilientes aujourd’hui que je ne l’aurais imaginé il y a trois mois », a affirmé Darryl White, chef de la direction de BMO.

Il a ajouté que, même si de nombreux clients s’adaptent bien à l’environnement commercial, la banque leur conseille de ne pas compter sur une résolution rapide, car l’examen officiel de l’accord Canada–États-Unis–Mexique approche pour le milieu de l’année.

« Je pense qu’il est erroné de croire que nous allons soudainement nous réveiller avec un nouvel accord en juin ou en juillet. »

Le rôle de l’IA

Outre les tendances macroéconomiques, les banques canadiennes s’intéressent également de près au potentiel de réduction des coûts de l’intelligence artificielle (IA) afin d’améliorer leur rendement sur capitaux propres.

Harry Culham, président et chef de la direction de la Banque CIBC depuis le 1er novembre, a rapporté que la banque avait investi près de 20 % de ses dépenses dans la technologie, notamment dans des systèmes d’IA qui devraient permettre d’augmenter les revenus et le rendement des capitaux propres à l’avenir.

« Nous pouvons travailler plus efficacement. Les nouvelles technologies vont donc nous aider, et la manière dont nous les adoptons va nous aider », a déclaré Harry Culham.

« Plutôt que d’embaucher, disons trois, quatre ou cinq pour cent supplémentaires (équivalent temps plein) par an, nous n’aurons peut-être plus besoin de le faire. »

Raymond Chun, président et chef de la direction du Groupe Banque TD, a affirmé que la banque s’orientait vers l’IA et modernisait et automatisait ses systèmes de manière générale.

Il a cité l’exemple de la gestion des prêts hypothécaires, où les coûts liés à l’adjudication, au financement et à la quittance ont déjà diminué de plus de 20 %.

« Au cours des deux prochains trimestres, vous verrez l’IA agentive s’intégrer dans chacun de ces domaines », a déclaré Raymond Chun.

« En ce qui concerne la composante de quittance, à mesure que vous intégrez l’IA agentive et que vous automatisez l’ensemble du processus sans intervention humaine, nous passons des 19 $ actuels à une réduction supplémentaire de 50 %. »

Il a ajouté que la banque encourageait également ses clients à effectuer leurs opérations bancaires courantes, telles que les dépôts de chèques, sur des appareils mobiles plutôt qu’en succursales, et à transférer vers son application une partie des plus de deux millions d’appels qu’elle reçoit chaque mois.

Mais il a précisé que la banque menait également une campagne de recrutement afin d’augmenter ses effectifs de conseillers en gestion de patrimoine, de banquiers d’affaires et de spécialistes en prêts hypothécaires et en investissements dans tous ses services.

Dave McKay, de la Banque Royale, qui a été classée parmi les trois premières banques mondiales en matière d’IA, a souligné qu’il y avait encore de nombreuses possibilités d’utiliser l’IA à l’avenir.

« Je suis vraiment enthousiaste, et l’IA n’est qu’une nouvelle vague d’occasions pour créer de la valeur pour les actionnaires et les clients, en fin de compte. »