Un homme d'affaire tenant devant son visage un papier avec un smiley qui sourit. Dans son autre main, il a une feuille noire avec un smiley pas content.
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Après avoir fléchi constamment de 2015 à 2018, l’Indice FI moyen du Top 10 des cabinets multidisciplinaires de Finance et Investissement, qui correspond à la note moyenne par courtier, effectue finalement une légère remontée en 2019, passant de 7,8 à 8,1 points sur 10.

Malgré la hausse de la satisfaction générale, les conseillers continuent d’accorder les plus faibles notes aux critères portant sur la technologie et la rémunération. Ainsi, la moyenne québécoise de l’ensemble des critères en matière de technologie s’établit à 7,4 points sur 10. Ce résultat est nettement inférieur à celui de 8,5 points qui est obtenu pour les questions portant sur l’environnement de travail.

Toutefois, la moyenne combinée des critères technologiques des différentes firmes sondées est en hausse (0,3 point) par rapport à l’année dernière.

Cette augmentation est principalement attribuable à la hausse de la satisfaction des conseillers à l’égard du soutien de l’entreprise en matière d’utilisation des médias sociaux. Dans ce domaine, les notes moyennes sont passées de 5,7 à 6,8 points entre 2018 et 2019. C’est aussi ce critère qui récolte la plus forte hausse moyenne (il est passé de 6,3 à 7,0 points) quant à l’importance que les conseillers accordent aux différents critères technologiques.

À la lumière des commentaires des répondants, il apparaît toutefois que les médias sociaux sont encore peu utilisés, voire méconnus, ou que les politiques d’utilisation fixées par l’employeur sont trop rigides.

Un conseiller écrit : «Il faut procéder à leur façon ou l’on se fait taper sur les doigts. Il faut passer obligatoirement par la conformité.» Quelques-uns ont cependant indiqué qu’ils privilégiaient ce moyen de communication avec leurs clients. Un répondant écrit : «Ma clientèle, plus jeune, fonctionne beaucoup par Messenger (Facebook) et par vidéoconférences.»

De façon générale, l’importance qu’accordent les conseillers aux aspects technologiques, tous critères confondus, a connu une hausse notable, la moyenne étant passée de 7,9 à 8,4 points entre 2018 et 2019.

Bon nombre de répondants ont souligné que des changements technologiques étaient en train d’être mis en oeuvre ou étaient projetés au sein de leur firme. Si d’aucuns déplorent le manque de ressources disponibles, d’autres saluent celles mises à leur disposition, notamment en matière de technologie mobile. «On a du bon soutien en général, mais j’ai encore des problèmes avec mes appareils mobiles», souligne un conseiller.

Les meneurs

Les cabinets MICA Cabinets de services financiers (9,1 points), Mérici Services Financiers (9,1 points), Groupe Cloutier (8,2 points) et IG Gestion de patrimoine (8,2 points) ont obtenu les taux de satisfaction les plus élevés sur l’ensemble du sondage, dépassant tous trois la moyenne générale de 8,1 points.

Ces cabinets se démarquent tout particulièrement dans les critères portant sur l’environnement de travail. Les répondants de ces trois firmes se sont montrés des plus satisfaits, notamment en matière d’éthique, de culture d’entreprise, d’efficacité des communications internes et de réceptivité par rapport aux commentaires et aux opinions.

«C’est géré en bon père de famille», écrit notamment un employé de Groupe Cloutier à propos de la question de l’éthique.

La rémunération : le parent pauvre

Après les critères technologiques, ce sont ceux liés à la rémunération qui affichent les notes les plus basses du sondage, malgré une légère hausse des moyennes générales par rapport aux résultats de 2018. En effet, l’évaluation de la rémunération globale (8,5 points) et celle des primes et avantages de rémunération (7,4 points) sont en hausse de 0,3 point.

Le critère touchant les primes et autres avantages de rémunération du sondage est celui que les conseillers jugent comme le moins important de la liste, avec 6,3 points en 2018 et 6,7 points en 2019.

Plusieurs des commentaires recueillis à ce chapitre semblent indiquer que ces avantages sont inexistants ou méconnus de plusieurs conseillers. «Il n’y a pas grand-chose. C’est déficient», écrit l’un d’eux. Certains disent toutefois en profiter : «On offre des voyages en fonction de la performance», écrit l’un. «Il y a des primes sur le volume», précise un autre. Mais d’après l’échantillon sondé, il semble y avoir peu d’intérêt pour la question.

Dans la catégorie qui touche les services de soutien de la firme, les répondants ont accordé une importance élevée (9,2) à l’aspect clarté et qualité des relevés de compte.

L’implantation progressive des nouvelles règles de reddition de comptes aux clients peut expliquer en partie ces résultats. Un conseiller écrit notamment : «C’est beaucoup de paperasse, d’informations à donner et de barèmes. Les gens ont de la difficulté à s’y retrouver.» Un autre renchérit : «C’est incompréhensible. Il y a trop d’informations. L’essentiel, pertinent, n’est pas clairement indiqué.»

D’autres jugent toutefois que les changements apportés représentent une bonne amélioration par rapport à ce qui se faisait avant.

Par ailleurs, un nouveau critère a été ajouté cette année : «Soutien dans l’analyse des besoins en assurances de personnes et à l’exécution de stratégies d’assurances». Les répondants lui ont accordé une importance de 8,7 points. Le résultat moyen obtenu par les différents cabinets dans cette catégorie est de 7,9 points. «On a plus ou moins de soutien. On est pas mal laissés à nous-mêmes pour l’analyse des besoins», écrit un répondant à ce sujet. «Ce n’est pas vraiment mis de l’avant. Il faut pousser pour avoir du soutien», affirme un autre.

Les conseillers sondés considèrent encore les éléments touchant l’environnement de travail comme les plus importants, avec une moyenne de 9,0 points pour l’ensemble des éléments compris dans cette catégorie. C’est une hausse de 0,1 point par rapport à 2018.

L’éthique de la firme (9,6 points) et la qualité de la relation avec la personne à laquelle le conseiller se rapporte (9,1 points) sont les critères les plus importants aux yeux des répondants. De façon globale, les résultats moyens par cabinet en matière d’environnement de travail, tous critères confondus, sont en hausse de 0,3 point par rapport à 2018, pour s’établir à 8,6 points.

Être mieux écouté

Si les notes sont en hausse, plusieurs sondés disent néanmoins souhaiter que leur point de vue soit davantage pris en compte par leur organisation. «On donne nos commentaires, mais ce sont de grosses firmes et on n’a pas vraiment une oreille attentive à ces suggestions. Ça prend une éternité pour voir des changements, s’il y en a», écrit un conseiller. D’autres laissent entendre qu’ils ont leur mot à dire ou que cela viendra : «On a un comité de courtiers qui se rencontrent pour faire valoir notre point de vue. C’est moins personnalisé, mais c’est assez intéressant», observe un répondant. «J’aimerais qu’on tienne compte de mes opinions, mais ce n’est pas le cas. Tout le monde est dans une période de transition. Ce sera mieux l’an prochain», conclut un autre.

Comment nous avons procédé

Le Top 10 des cabinets multidisciplinaires québécois 2019 a été réalisé à partir d’entrevues téléphoniques effectuées par nos sondeuses Diane Lalonde et Amal Khoury, et d’envois courriels. Frédéric Roy, spécialiste, recherche et développement des affaires, a colligé et analysé les données.

Le questionnaire comportait une quarantaine de questions. Celles-ci portaient notamment sur les 21 éléments évalués qui nous permettent d’attribuer une note aux cabinets avec lesquels les conseillers font affaire. De 17 à 31 conseillers associés par firme ont répondu au questionnaire, ce qui représente 251 entrevues téléphoniques au total. Dans 16,9 % des cas, les répondants sont des femmes ; 41,6 % des répondants sont établis dans les régions de Montréal, de Laval ou de la Montérégie, 19,1 % dans la région de la Capitale-Nationale, et 39,3 %, dans d’autres régions du Québec.

Les répondants ont été sélectionnés de manière aléatoire dans les listes de conseillers provenant des firmes ainsi que dans notre base de données. Pour être admissibles, les conseillers devaient posséder un permis de représentant, travailler dans l’industrie depuis au moins trois ans et entretenir une relation d’affaires avec leur firme depuis au moins un an. Les personnes sondées devaient évaluer seulement les éléments pertinents dans la relation d’affaires qu’ils ont avec la firme évaluée. Les cadres et les dirigeants de firmes ainsi que les directeurs de succursale ne sont pas admissibles au pointage. Nous effectuons des vérifications systématiques à la compilation des résultats.

Nos sondeurs ont communiqué avec les conseillers du 26 mars au 16 mai 2019. Au cours des entretiens, ils ont insisté auprès des répondants sur le caractère anonyme et confidentiel de leurs réponses afin de garantir un maximum de transparence. Nous rappelons à nos lecteurs que ce pointage n’a aucune prétention scientifique. Son objectif est de déterminer le degré de satisfaction des conseillers à l’égard de leur firme et de donner aux dirigeants des pistes qui leur permettront de cibler leurs efforts d’amélioration.