Un homme d’affaires serre la main d’une collègue.
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Le printemps est arrivé, et avec lui, la saison des 5 à 7, des BBQ, tournois de golf et des événements de réseautage. Chaque rencontre est une occasion de bâtir votre pratique d’affaires. Dans toutes ces interactions, un détail fait toute la différence (et souvent négligé) : se souvenir du nom des gens.

Dale Carnegie l’écrivait déjà en 1936 : « Le nom d’une personne est, pour elle, le son le plus doux et le plus important dans n’importe quelle langue. » Près de 90 ans plus tard, les neurosciences confirment ce qu’il avait pressenti. Entendre son propre nom active des zones précises du cerveau liées à l’identité, à l’attention et à la mémoire affective. Autrement dit, quand vous prononcez le nom de quelqu’un, vous ne faites pas que dire un mot, vous lui dites « je te vois, tu es important. »

Pourquoi on oublie

Avant de blâmer votre mémoire, comprenons ceci : notre cerveau ne lutte pas contre nous, il économise son énergie. Lorsqu’on rencontre quelqu’un pour la première fois, le cerveau reçoit une avalanche d’informations : visage, voix, contexte, vêtements, contact visuel, contexte social. Le nom, lui, est un son abstrait, sans image, sans émotion attachée. Pour le cerveau, c’est la donnée la plus facile à laisser tomber.

La bonne nouvelle ? La mémoire des noms n’est pas un talent inné. C’est une habileté qui se travaille, comme la prospection, comme la planification financière. Et la technique la plus efficace est ce qu’on appelle le chainlinking.

Le « chainlinking » : créer une chaîne d’ancrages

Le chainlinking, est une méthode d’associations qui repose sur un principe simple : le cerveau retient ce qui a du sens, est visuel et a du lien. Un nom isolé s’oublie, un nom relié à une image, à une émotion ou à une autre information s’ancre.

Le principe est simple : au moment où vous entendez un nom, vous créez instantanément une « chaîne » d’associations entre ce nom et un élément concret, un visage, un mot qui rime, une image mentale, une personne déjà connue. Plus la chaîne est riche et inattendue, plus le souvenir est solide.

Exemple concret. Vous rencontrez Martin Boulanger lors d’un BBQ. Plutôt que d’enregistrer « Martin Boulanger » comme deux mots séparés, vous visualisez Martin sortant d’une boulangerie avec une baguette sous le bras. L’image est absurde — c’est précisément pour cela qu’elle colle ! Votre cerveau ne retient plus un nom, il retient une scène, le film mental qu’il a créé.

5 astuces concrètes pour votre prochain événement

  1. Répétez le nom dans les 10 premières secondes

« Enchantée, Martin »

Une répétition que j’entends fréquemment est : « Je veux être sûre de bien retenir votre nom, c’est bien Sara? Avec un H ou sans H à la fin? »

Cette simple répétition, dite à voix haute, fait deux choses : elle vous force à confirmer que vous avez bien entendu (et permet à la personne de vous corriger sans malaise), et elle ancre le son dans votre mémoire auditive. Si vous ne dites pas le nom dans les premières secondes, les chances de l’oublier montent en flèche.

  1. Appliquez le chainlinking immédiatement

Pendant que la personne se présente, créez votre image mentale. Cherchez un mot qui rime, un objet associé, un personnage connu portant le même prénom. L’association doit être personnelle à vous, et boni si elle vous fait sourire intérieurement.

  1. Reliez le nom à une autre personne proche de vous

« Martin, comme mon beau-frère ! » Cette ancre relationnelle est puissante : votre cerveau classe naturellement les noms par catégorie affective. En plaçant Martin dans la même « case » qu’un Martin que vous connaissez déjà, vous lui réservez une place mémorielle importante.

  1. Utilisez le nom en cours de conversation (sans exagérer !)

Glissez le prénom une ou deux fois pendant l’échange : « Et qu’est-ce qui vous a amené ici ce soir, Martin ? » Pas plus, trop répéter le nom devient mécanique et étrange. L’objectif n’est pas de performer comme un robot, c’est d’ancrer le nom dans votre cerveau.

  1. Notez le nom dans les 30 minutes qui suivent

Dès que la conversation est terminée, au plus tard dans la voiture en rentrant, notez le nom dans votre téléphone, avec un détail : où vous l’avez rencontrée, ce que vous avez appris, ce qui pourrait justifier un suivi. C’est ce qui transforme une rencontre en relation et c’est ce qui fera la différence quand vous la recroiserez la prochaine fois.

Le nom comme acte de leadership relationnel

Se souvenir des noms n’est pas qu’un « truc de mémoire ». C’est une habileté relationnelle, au même titre que poser d’excellentes questions ou vulgariser un concept financier complexe.

À votre prochain BBQ ou 5 à 7, faites l’expérience. Choisissez trois personnes et appliquez la stratégie de chainlinking et observez ce qui se passe la prochaine fois que vous les croiserez durant la soirée ou un autre jour.

C’est dans ces petits gestes que se construit, lentement, une pratique d’affaires bâtissent les relations d’affaires les plus durables.

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