Poignée de main de gens d’affaires.
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Les escroqueries sont de plus en plus étroitement liées aux pressions économiques et à l’actualité, des tarifs jusqu’à l’inflation et les Canadiens en ressentent les effets, selon un sondage mené par Interac.

La grande majorité des répondants (79 %) estiment que grâce à l’intelligence artificielle (IA) les fraudeurs créent plus rapidement que jamais des escroqueries de plus en plus convaincantes. Ils s’appuient ainsi sur l’actualité et rendent très difficile de distinguer le vrai du faux.

Les fraudeurs capitalisent ainsi sur les moments d’incertitude et d’urgence qui minent la vie des Canadiens. Par exemple, au cours des six derniers mois, 58 % des sondés rapportent avoir été victimes d’une escroquerie liée aux tarifs, y compris :

  • des messages concernant des colis retenus ou retardés,
  • des frais de douane ou d’importation,
  • ou des appels d’imposteurs se faisant passer pour les douanes.

Parallèlement, près du quart des Canadiens (24 %) signalent une hausse des tentatives de fraudes faisant référence à l’augmentation des pressions sur le coût de la vie, notamment des avis de factures impayées, des menaces de coupure de services publics et des offres d’aide gouvernementale.

« Notre dernier sondage Interac reflète ce que nous constatons sur le terrain : les fraudeurs agissent plus vite et suivent le cycle de l’actualité pour faire en sorte que les escroqueries par hameçonnage, l’usurpation d’identité et les escroqueries à l’investissement semblent légitimes », résume Mark Hines, chef de produit, Fraude, chez Interac.

Des indices moins fiables

Alors que la fraude devient de plus en plus réaliste, jusqu’à refléter la vie réelle, elle devient plus difficile à contrer. Deux tiers des Canadiens soulignent que les signes qu’ils guettaient jusqu’à maintenant, comme les fautes d’orthographe ou une mauvaise mise en forme, ne sont plus des indicateurs fiables.

Les conséquences sont bien réelles : plus de la moitié des répondants (53 %) affirment avoir déjà remis en question des messages pourtant légitimes d’organisations de confiance, comme des fournisseurs de télécommunications ou des institutions financières, tant les tentatives d’escroquerie sont devenues crédibles.

« À mesure que ces escroqueries deviennent plus difficiles à repérer, bon nombre des signes avant-coureurs sur lesquels les Canadiens comptaient auparavant sont moins clairs, ce qui érode la confiance dans les interactions numériques quotidiennes », observe Mark Hines.

En réaction, nombre de Canadiens modifient leur comportement. Ils font ainsi preuve de davantage de prudence face aux offres spéciales (48 %) et évitent les détaillants inconnus (47 %). Un autre 23 % ont réduit leurs achats transfrontaliers et 33 % privilégient les sites Web canadiens aux sites internationaux.

Et malgré cela, 31 % craignent que leurs pratiques actuelles de prévention de la fraude soient insuffisantes.