D’après une étude envoyée à des clients, cette mesure permettra de réduire le fardeau des dettes des ménages et de stimuler la croissance. Elle obligera toutefois encore une fois les contribuables des pays riches de la zone euro à renflouer les banques dont les bilans seront considérablement affaiblis dans ce processus.
« Et cela n’est pas près d’être fait dans un contexte politique dans lequel les citoyens des pays les plus riches sont de plus en plus opposés à des sauvetages à grande échelle parce qu’ils craignent que leurs prêts ne soient jamais remboursés », lit-on dans l’étude réalisée par les analystes Pierre Fournier et Angelo Katsoras.
Ainsi, à l’instar des États-Unis, plusieurs pays européens ont connu une chute des prix immobiliers. Alors que nos voisins du Sud ont pu se désendetter rapidement en cessant de payer leur hypothèque, plusieurs ménages européens dans la même situation « ont beaucoup plus de mal à se soustraire à leurs obligations hypothécaires, même en cas de saisie de leurs maisons », selon les analystes de la BNC.
En raison de la règlementation en vigueur, les ménages d’Espagne, d’Irlande et des Pays-Bas ne peuvent faire défaut sur leur dette hypothécaire rapidement, ce qui les contraint à un endettement élevé durant plusieurs années. « Ils restent donc affligés de lourdes dettes qui plomberont la croissance pendant des années », d’après l’étude.
Certains pays ont beau adopter des assouplissements, ceux-ci semblent insuffisants par rapport à ce qu’il faudrait afin de permettre aux ménages européens de se désendetter. Résultat : pour la première fois en plusieurs décennies, le fardeau de la dette des ménages européens est maintenant plus lourd que celui des Américains, apprend-on dans l’étude : « La dette des ménages américains a baissé de 130 % du revenu en 2007 à 105 % à la fin de 2012, alors que, pendant la même période, la dette des ménages de la zone euro a augmenté de 100 % à près de 110 %. »