« La vertu ne se réglemente pas. Même la surveillance la plus rigoureuse ne peut garantir une bonne conduite. Il sera donc essentiel que les systèmes de valeurs soient redéfinis, ce qui, en dernière analyse, est une question de responsabilité individuelle », soutient Mark Carney.

Selon celui qui prendra la tête de la Banque d’Angleterre en juillet prochain, c’est le manque de confiance envers le système financier qui empêche le redémarrage de l’économie réelle. Sans confiance, aucun retour à la normale possible pour les grandes économies du monde comme les États-Unis et l’Union européenne.

« Les coûts, si rien n’est fait pour restaurer la confiance, sont potentiellement énormes : un système financier fragmenté pourrait à terme inverser le processus d’intégration économique mondiale qui a soutenu la croissance et la réduction généralisée de la pauvreté ces vingt dernières années », indique-t-il.

Parmi les effets des réformes mises en place depuis la crise financière, Mark Carney a cité l’application des nouvelles exigences de fonds propres de Bâle III, la diminution du recours aux agences de notation et l’amélioration de l’infrastructure des marchés.

« À mesure que les banques et leurs investisseurs acquièrent une meilleure appréciation de leurs perspectives en matière de risque et derendement, les modèles d’affaires changent, et les pratiques de rémunération se transforment de manière à ce que les récompenses soient davantage harmonisées avec les profils de risque », souligne Mark Carney.

Ces améliorations ont toutefois été assombries par une série de scandales, rappelle Mark Carney, ce qui met en lumière la « nécessité pour les banques, les autorités de réglementation et les autres parties prenantes de rétablir la confiance au moyen d’un ensemble d’initiatives institutionnelles et individuelles ».