Vincent Lacroix : trop médiatisé pour être jugé de façon impartiale ?
14.09.2009 - 08:25 - Finance et Investissement et Jean-François Dumas

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L’affaire Norbourg a été largement traitée à travers les médias, mais l’a-t-elle été au point de justifier un arrêt de procédures? Si c’était le cas, Vincent Lacroix ne serait pas le seul à mériter un acquittement selon le président d’Influence Communication, Jean-François Dumas.
L'avocate de Vincent Lacroix a récemment déposé une requête alléguant que son client était incapable d'obtenir un procès juste et impartial en raison du battage médiatique. Si la cour devait lui donner raison, cela remettrait en question d'autres causes qui ont marqué l'actualité québécoise des cinq dernières années.
Influence communication a effectué une série d'analyses afin de vérifier l'argumentaire de la défense. Au cours de l'année 2005, le dossier Norbourg s'est classé au 6e rang au chapitre des nouvelles les plus médiatisées au Québec. L'histoire était devancée à l'époque par le dépôt du rapport Gomery, le témoignage de Jean Brault à la Commission Gomery, la mort du pape, les lendemains du tsunami et l'ouragan Katrina.
Sur un plan plus individuel, Lacroix était loin de régner sur la une des journaux, même en 2005, puisque Jean Brault avait récolté 66% de plus de couverture lui alors que Chuck Guité surpassait l'ex-président de Norbourg avec une avance de 42 %.
Plus récemment, au cours de l'été 2009, c'est Earl Jones qui a volé la vedette avec près de 4 fois plus de volume de couverture que le financier déchu. Entre la Saint-Jean-Baptiste et la fête du travail, Jones a continué d'occuper beaucoup de place en prenant la 4e place des personnalités les plus citées au Québec. Pour la même période, Lacroix a quant à lui terminé au 10e rang.
Influence Communication a aussi suivi l'argumentaire de la défense et s'est intéressé à toute la période s'étendant de 2005 à 2009 : « Nous avons dressé un palmarès des criminels et présumés criminels les plus médiatisés au Québec sur 5 ans, explique Jean-François Dumas. Vincent Lacroix a généré une forte couverture mais se trouve au 2e rang presque sur un pied d'égalité avec Jean Brault. »
« Pour toute la période, Lacroix devance également Chuck Guité par une mince marge de 2,54 % », ajoute-t-il.
En somme, Jean-François Dumas souligne que si Vincent Lacroix devait voir son procès annulé en raison de sa sur médiatisation, Jean Brault et de Chuck Guité auraient également dû bénéficier d'un arrêt de procédures.
« Ils auraient dû alors être acquittés sur le champ, conclut-il. Malgré une couverture très abondante Brault a plaidé coupable et il a écopé d'une peine de 30 mois de prison. Guité a quant à lui été condamné à 42 mois de pénitencier. »
Méthodologie
La présente analyse tient compte de l'ensemble du contenu médiatique québécois pour la préiode du 1er janvier 2005 au 11 septembre 2009, à l'exeception des émissions de radio musicales, des publicités, des quiz, des téléromans, des petites annonces dans les journaux et des chroniques nécrologiques. Puisqu'il s'agit d'une analyse quantitative, elle ne tient pas compte de la valeur des arguments ni du ton de la couverture.
Cette chronique a été réalisée en collaboration avec Jean-François Dumas.
Top 10 des criminels et présumés criminels les plus médiatisés au Québec
Janvier 2005-Septembre 2009
Jean Brault 12,91%
Vincent Lacroix 12,62%
Chuck Guité 10,08%
Guy Cloutier 2,82%
Jean Lafleur 2,64%
Karla Homolka 2,15%
Kimveer Gill 2,03%
Earl Jones 1,48%
Vito Rizzuto 1,01%
Maurice Mom Boucher 0,94%
Source : Influence Communication



