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Quatre sociétés bien placées pour profiter d'une poussée dans le nuage

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Jadis considérée avec suspicion pour des questions de coûts et de sécurité, l'informatique en nuage, l’infonuagique, fait partie intégrante de notre vie de tous les jours. En nombre croissant, individus et entreprises partagent, analysent, entreposent et utilisent les données d'un écosystème constitué d'un réseau de sociétés spécialisées.


Alors que les entreprises essaient de couper les coûts et d'améliorer leur capacité d'intervention et leur souplesse opérationnelle, elles dépensent de plus en plus d'argent pour l'informatique en nuage : des réseaux en ligne de serveurs hors-site utilisés pour entreposer, récupérer et traiter des données. Tout donne à penser que cette tendance va s'accélérer au cours des prochaines années.

Un rapport récent de la société de recherche IDC projette que les dépenses mondiales affectées au nuage public atteindront 122,5 milliards de dollars américains (G$US) en 2017, soit une croissance de 24,4 % par rapport à l'année précédente. IDC prévoit que les dépenses mondiales vont atteindre 203,4 G$US d'ici 2020. Un autre rapport de la firme de recherche sur les technologies de l'information Gartner prévoit que le marché des services informatiques publics en nuage va augmenter de 18 % cette année pour totaliser 246,8 G$US et atteindre 303,3 (G$US) d'ici 2020.

Compte tenu des tendances qui affectent les services d'informatique en nuage dans le monde, la croissance de certaines sociétés axées sur ce domaine est indéniable. Des produits différenciés et de qualité supérieure, une domination dans l'espace de la TI des entreprises, une augmentation de la clientèle et des avancées technologiques rapides conspirent à créer d'immenses perspectives de croissance pour les grosses sociétés de ce secteur et à faire d'elles de solides options de placement à long terme, selon le service de recherche sur les actions de Morningstar.

Amazon (AMZN), qui est le plus gros détaillant mondial avec 136 G$US de ventes nettes en 2016, génère 18 % de ses ventes des produits médiatiques, 72 % par l'électronique et d'autres marchandises générales, alors que 10 % lui sont apportés par sa division d'informatique en nuage Amazon Web Services (12,2 G$US en 2016), la publicité et les cartes de crédit multimarques. La société a récemment fait l'acquisition de la société de supermarchés Whole Foods pour assurer son expansion dans le marché de l'alimentation au détail (700 G$).

Amazon s'est construit un avantage concurrentiel pratiquement inégalé dans le secteur de la consommation et va remodeler les ventes au détail, les médias numériques et les logiciels d'entreprise pendant de nombreuses années, selon un rapport de Morningstar. « Les produits d'informatique en nuage d'Amazon ont plus de quatre fois la capacité informatique utilisée par les 14 prestataires suivants (selon les statistiques de Gartner) et procurent à la société des avantages d'échelle, faisant souvent d'elle le nom préféré pour les sociétés cherchant à réduire leurs dépenses dans le domaine de la technologie de l'information », dit le rapport.

Amazon Web Services est l'un des domaines d'activité de la société qui connaissent la croissance la plus rapide, ayant généré un bénéfice d'exploitation de 916 millions $US au deuxième trimestre sur un revenu de 4,10 G$US -- une augmentation de 42 % d'une année sur l'autre. De plus, Morningstar prévoit qu'après avoir amassé un revenu de 12,2 G$ en 2016, Amazon Web Services va augmenter ses revenus de 30 % par an pendant les cinq prochaines années. « Avec de récents investissements pour augmenter sa capacité et d'autres innovations, nous pensons que AWS va apporter une contribution de plus en plus positive à la marge bénéficiaire brute de la société », dit le stratège sectoriel de Morningstar R. J. Hottovy, qui évalue l'action à 1 200 $US.

Salesforce.com (CRM), première société mondiale exclusivement consacrée à l'informatique en nuage, offre aux entreprises un service de gestion de relations. Bien que la firme soit principalement connue pour ses services d'automatisation de la force de travail, elle a diversifié ses sources de revenu en trois nuages : les ventes, le service et les applications, dont chacune génère plus de 1 G$US de revenu annuel, et un quatrième, la commercialisation, devrait bientôt atteindre le milliard $ de revenu. Ce pionnier de l'informatique en nuage s'est imposé comme un acteur dominant sur la scène du logiciel en tant que service, à laquelle il se consacre entièrement. Soixante-quinze pour cent de ses ventes proviennent des Amériques, et 25 % du reste du monde.

Salesforce a créé un portefeuille de produits qui s'étend sur tout l'éventail de la gestion des relations avec la clientèle, dit un rapport de Morningstar, qui note par ailleurs que « les entreprises vont de plus en plus se tourner vers l'informatique en nuage pour éliminer les infrastructures coûteuses de la TI et les frais d'entretien, ce qui crée de grandes perspectives de croissance à long terme dans chacun des segments verticaux de Salesforce. »

L'analyste des actions de Morningstar Rodney Nelson fixe la juste valeur de l'action à 109 $US et affirme que « compte tenu du long historique de Salesforce et de son excellente réputation de fournisseur de logiciel en nuage par rapport à ses contemporains de plus grande taille, la société va continuer à prendre des parts de marché. »

M. Nelson projette un taux de croissance de son revenu annuel de 12 % ces 10 prochaines années, avec comme chefs de file les services et les applications en nuage, « alors que les utilisateurs de toute l'entreprise continueront à se précipiter sur la plateforme de Salesforce » pour tout un éventail d'applications.

Microsoft (MSFT) est un géant de la technologie mondiale qui fournit des logiciels, du matériel et des services. La firme génère 25 % de ses ventes de son segment de nuage intelligent, qui comprend Azure, Windows Server OS et SQL Serve. Les processus de productivité et d'affaires, ainsi que l'informatique personnelle, représentent respectivement 28 % et 46 % des ventes.

« Microsoft a tôt fait d'émerger comme une des sociétés d'informatique en nuage les plus importantes dans le monde, dit M. Nelson. Azure s'est imposée au deuxième rang des plateformes publiques de l'informatique en nuage derrière Amazon (AMZN), et elle devrait continuer à assurer la croissance de son nombre d'utilisateurs alors que Microsoft utilise des logiciels sous l'égide d'Azure comme Office 365 et Dynamics. »

Le nuage public, ajoute-t-il, représente une occasion monumentale pour Microsoft alors que de nouvelles charges de travail se dirigent de plus en plus vers le nuage. Le rapport le plus récent sur les bénéfices note que le revenu courant annualisé de son activité d'informatique en nuage dépasse 18,9 G$, ce qui devrait rapprocher la société des 20 G$US qu'elle cible pour 2018. Dans le jargon des sociétés, le « taux courant » se réfère aux informations financières sur lesquelles se fondent les prévisions de rendements futurs.

Le chef de la direction Satya Nadella, qui gérait précédemment la division du nuage, oriente Microsoft vers un rôle de « société privilégiant le nuage et les appareils portables qui se dédie aux développeurs et aux entreprises », dit M. Nelson, qui a fait passer la juste valeur de l'action de 77 $US à 83 $US.

Le service en nuage public à multiples facettes de la société, Azure, une division dont les revenus ont augmenté de 90 % au trimestre dernier, a procuré des occasions de croissance substantielles. « Nous avons désormais des perspectives de croissance plus roses pour Azure de Microsoft, car nous croyons que ce service devrait devenir un des deux fournisseurs stratégiques à long terme vers lesquels les entreprises se tournent pour satisfaire le plus gros de leurs besoins d'infrastructures de TI », dit M. Nelson.

Microsoft a récemment fait l'acquisition de la société d'informatique en nuage Cycle Computing au titre des efforts qu'elle fournit pour acquérir son entreprise du nuage.

Adobe (ADBE) met sur pied et vend des logiciels et des services pour créer du contenu et mesurer la publicité et la commercialisation numériques. La société exploite trois segments commerciaux : les médias numériques, qui comprennent tout un éventail d'applications gérées par Creative Cloud comme Photoshop et Lightroom, la commercialisation numérique avec Adobe Analytics, Media Optimizer et Campaign Manager, et l'impression et la publication.

« La première transition sans heurts vers le nuage a débloqué de nouvelles occasions alors que le contenu devient de plus en plus une catégorie d'actifs précieuse », dit un rapport de Morningstar, qui ajoute que la société se procure le plus clair de ses revenus par le biais de son segment de médias numériques.

Le nombre total d'abonnés à Creative Cloud a dépassé les 6 millions, et la société a le potentiel d'en ajouter des missions. M. Nelson précise que Creative Cloud « fournit des points de tarification plus attrayants, une plus grande visibilité des revenus et des cycles de modernisation plus courts, ce qui empêche encore plus les gestionnaires de choisir des rivaux plus sophistiqués ».

Le succès de digital média business d'adobe, dont Creative Cloud est une composante majeure, s'est manifesté par une croissance de 29 % d'une année sur l'autre (1,21 G$US de revenu) au deuxième trimestre. « Alors que la consommation d'images et de contenu vidéo s'accroît pour tous les appareils, cela va exposer davantage d'utilisateurs potentiels à Adobe et stimuler la croissance à long terme de Creative Growth », dit M. Nelson, qui a récemment augmenté la juste valeur de l'action de 130 $US à 155 $US.

Bien qu'Adobe soit un nouvel arrivant au nuage de commercialisation, la société a réussi à atteindre une position dominante et a éclipsé « le milliard de revenu annuel récurrent », dit M. Nelson, qui attribue principalement l'avantage concurrentiel durable d'Adobe, c'est-à-dire sa forte bastille économique, au monopole qu'elle exerce dans les solutions informatiques créatives, secteur considéré comme la règle d'or qui régit à la fois les professionnels créatifs et les novices.

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