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Les grandes firmes vainqueurs de la course à l'actif

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Les grandes sociétés de l'industrie des fonds communs de placement (FCP) continuent de gagner du terrain et de gruger des parts de marché à leurs concurrents. Leurs actifs ont augmenté dans des proportions significatives en 2017.

«Il y a une croissance dans les ventes de fonds communs année après année, affirme Paul Bourque, président et chef de la direction de l'Institut des fonds d'investissement du Canada (IFIC). Cette année, l'actif sous gestion a même battu des records». Il a doublé depuis 2009 pour atteindre 1,41 billion de dollars au 31 août 2017. Entre août 2016 et août 2017, l'actif sous gestion (ASG) des sociétés canadiennes de placement a augmenté en moyenne de 7,5 %.

Les plus importants manufacturiers sortent grands vainqueurs de cette course à l'actif, comme l'indiquent les résultats des 17 sociétés de FCP sélectionnées dans le tableau ci-dessous.

En effet, la plupart enregistrent une hausse de leur ASG sur un an qui se situe dans une fourchette de 7 à 20 %, la moyenne étant de 10,9 %. Gestion d'actifs CIBC se démarque du lot avec une augmentation d'actifs de 27,3 %.

Sur les trois dernières années, les résultats sont encore meilleurs, à quelques exceptions près. Si trois firmes accusent des baisses - Mackenzie, IA Clarington et Beutel Goodman - les autres enregistrent de fortes augmentations pouvant atteindre plus de 70 %, comme c'est le cas avec Fonds communs Manuvie et Placements Franklin Templeton.

C'est donc dire que les grands manufacturiers continuent d'engranger des parts de marché de plus en plus importantes.

Les perspectives de croissance sont aussi bonnes pour les prochains mois puisque, selon une étude de 2016 réalisée par Pollara pour l'IFIC sur les perceptions des FCP par les investisseurs canadiens, 86 % des Canadiens font davantage confiance aux FCP qu'aux autres produits financiers comme les comptes de placement garanti (59 %), les obligations (51 %) et les actions (64 %) pour investir leur épargne.

Des défis à relever

Toutefois, l'industrie doit faire face à plusieurs défis. D'abord, «la faiblesse des taux de rendement depuis plusieurs années rend difficile le fait de générer des gains attractifs et de trouver un bon équilibre entre les différents produits», constate Dan Hallett, vice-président et associé chez HighView Financial Group.

Ensuite, les FCP sont de plus en plus en concurrence avec les FNB. «Ça se prépare depuis trois à cinq ans, mais c'est remarquable cette année», observe Christian Charest, rédacteur chez Morningstar. Depuis le début de 2016, 180 FNB ont été lancés, selon Paul Bourque. Aujourd'hui, 515 FNB sont offerts. «La moitié des 26 firmes qui offrent ces produits ont investi ce segment de marché au cours des deux dernières années», constate-t-il. Plusieurs manufacturiers offrent maintenant des FNB et des FCP. «Les lignes entre les deux commencent à être brouillées», poursuit Paul Bourque.

«Ce n'est pas une surprise pour Dan Hallett, car les FNB constituent un segment dont la croissance est plus rapide. C'est bénéfique surtout pour l'industrie.» Autres raisons : «Non seulement les frais de gestion sont moindres mais en plus, avec les FNB -surtout ceux qui sont gérés passivement -, on sait qu'on va toujours avoir le rendement du marché, alors qu'avec les FCP, on ne peut jamais savoir. Ils arrivent rarement à battre leur indice sur une longue période», ajoute Christian Charest.

Forte croissance des FNB

D'où un possible transfert des fonds d'investissement des FCP vers les FNB. Cependant, la tendance n'est pas encore menaçante pour les FCP : les FNB ne comptent aujourd'hui que moins de 10 % (133,8 G$ en août 2017) du montant total des fonds investis, selon l'IFIC. N'empêche : «C'est un segment de l'industrie des fonds d'investissement encore petit, mais qui est en croissance», avance le président de l'association.

Deux freins peuvent expliquer que l'expansion des FNB ne soit pas encore plus fulgurante : la méconnaissance des investisseurs et les conseillers eux-mêmes. Les premiers «manquent encore d'éducation et font confiance à leur conseiller. Or, tandis que les conseillers sont rémunérés directement par les fonds communs de placement sous la forme de commissions de suivi, ils reçoivent des honoraires versés par les investisseurs dans le cas des FNB», explique Christian Charest. S'il est répandu chez les conseillers en placement, ce mode de rémunération est encore marginal chez les conseillers en épargne collective et se heurte à la résistance du milieu, qui le connaît encore peu. Toutefois, des études et des discussions sont menées actuellement au sein des autorités de réglementation de l'industrie sur l'abolition des commissions intégrées, qui pourraient apporter du nouveau au cours de l'année 2018.

En attendant, l'attention est portée sur les frais de gestion. Après l'application de la deuxième phase du Modèle de relation client-conseiller (MRCC 2), qui oblige désormais les firmes à indiquer clairement à leurs clients le montant des frais de gestion qu'ils ont payés dans l'année écoulée, la pression sur les sociétés est forte. Certaines anticipent déjà que des clients mieux informés demandent des comptes et essaient de faire baisser les prix du conseil financier.

Les frais en légère baisse

Si bien que «les frais baissent, même si le changement est encore modeste et que l'impact n'est pas encore significatif», estime Dan Hallett. Certaines sociétés sont plus proactives que d'autres. «Ce ne sont pas seulement les frais de gestion et d'administration qui chutent, mais plusieurs firmes ont aussi réduit leurs commissions de suivi. Au moins 30 firmes, qui représentent environ 90 % des actifs totaux des FCP, ont réduit leurs prix», souligne Paul Bourque.

Le changement de mentalité est en cours. Selon l'analyste du HighView Financial Group, «les options qui permettent des frais réduits sont proposées de façon plus systématique qu'avant». Toutefois, «les frais ne sont pas encore un gros facteur dans le choix des clients», croit Dan Hallett. Ça pourrait cependant le devenir «au fur et à mesure que les investisseurs seront mieux formés», pense Christian Charest.

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