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Les fonds de couverture : rendements «alternatifs»

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Les fonds de couverture, qui composent la majorité des fonds d'investissement alternatifs du palmarès présenté ici, n'ont plus le lustre dont ils ont joui jusqu'à la crise financière, mais ils demeurent encore très populaires. Les meilleurs d'entre eux présentent d'ailleurs des performances enviables.

De 1990 à 2016, selon Bloomberg, les fonds de couverture ont donné un rendement soutenu de 10 %, en affichant un écart type de 6,8 et un ratio de Sharpe de 1,04 qui correspond à un rapport risque/rendement légèrement meilleur que celui d'un bon du Trésor américain, considéré pourtant comme «sans risque» si on se base sur l'indice Hedge Fund Research (HFRI). Peu d'indices peuvent se vanter d'une telle performance. Par exemple, le ratio de Sharpe annualisé de trois ans du S&P/TSX est de 0,22. Rappelons qu'un ratio de Sharpe plus bas indique un rendement plus faible en fonction du risque encouru.

Cependant, ce long parcours se découpe en deux temps, le deuxième étant beaucoup plus décevant que le premier. Ainsi, de 1990 à 1999, les rendements annuels moyens de 18,3 % ont fortement tiré la moyenne à la hausse. Les 10 dernières années, de 2006 à 2016, ne sont que le pâle reflet des 10 premières, avec un rendement annuel moyen de 3,4 %.

Cela n'a pas empêché les actifs des fonds de couverture de croître substantiellement, doublant presque en sept ans, selon BarclayHedge : ils sont passés de 1,69 billion de dollars américains en 2010 à 3,2 billions de dollars américains à la mi-2017. La baisse des rendements s'explique par un facteur très simple : l'afflux trop grand d'investisseurs, juge l'auteur de l'article de Bloomberg.

«Le succès des fonds de couverture, peut-on lire dans l'article datant de 2016, repose ultimement sur deux ressources rares - des gestionnaires talentueux et des inefficacités de marché qu'on peut exploiter - et on ne trouve pas assez des deux pour soutenir une industrie» de 3,2 billions de dollars américains.

Il reste que les meilleurs fonds de couverture ont la faveur pour deux raisons : tout en offrant une performance équivalente ou supérieure à celle des titres boursiers, ils présentent une volatilité aussi faible et même plus faible que celle des titres obligataires. Les remarquables ratios de Sharpe de notre palmarès le confirment. Au-dessus de 2.0, un ratio de Sharpe est jugé très bon, et au-dessus de 3, il est vu comme excellent.

Un jeu d'écarts

Dans l'univers des fonds de couverture, plusieurs stratégies peuvent être mise en oeuvre pour dégager un rendement. L'éventail de possibilités est large, comme en rendent compte les propos qui suivent d'acteurs de l'industrie.

«L'afflux de capitaux dans les fonds de couverture a réduit les écarts dont on peut tirer parti», dit Marc Amirault, président-fondateur et directeur des placements de Gestion Cristallin, pour expliquer la plus faible performance de ce type de fonds.

«Les gestionnaires "normaux" comprennent mieux notre façon de fonctionner et laissent moins d'argent sur la table. Ils savent que certaines transactions nous intéressent plus particulièrement et ils nous vendent plus cher, mais on a appris à être encore plus efficace. Ça égalise le terrain», ajoute Marc Amirault, qui pilote à partir de Montréal le Fonds d'arbitrage Améthyste.

Cette firme, fondée en 1998, pratique trois stratégies d'arbitrage qui visent à exploiter les écarts entre différentes catégories d'actifs. La première de ces stratégies, la «gestion d'événement» (event driven), est pratiquée surtout dans le contexte d'une prise de contrôle d'une entreprise par une autre. En achetant d'une part le titre d'un des deux acteurs de l'acquisition, et d'autre part en vendant à découvert le titre de l'autre acteur, Gestion Cristallin cherche à tirer profit d'écarts dans le prix des titres qui prévaudront entre le moment de l'annonce de l'acquisition et le moment de son exécution finale.

Présentons un exemple avec des chiffres simplifiés. Au moment où on annonce la fusion au prix de 10 $, le titre de la cible monte, par exemple à 9,80 $. À ce moment-là, le fonds de couverture vend à découvert le titre de l'acquéreur à 10 $ et achète simultanément le titre de la cible à 9,80 $ ; le gestionnaire empoche déjà son profit anticipé de 0,20 $. Au moment où se conclut la fusion, il vend à 10 $ l'unité ses actions de l'entreprise cible, ce avec quoi il referme sa position à découvert, réalisant ainsi son profit de 0,20 $ l'action.

Les deux autres stratégies empruntent à peu près la même mécanique d'achat et de vente à découvert, mais en jouant dans un cas sur les écarts de prix entre les actions d'une entreprise et ses bons de souscription, dans l'autre cas sur les écarts de prix entre des obligations de différents paliers de gouvernement.

À travers les différentes positions qu'il adopte, Marc Amirault cherche de façon typique un rendement annuel de base de l'ordre de 5 % à 10 %. Toutefois, le recours au levier financier peut sensiblement améliorer ces rendements de base.

C'est ce qui est arrivé dans la récente prise de contrôle de Canam Manac. Le fonds Améthyste a joué sur un écart de 0,14 $ entre le prix à l'annonce de l'événement et le prix à la conclusion, ce qui a donné «un rendement annualisé d'environ 7 %, note Marc Amirault. Par contre, en ayant recours à un levier de trois, on a pu tripler notre rendement à environ 18 %, en tenant compte de frais financiers et de frais de transaction.»

Profits à la hausse et à la baisse

Chez Stratigis Capital Advisors, on mène le même jeu sur des écarts, mais en privilégiant plutôt l'achat d'options d'achat (dans le jargon : un call) sur un titre donné et la vente à découvert du même titre. En recourant aux options plutôt qu'aux titres eux-mêmes, «nous n'avons pas autant de risques,» dit Robert Celej, chef des investissements. «Seule la prime sur l'option est à risque, ajoute-t-il, et en général nous gageons à contre-courant des attentes des marchés.»

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