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Surveiller l'inflation dans les pays émergents et non chez nous

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L'inflation pourrait bien faire son apparition et saboter la reprise, mais pas dans les pays développés. En effet, c'est dans les marchés émergents que la bête noire des économistes pourrait resurgir, selon un récent rapport publié par la Banque TD.

La reprise a évolué de façon très différente dans les pays émergents et dans les nations plus économiquement favorisées. Les marchés émergents d'Asie hors Japon et d'Amérique latine, moins touchés par la crise financière et la récession, on surtout souffert de leur exposition aux autres économies plus développées avec qui ils entretiennent des échanges commerciaux et financiers.

Bien que les exportations de ces pays reviennent progressivement à des niveaux plus normaux, Craig Alexander, économiste en chef adjoint du Groupe Financier Banque TD, conseille la prudence : « De nombreuses économies en émergence n'ont plus besoin des mesures de stimulation budgétaires et monétaires exceptionnelles mises en œuvre un peu partout dans le monde. »

« Les deux années qui viennent seront marquées par la nécessité pour ces pays, notamment pour la Chine, d'alléger les mesures de stimulation budgétaire en fonction de l'expansion économique pour éviter toute poussée inflationniste ou montée excessive du prix des actifs », ajoute-t-il.

Pendant ce temps dans les pays développés...

Dans les économies avancées, où la reprise est beaucoup plus lente, le danger est tout autre. En effet, les politiques mises en œuvre pour lutter contre la crise ont créé une nouvelle série de problèmes et les énormes déficits budgétaires en Europe, aux États-Unis et au Japon représentent la principale difficulté à surmonter.

« Au départ, les banques centrales et les autorités publiques ont réagi à la crise financière comme une équipe de traumatologie dont l'objectif est de ranimer le patient et de le stabiliser », affirme Craig Alexander.

« Énergiques et coordonnées, les mesures de stimulation budgétaire et monétaire ont eu l'effet escompté, ajoute-t-il. À défaut d'empêcher la contraction de l'économie, l'intervention a permis d'éviter une récession plus profonde et a jeté les bases de la reprise »

Toutefois, l'effet des mesures de stimulation budgétaire s'estompera peu à peu, selon la Banque TD, ce qui commencera à entraver la croissance économique dans de nombreux pays dès 2011. Ce ralentissement se produira même en l'absence de toute mesure formelle de retour à une plus grande rigueur budgétaire.

« Le rééquilibrage de la politique monétaire exigera aussi beaucoup de doigté, indique Craig Alexander. Une hausse trop brutale des taux d'intérêt freinera l'élan de la reprise. Par ailleurs, une majoration trop tardive créera un risque d'inflation. Dans un cas comme dans l'autre, la volatilité des marchés s'accentuera. »

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