2012 : les actions américaines avant les canadiennes
17.01.2012 - 08:29 - Guillaume Poulin-Goyer
- OUTILS
- Envoyer à un ami
- Imprimer
- Nous écrire
-
PERSPECTIVES 2012 – Aux États-Unis, les sociétés pharmaceutiques, multinationales industrielles, les firmes du secteur chimique et, au Canada, les banques, les pharmaceutiques ainsi que les firmes de télécommunications seront les plus prometteuses cette année.
C'est ce qu'estime Norman Raschkowan, vice-président directeur et chef des investissements chez Placements Mackenzie. Il prévoit que le rendement sur les actions américaines se situera entre 8 et 11 % pendant que celui des titres canadiens oscillera entre 6 et 8 %.
En 2012, la volatilité connue en 2011 devrait se poursuivre, assure-t-il. « Les éléments clés qui l'ont créée ne sont pas encore résolus : les défis en Europe, les questions concernant la croissance en Chine et l'incertitude quant à la situation géopolitique dans le monde arabe et son impact sur le prix du pétrole », indique-t-il.
Bien que ces turbulences nuisent à l'Amérique du Nord, Norman Raschkowan se montre optimiste : « La croissance de l'économie américaine va se poursuivre avec une progression de 2 % du PIB en 2012. Les bénéfices des entreprises vont augmenter, mais de manière moins intéressante qu'en 2011, avec une hausse de probablement 5 à 8 % pour l'année. C'est assez bon, dans un environnement où l'inflation est à 3 % et les taux d'intérêt sont minimes. »
Aux États-Unis, le chef des investissements s'attend à une réduction graduelle du taux de chômage, une progression du commerce de détail ainsi qu'à une stabilisation des prix des résidences en 2012. Dans ce contexte, plusieurs secteurs sont sous-évalués, selon lui. Il décèle des aubaines parmi les titres des pharmaceutiques, des multinationales industrielles et technologiques ainsi que parmi les banques régionales. Les sociétés chimiques consommatrices de gaz naturel profiteront également de la faiblesse du prix de cette ressource.
« Les grandes banques internationales sont affectées par les événements en Europe et trouveront 2012 plus difficile, prédit Norman Raschkowan. Le principal risque reste que les problèmes dans le système bancaire en Europe ne se règlent pas et que cette crise de crédit en Europe se transforme dans crise mondiale qui toucherait aussi les banques nord-américaines. »
Canada plus onéreux
Les actions canadiennes sont généralement plus chères que celles américaines en raison de la fluctuation du prix des ressources naturelles causée par la demande asiatique, d'après Norman Raschkowan. « L'Asie et la Chine, ce sont les éléments les plus difficiles à prédire. Le gouvernement chinois a beaucoup de réserves de change pour la décélération de leur économie sans occasionner un impact sévère sur leur citoyen. Probablement, il va y avoir une réduction dans les dépenses d'investissement dans les secteurs de la construction et de l'immobilier », précise-t-il. Selon lui, le PIB chinois croîtra de 7,5 % en 2012.
S'il y a moins d'instabilité dans le monde arabe, le prix du pétrole pourrait tomber à 85 $ US le baril, anticipe-t-il. « Le prix du gaz naturel restera toujours à niveau décevant. Je ne suis pas vraiment optimiste », ajoute-t-il.
En plus des manufacturiers canadiens, qui profiteront de la croissance de l'économie américaine, les banques offrent des rendements intéressants aux clients. « Les banques vont continuer l'augmentation de leur dividende et cette tendance va continuer en 2012. Le secteur des assureurs aura toujours de la difficulté à obtenir des bénéfices croissants dans un environnement avec des taux d'intérêt si bas », note-t-il.
Revenu fixe
Norman Raschkowan favorise les obligations de sociétés par rapport aux obligations gouvernementales. « Le bilan des compagnies s'est amélioré durant les dernières années. Elles affichent une hausse de leur bénéfice et une réduction de leur endettement. Quant aux rendements des titres gouvernementaux, ils sont si bas qu'ils sont inférieurs au taux d'inflation. Les investisseurs perdent du pouvoir d'achat », fait-il valoir.
Le chef des investissements s'attend à ce que la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ne changent pas leur taux directeur en 2012. Il estime que les rendements des obligations fédérales de deux ans changent peu et que celui des titres de 10 ans augmente de 50 points de base, à 2,5 %.
Photo: Bloomberg
Lire aussi:



