Bon point d'entrée pour les marchés émergents
15.01.2012 - Yan Barcelo
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L'année 2010 a été particulièrement bonne pour les marchés émergents. Selon EPFR Global, une firme d'analyse de Boston, l'afflux net de capital y a été de 92 G$, ce qui couronne une décennie fabuleuse au cours de laquelle 1,8 billion de dollars se sont engagés dans cette voie. Après une telle ruée, la plupart des analystes s'entendaient pour dire que 2011 serait sans doute plus cahoteuse, que l'évaluation des titres était élevée, qu'il fallait user de prudence, etc.
Ce fut la débandade. L'indice des marchés émergents a reculé de 24 %, autant que celui des marchés européens, et bien plus que celui des places américaines, rapporte Jonathan Neill, chef des investissements et l'un des associés fondateurs de FPP Asset Management, établie à Londres et qui possède un bureau à Montréal. Ainsi, jusqu'au 23 novembre, les flux d'échanges avec les pays émergents ont été négatifs : les fonds d'investissement dans les actions de ces pays ont rapatrié 34,6 G$ US, rapporte EPFR Global.
C'est probablement un bon moment pour investir à nouveau dans les marchés émergents, selon les spécialistes que nous avons interrogés.
Cependant, il y a un important bémol : la situation pourrait se gâter encore davantage. Non pas parce que les pays émergents sont mal en point - au contraire -, mais parce que leurs marchés boursiers sont synchronisés avec ceux des pays développés. «Il y a certainement eu un découplage économique entre pays émergents et pays développés, mais pas un découplage financier», souligne David Kunselman, gestionnaire de portefeuille chez Excel Investment Counsel, à Toronto, la seule firme d'investissement canadienne qui se consacre uniquement aux marchés émergents.
Or, les dettes souveraines de l'Europe et des États-Unis menacent les marchés comme une épée de Damoclès. Dans les pays émergents, une question majeure suscite l'inquiétude, à savoir si le ralentissement de l'économie chinoise poussera les économies avancées vers une nouvelle récession.
«Tant que ces nuages assombriront l'horizon, les marchés émergents ne reprendront pas», juge Philip Poole, directeur mondial des stratégies d'investissement chez HSBC Global Asset Management, à Londres. Celui-ci reconnaît être songeur devant la réaction des investisseurs : «Quand les problèmes surgissent, les gens rapatrient leur argent, même si c'est chez eux que les problèmes ont lieu !»
De meilleures bases
Toutefois, les pays émergents demeurent une destination privilégiée à moyen et à long terme selon tous les spécialistes interviewés. Car «les bases fondamentales sont meilleures dans les pays émergents, même si les gens l'ont oublié et ont tout vendu, dit Jonathan Neill. Mais en fin de compte, les fondamentaux vont se réaffirmer».



